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L’Aïd au foyer des personnes âgées : la perpétuité du geste de solidarité au rendez-vous

samedi 28 octobre 2006

A l’instar de l’enthousiasme vécu par les citoyens le jour de l’Aïd, au terme d’un mois de piété et de miséricorde, la « Maison de la solidarité » de Sétif a réussi à perpétuer des moments intenses de convivialité et de bien-être grâce au geste d’assistance de la population envers les démunis. C’est ce qui ressort du moins de notre visite, le premier jour de l’Aïd, au centre d’accueil des personnes âgées. Il s’agit d’un haut lieu de l’architecture urbaine, une villa pittoresque d’une valeur inestimable surplombant l’entrée est de la ville de Sétif, un don d’une âme charitable qui regroupe sous un même toit 25 femmes sans domicile. Une grande partie d’entre elles présentent des signes apparents de handicaps, témoins du poids des ans, ainsi que des aléas de la société moderne.
Le vaste salon regroupe de nombreuses personnes vêtues de neuf pour la circonstance et la présence de divers gâteaux donne un air de fête. « C’est le regroupement de la circonstance », nous signifie le préposé à notre rencontre, d’un certain âge mais qui associe sa mission de bénévolat à celle entreprise par deux psychologues, un médecin et un infirmier. L’une des deux plus jeunes dames du groupe tient à nous signifier sans trace apparente de larmes : « Ce n’est pas vraiment le climat familial, mais c’est tout de même mieux que la rue. » Mais le souvenir du mariage d’une « consœur », l’année dernière, demeure réconfortant au sein du groupe car les attaches de celle-ci demeurent intactes, en témoignent ses visites périodiques à la « Maison de solidarité ».
Une autre reçoit la visite de son enfant résidant à la Cité de l’enfance, un établissement conçu pour l’enfance abandonnée. Une connotation de la fête encore plus apparente.
Le Ramadhan a été une période riche en dons, nous témoigne-t-on, ainsi que le cas de la prise en charge vestimentaire en prévision de l’Aïd. Les aides affluent car le lieu, en raison de sa situation, est connu de la plupart des donateurs. Les aides en espèces n’ont pas été en reste durant l’Aïd. Chaque membre du groupe bénéficie du geste de solidarité devenu désormais habituel, en témoignent les personnes sans domicile, sans famille et sans ressources logées à la grande villa du « bienfait ».
Au vu de la mobilisation des actions charitables, signe de l’importance de l’action sociale envers les démunis, il ressort que l’acte de solidarité à Sétif n’obéit guère à des restrictions matérielles. Il faudrait que le centre d’accueil des personnes âgées et handicapées pour hommes de la daïra de Salah Bey à 50 km bénéficie des mêmes égards, compte tenu de l’éloignement des donateurs constitués exclusivement des opérateurs économiques de la zone industrielle de Sétif.

Par Abdelhalim Benyelles, La Tribune

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