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Ain Abbassa : Le directeur de l’hôpital psychiatrique limogé

lundi 4 septembre 2006

Suite à une enquête diligentée par une commission du ministère de la Santé et menée pendant plusieurs jours à l’hôpital psychiatrique de Aïn Abessa, le directeur de cet établissement, en poste depuis 12 ans, a été relevé de ses fonctions. Le chef du personnel du même établissement a connu le même sort.

Cette commission a été dépêchée après plusieurs rapports transmis aux hautes instances du pays par l’ensemble du personnel paramédical de cet hôpital.
La dernière visite à Sétif, au début du mois d’août, de
M. Amar Tou, ministre de la Santé, a précipité les choses.
Le directeur, son chef du personnel et deux de ses proches collaborateurs ont été à maintes reprises sujets à controverses de la part des employés de cet hôpital, en totale dégradation et où les relations de travail évoluent dans un climat très tendu.

Il est reproché au chef d’établissement “la mauvaise gestion, son népotisme quant à l’attribution des logements de fonction et le recrutement de son beau-frère qui assure des gardes à la place du directeur, alors qu’il est technicien en maintenance au CHU de Sétif”, pour reprendre les termes d’un des rapports. Les mécontents citent aussi “la mauvaise prise en charge des malades depuis le départ précoce de plusieurs médecins psychiatres à cause du climat conflictuel qui y prévalait. Les malades qui nécessitent un suivi pointu, leur maladie étant mentale, donc délicate, sont victimes de la qualité de soins désastreux, le manque de salles, d’hygiène et surtout d’une alimentation des plus frugales”. Un parent d’un malade, actuellement hospitalisé, nous dira à ce sujet que “les malades sont des prisonniers. Ils n’ont pas le droit de sortir, même accompagnés, du pavillon pour prendre l’air. Ils manquent de produits pharmaceutiques et d’hygiène. Leur état de santé empire. Ils sont totalement méprisés, car traités de fous !” Par ailleurs, les paramédicaux qui n’ont le droit ni aux visites médicales, ni aux congés sanitaires, ni à la cantine et le transport, espèrent que la situation s’améliorera et que la tutelle a enfin pris les choses en main et qu’elle sévira dans le cadre de la loi. En attendant, c’est l’intendant de l’hôpital spécialisé en rééducation fonctionnelle de Ras El Ma qui gère l’établissement.

Farid Benabid

Liberté

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