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Sétif Crimes, banditisme et escroquerie

samedi 20 octobre 2007

Signes incontestables du malaise social qui secoue la société dans son propre essence, le crime, la violence, le banditisme et l’escroquerie sous toutes ses formes, ont désormais été les ingrédients implacables d’un Ramadhan nettement différent de ceux des années écoulées. En effet, et rien que durant ce mois, plusieurs crimes, et qui plus est, des plus crapuleux ont été enregistrés. Dans la localité de Chouf Lekdad, située à 2 km du chef-lieu, un jeune homme qui offrait les apparences d’un être totalement équilibré aux yeux de ses voisins et de ceux qui le connaissent et, ou, le côtoient, a assassiné sa propre mère en lui assenant plusieurs coups de couteau à divers endroits du corps déjà affaibli par l’âge. Pendant cette même et odieuse scène de crime, l’auteur du parricide s’en était pris à son frère et à sa soeur lesquels tentaient de venir à la rescousse de la victime, en s’attaquant à eux avec la même arme du crime. Moins de deux jours après, un autre crime avait été signalé du côté de Kaâboub. La victime ainsi que l’auteur du crime n’eurent comme différend ayant conduit à l’irréparable, qu’une banale histoire d’une saute d’humeur.

La victime, dont l’âge frisait la trentaine n’avait pas respecté l’horaire de travail, chose que le patron n’a pas pu digérer. Une altercation, un mot de trop et l’irrémédiable survint. Ayant subi de très graves blessures, la victime succomba avant même son arrivée à l’hôpital. Deux jours plus tard une bagarre entre deux copains près de la cité des 1.000 logements, tourna en drame, l’un des deux succomba des suites de blessures profondes. Durant l’avant dernier week-end, vendredi, le corps d’un jeune adolescent avait été découvert inerte près des lotissements de la Sonelgaz à Bouaroua. Signalée par des mômes qui rodaient dans les parages, la victime présentait perceptiblement les stigmates d’une overdose due à une sur-inhalation de diluant.

Dans le registre des affaires liées à l’escroquerie, on a noté pour ce mois de carême, l’émergence de nouvelles pratiques d’arnaques. Des hordes de jeunes malfrats se faisant passer pour des bienfaiteurs, guettent la crédulité des personnes âgées auxquelles ils prodiguent de l’aide pour les dépouiller armes blanches à la main.

En prévention, les autorités locales avaient pourtant mobilisé les services de sécurité à l’effet de veiller sur la sécurité du citoyen, notamment dans les lieux publics, mais malgré l’effort louable, à vrai dire, fourni par les forces de l’ordre, la pratique du banditisme n’a pu être maintenue dans certaines limites. Pour le simple citoyen, la prolifération de la criminalité ne se justifie que par la profonde altération qui affecte le système des relations humaines dans notre société. Chose qui fera dire à plus d’un que le Ramadhan a, bel et bien, perdu de son sens et même de son charme d’antan. Pour les sociologues, cette déchéance traduite par la violence ne s’explique que par l’effritement de la société et la perte des repères qui balisent, en principe, l’énergie vitale des membres d’une seule société.

Z. S. Loutari, Le Quotidien Oran


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