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Indifférence des autorités locales à Sétif : Cri de détresse d’un électrocuté

lundi 29 octobre 2007

Du jour au lendemain, un jeune de 18 ans, Benregreg Abdenour, plein de fougue et d’énergie, est devenu, à cause de l’irresponsabilité et de l’insouciance humaine, une véritable loque.

La vie de Benregreg Abdenour a définitivement basculé un jour du mois de septembre 2005. Une date fatidique pour le pauvre lycéen. Abdenour sera foudroyé par une haute décharge électrique. Débutera pour lui un véritable calvaire et dont l’issue ne sera pas pour demain. Les faits de ce tragique accident remontent au 27 septembre 2005, lors de l’opération de démolition des habitations jouxtant la piste de l’aéroport du 8-Mai-45 de Aïn-Arnat, un jeune lycéen de 18 ans, en l’occurrence Benregreg Abdenour, fut électrocuté en recevant une violente décharge électrique d’un câble de haute tension qui s’était détaché accidentellement du poteau électrique. Les services de la Sonelgaz avaient omis de procéder à la coupure du courant lors de la démolition. Brûlé au troisième degré au niveau des membres supérieurs, il fut vite évacué vers le CHU Mustapha-Abdenour de Sétif. Après une semaine d’hospitalisation, il sera admis au centre des grands brûlés au CHU de Constantine où il ne séjournera qu’une seule journée pour être orienté vers l’hôpital de Douéra. Le 3 janvier 2006, le malade sera admis, encore une fois, au niveau de l’unité des brûlés, service de chirurgie générale du CHU de Sétif afin d’y subir une greffe cutanée mince discontinue (plurifragmentaire) au niveau des deux membres supérieurs, dont la zone de prélèvement était le cuir chevelu. La greffe réalisée par les docteurs Peng et Yi, n’a pas pris, une seconde greffe cutanée ultérieure a été envisagée le 12 avril 2006, mais elle sera aussi sans succès. Le rapport médical du malade faisait état d’une attitude vicieuse en greffe, légère perte de substance greffée, membres grêlés, syndrome de Volkmann, et présence d’escarres sacrées sur les faces postérieures des deux jambes. L’examen neurologique, quant à lui, démontre des troubles sensitifs à type d’anesthésie s’étendant de la région sous mammelonnaire jusqu’aux plantes des pieds, paralysie flasque des deux membres inférieurs (fracture et luxation), troubles sphinctériens à type d’incontinence, babinski bilatéral négatif, abolition des réflexes ostéo-tendineux au niveau des deux membres inférieurs, et atrophie musculaire généralisée. Le jeune Benregreg sera transféré au centre de chirurgie plastique de Douéra, spécialisé en orthopédie et brûlures. Accompagné de son oncle, handicapé moteur, il vivra un véritable cauchemar. Après avoir traîné durant quatre jours dans le service des urgences, sans soins, il en sera proprement chassé, comme un pestiféré, par les responsables de cette structure. Réexpédié encore une fois vers le CHU de Sétif, le malade, qui risque l’amputation de son bras gauche, se verra signifier l’incapacité de l’hôpital à le prendre en charge dans cet état. Totalement démunie et sans aucune ressource, la famille Abdenour s’est vu contrainte de le faire sortir de l’hôpital. Rongé par la douleur et incapable de bouger, le malheureux est en train de souffrir en silence devant l’indifférence des autorités locales, et des services responsables de ce tragique accident. Même le wali de Sétif n’a pas honoré son engagement en promettant au malheureux (en lui rendant visite à l’hôpital le jour de l’accident) de faire le nécessaire pour le faire bénéficier d’une prise en charge pour soins à l’étranger. Depuis cette date, c’est le silence radio de la part des autorités locales. Et pour cause, le jeune Benregreg n’est pas un footballeur On se souvient de la mobilisation des autorités locales et des élus de la wilaya de Sétif autour d’un joueur de l’Entente de Sétif, victime d’un accident de la circulation durant le mois de Ramadan écoulé. Le wali avait exigé en personne que le joueur soit pris en charge convenablement par le staff médical et aurait suggéré de le transférer en France au cas où son état de santé le nécessitera. Mais Abdenour n’est pas un footballeur, ce n’est qu’un pauvre bougre parmi tant d’autres. Délaissé et livré à lui-même, le jeune Abdenour, dont l’avenir est brisé, lui qui fut un brillant élève, ne cesse d’implorer les autorités et les âmes charitables de lui venir en aide matériellement en toute urgence. Dernièrement, et en voyant son fils dans cet état déplorable, le père a été victime d’un accident cardiovasculaire qui lui a laissé de graves séquelles.

Imed Sellami, le Soir


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