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Affaire de moeurs à Sétif : Six ans de prison pour "El-Afghani"

mardi 1er avril 2008

Le tribunal criminel de Sétif a, dans son audience de samedi, condamné le principal accusé, à savoir le nommé H. L., âgé de 41 ans, surnommé « El-Afghani », à une peine de six ans de prison, et ce, pour les chefs d’accusation d’attentat à la pudeur, incitation de mineures à la débauche avec violence, prostitution, création de lieu de débauche, exposition et racolage. Quant à ses acolytes, G. Saïd (24 ans), G. Samir (26 ans), T. Abdelkaoui (19 ans), B. Salmi (27 ans), A. Abderazak (40 ans), B. Alaâ Eddine (22 ans) et L. Mounir (25 ans), ils ont été condamnés à deux années de prison. Le tribunal a acquitté les quatre femmes accusées dans cette affaire.

Les faits de cette scabreuse affaire remontent au 31 juillet dernier quand, agissant sur renseignements faisant état de l’utilisation d’une bijouterie à la cité Yahiaoui (ex-Tandja) comme lieu de débauche avec tournage de scènes, les éléments de la police criminelle de la Sûreté de wilaya de Sétif, après avoir obtenu un mandat de perquisition délivré par le procureur de la République près le tribunal de Sétif, ont investi les lieux et découvert plusieurs preuves compromettantes, telles que des CD et des téléphones portables comportant des scènes pornographiques de couples illégitimes filmées à l’intérieur de la bijouterie. Après exploitation et visionnage des bandes et séquences vidéos, les policiers sont parvenus à identifier et arrêter les membres de ce réseau de prostitution composé de 16 personnes, 8 hommes et 8 femmes dont 4 mineures. Selon les investigations de la police, la tête pensante de ce réseau n’est autre que le propriétaire de ladite bijouterie, identifié sous les initiales de H. Lamri, âgé de 41 ans, surnommé « El-Afghani ». Ce dernier qui fut un militant du parti dissous avait longtemps séjourné en Afghanistan avant de rentrer au pays et changer complètement de « vocation ». H. Lamri, qui avait grâce un téléphone portable filmé les ébats des couples, avait été démasqué à la suite d’une dénonciation anonyme. Les séquences filmées par le téléphone portable seront transférées sur l’ordinateur pour y être sauvegardées et des fois gravées sur des CD. Lors de son interrogatoire, H. Lamri avait prétendu qu’il se contentait de filmer pour son plaisir personnel. L’instruction entreprise à l’époque n’est pas parvenue à élucider l’usage réel de ces enregistrements. Les vidéos ont-elles été diffusées sur Internet ou exerçait-il un certain chantage sur les victimes ? Même le tribunal criminel n’est pas parvenu à répondre à ces interrogations lors de l’audience. Lors du procès, le principal accusé, ne voulant pas porter seul le chapeau, avait déclaré que ses acolytes étaient au courant des enregistrements et qu’ils les visionnaient ensemble après les ébats. Il nie le fait d’avoir exercé un quelconque chantage sur les victimes, et assure que toutes les femmes étaient consentantes. H. Lamri a aussi jeté un pavé dans la mare en affirmant que la police avait omis, lors de son enquête, de dévoiler l’identité d’autres personnes impliquées dans cette affaire, comme celle de la fille d’un commissaire de police, ou d’autres femmes de cadres que les enquêteurs ont sciemment occultées lors de l’instruction. Lors de son intervention, le ministère public a requis une peine de dix ans de prison à l’encontre du principal accusé, H. Lamri, la fermeture définitive du local et la suspension du registre du commerce. Le procureur a requis une peine de trois ans de prison à l’encontre de G. Saïd et G. Samir et deux ans pour les autres accusés. Quant aux quatre femmes impliquées dans ce réseau, le procureur a laissé l’appréciation au tribunal.

Imed Sellami
Le Soir d’Algérie


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