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Maternité de Sétif sans gynécologue

jeudi 5 octobre 2006

La maternité de l’hôpital mère et enfant, dépendant du CHU de Sétif, n’en finit plus avec les problèmes de la prise en charge des patientes de la région et des wilayas limitrophes (Béjaïa, Bordj Bou Arréridj et M’sila).

La structure de 185 lits techniques, pouvant en période estivale recevoir 400 femmes à terme, est, depuis belle lurette, dépourvue d’un médecin chef. Les GHR (grossesses à risque) sont, selon le personnel, livrées à elles-mêmes. Le service, qui fonctionne actuellement avec un seul gynécologue, étant sur le point de boucler son service civil, risque de connaître, comme par le passé, d’autres problèmes. Comme un malheur n’arrive jamais seul, les gardes de nuit ne sont que rarement assurées par les spécialistes du secteur privé. « Hormis deux ou trois privés, les autres refusent même les réquisitions notifiées par des huissiers de justice », nous dira, sous le couvert de l’anonymat, un employé qui tient à révéler que le moral des 58 sages-femmes, exerçant le plus souvent sans assistance médicale, est au plus bas : « D’autant, dit-il qu’elles sont indexées pour le moindre bobo. » Notre interlocuteur enfonce le clou : « Les lits et sommiers d’un tel hôpital devant être, et au plus vite, transformé en établissement hospitalier spécialisé (EHS) n’ont pas été renouvelés depuis 1989. La prise en charge en gynécologie et obstétrique, aux suites de couches pathologiques et à la GHR, est hors normes. Dire que l’établissement a durant les neuf premiers mois de l’année en cours réalisé 1940 actes opératoires, 7954 accouchements sur les 10 959 admissions enregistrées. » Annoncée par l’ex-directeur général du CHU (voir El Watan n° 4387 du 25 avril 2005), l’équipe chinoise, devant permettre à la structure de maîtriser une situation qui est au rouge, ne pointe toujours pas le bout du nez. La venue d’un spécialiste de rang magistral devant prendre en charge la formation post-graduée d’un tel volet, l’un des plus importants casse-tête chinois de la structure, demeure un vœu pieux, et ce, au grand dam des malades et de la maternité qui continue de défrayer la chronique…

Kamel Beniaiche, El Watan


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