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Librairie KESKES, la fin d’une époque

mercredi 11 août 2010, écrit par : A. Nedjar, Setif Info, mis en ligne par : Boutebna N.

A mon retour, après une absence de trois mois du pays et comme à l’accoutumée, je me suis dirigé vers le centre de la ville pour l’achat de livres , de revues et de journaux qui garnissent les rayons de « ma » librairie. Triste et grande fut ma surprise de la voir fermée et transformée en un temps record pour recevoir sous peu l’enseigne d’un marchand de téléphones mobiles et…..d’une pizzeria m’a-t-on dit.

C’est la fin d’une époque. La librairie KESKES n’accompagnera plus et ne rayonnera plus jamais sur ces jeunes générations en quête de culture et de savoir ! Ce vieil établissement qui a vu tant d’écoliers, de collégiens, de lycéens et d’étudiants fouler ses portes, a définitivement clos les siennes. Ainsi l’aurait voulue une décision de justice où les propriétaires légaux se réapproprient les lieux qui abritaient ces lieux mythiques. Ces mêmes propriétaires mus certainement par l’appât du gain, lui ont destiné un tout autre usage. Dans un quartier où, entre une pizzeria et une pizzeria, fleurit encore une pizzeria, voici une autre vulgaire pizzeria qui verra le jour sous peu à la place d’une librairie-papeterie qui rendait tant de services.

En plus des multiples services fournis aux amoureux du livre, cette librairie située à un point nodal de la ville, servait de point de repère et d’orientation pour beaucoup de visiteurs. En perdant personnellement ce « repère », je ne me trouve pas uniquement désappointé ou carrément désabusé , mais je me trouve aussi totalement désorienté.

Nous rendons ici un humble hommage à l’ensemble des employés de cette librairie déclinée depuis longtemps à l’enseigne KESKES, pour leur sérieux, pour les services qu’ils nous avaient toujours rendus , pour leur patience car souvent, nous en sommes ressortis sans achats, pour le salut amical qui nous accueillait à l’entrée et pour leurs sourires que nous ne rencontrerons plus jamais.

Ainsi, il est difficile de vaquer dans une avenue où, à défaut de venir ici remplir sa tête comme il était d’usage, on ne revient plus que pour se goinfrer ou pour remplir sa panse. Et pourtant elle s’appelait KESKES ! Quelques grains suffisaient. Nous n’en goutions que pour nourrir l’esprit.
 
Librairie KESKES, c’est la fin d’une époque. C’est presque la fin d’une vie.


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