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Kif… kif

mercredi 2 avril 2008

Les réalisateurs de la trémie de Bouaroua, ayant pourtant rencontré d’innombrables contraintes, ont livré cet ouvrage d’art dans les délais.

Le mérite de la main-d’œuvre locale est grand, d’autant que ce genre de projets relevant des travaux publics, n’ayant, des décennies durant, bénéficié d’aucun plan de charge devant booster la qualification et le savoir-faire des entreprises nationales qui relèvent désormais tous les défis, était, dans un passé récent, la chasse gardée de sociétés étrangères. En réalisant la deuxième trémie, cette main-d’œuvre se met, dès lors, au niveau des grands constructeurs d’œuvres d’art. Cette prouesse méritait la citation, tout comme les retards mis par les constructeurs de logements, ne tenant encore et toujours pas les engagements pris. L’attribution de milliers d’appartements (tous types confondus), devant s’effectuer la fin mars 2008, est renvoyée aux calendes grecques, au grand dam des citoyens concernés. Ces derniers, qui se sont saignés pour s’offrir un toit décent, ne comprennent toujours pas la manière de faire de ceux chargés d’un tel dossier, lesquels ne se gênent nullement pour tourner le dos à leurs propres engagements et ne sont, de surcroît, jamais sanctionnés. Dire que sous d’autres cieux, le respect des délais de réalisation et de livraison est une religion, car il engendre des punitions et récompenses, alors que chez nous, c’est kif-kif, d’autant que les bons et les faux entrepreneurs sont mis dans le même sac. Fort du coup de pouce ou coup de téléphone du Ouled Lebled, l’apprenti est gratifié d’un très bon plan de charge.

Kamel Beniaiche
El Watan


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