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Cheb Lyes. Dix ans déjà …

dimanche 28 octobre 2007

Comme le temps passe vite ! Le polyglotte, qui a sillonné le pays et des contrées européennes telles que l’Italie, la Hollande et l’Espagne pour faire connaître le Staïfi, style en manque de médiatisation, (il en souffre toujours), est revenu le 24 octobre 2007 soit dix ans, jour pour jour, après sa disparition.

Sous d’autres cieux, la mémoire des hommes et des femmes qui ont laissé leur empreinte ici et là est, à la moindre occasion, honorée et en ces lieux, la gratitude est une culture ancestrale. Chez nous, c’est l’amnésie qui prend, hélas, le dessus. Décédé à la fleur de l’âge (34 ans) suite à un accident de la route alors qu’il revenait de son voyage de noces, Cheb Lyes (Baâdj Lyes), cet excellent professeur de musique, était un perfectionniste au sens propre et noble du terme. L’artiste, ayant donné un nouveau souffle à la chanson sétifienne dont il est devenu l’un des meilleurs ambassadeurs, et qui disait un jour à un confrère : « J’essaie, tout en gardant l’âme du Sétifien, de sortir de cette monotonie imposée aux mélodies. Je veux juste innover sans pour autant toucher au fond de notre chant et à son authenticité… », est parti emportant avec lui sa partition et ses nombreux projets. L’interprète du célèbre tube « Laâroussa », qui a égayé des années durant les coins et recoins des hautes plaines sétifiennes, n’a pas eu droit à une « reconnaissance », comme c’est le cas pour Noureddine Abba, Abdelhamid Benzine, Moussa Abouchi, Rabeh Belamri, Saïd Zellagui, Fayçal Yachir, Noureddine Staïfi et de nombreux autres Sétifiens ayant, en divers domaines, fait honneur au pays. L’on devrait penser à réaliser un musée de la mémoire pour que les différentes générations puissent faire connaissance avec les aïeux, leurs œuvres et, pourquoi pas, suivre le chemin de certains d’entres eux.

Kamel Beniaiche, El Watan


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