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Le stationnement de tous les dangers

samedi 21 octobre 2006

La ville de Sétif, de par le nombre sans cesse croissant de ses habitants, des véhicules et de son nouveau statut de ville refuge, connaît un sérieux problème de stationnement. Les automobilistes ne savent plus où donner de la tête, désemparés devant le manque flagrant de parkings. Qu’à cela ne tienne, la solution de facilité est vite trouvée, encouragée par la passivité, voire la complicité des pouvoirs publics. Devant un chômage endémique, des petits malins, sans doute plus doués et plus imaginatifs que les autres, possédant le profil exigé pour la circonstance, se sont transformés en de véritables cerbères. Ainsi, toutes les rues qui connaissent une intense activité commerciale, tous les points qui attirent, par leur activité spécifique, une forte affluence (postes, banques, administrations et établissements scolaires) et les abords du marché du centre-ville sont investis par ces individus à l’air dissuasif, armés de gourdins, qui vous proposent d’une façon musclée leurs services. Vous déboursez 50 DA et votre véhicule sera bien gardé, sinon gare aux représailles ! Tout cela dans l’illégalité et l’impunité les plus totales. De nombreux citoyens ont été tout bonnement tabassés pour avoir refusé de se laisser faire. À croire qu’il n’existe pas d’autorité dans cette cité. Pourtant, le gourdin affiché, donc présence du flagrant délit, est une arme blanche prohibée.
Ces pratiques exacerbées durant ce mois de Ramadhan sont intolérables. Les propriétaires de véhicules sont terrorisés et le terme n’est pas fort. “Non protégés par les services de sécurité, ils abdiquent, et se demandant dans quelle planète ils vivent”, nous diront plusieurs personnes ulcérées par ce qu’elles voient, un spectacle devenu dangereusement banal.
Se sentant impunis, ces gardiens investissent chaque jour plus d’espaces et, bientôt, pas une rue de la ville n’échappera à leur diktat. Pour l’anecdote, un monsieur s’est vu exiger le montant de sont stationnement devant… son propre domicile !
De même pour les commerçants qui disposent des chaises, des échelles et toutes sortes d’objets devant leur boutique pour empêcher le stationnement. Ils réservent cet espace à leurs fourgons qui arriveront dans une heure ou dans une… journée. Pourtant, il existe une réglementation bien claire à ce sujet. Si Sétif accuse un déficit criant en matière de parkings, il faut avouer aussi que les responsables ne font rien pour y remédier. En face du commissariat central de police existe une aire de stationnement, ce lieu ne demande qu’à être aménagé en un parking à plusieurs étages. Situé en plein cœur de la ville, il résoudrait un sérieux problème et sa rentabilité est assurée d’office. La balle est dans le camp des élus locaux pour les idées et des services de sécurité pour faire leur travail. Seulement leur travail.

Farid B, Liberté

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