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Une hospitalo-universitaire à la rue à Sétif

mardi 14 novembre 2006

Maître-assistante en chirurgie dentaire, exerçant à Sétif à 300 km de Annaba, où se trouve le domicile familial, Mlle N. Dj. a été priée dernièrement par la direction du CHU de quitter la « chambre » qu’elle occupait au niveau de la clinique ORL pour, semble-t-il, les besoins d’un éventuel « aménagement ».

Cette parodontologiste, qui assurait des cours à la faculté de médecine et la prise en charge de nombreux patients n’ayant pas les moyens pour se soigner chez le privé, se trouve, le moins qu’on puisse dire, au bout du rouleau. « Logée dans une pièce étroite non chauffée et dépourvue de la moindre commodité, je me trouve du jour au lendemain sans toit », dira la spécialiste qui effectue son service civil, depuis novembre 2005. Cette situation, qui se répercute sur le moral et le rendement de notre interlocutrice, n’offusque pas outre mesure les responsables concernés qui n’ont pas levé le petit doigt pour assister une jeune universitaire. Dire que le logement de la direction de la clinique précitée est, nous dit-on, inoccupé. Pis, la parodontologiste, qui ne peut quotidiennement faire le trajet Sétif-Annaba, ne sait, devant le silence radio des gestionnaires du CHU et de l’université, à quel saint se vouer. Devant cette lamentable situation, une question toute simple nous taraude l’esprit : est-ce de cette manière qu’on encourage nos cerveaux formés par l’université algérienne à rester dans le pays ? C’est ce genre de petits et faux problèmes qui poussent notre intelligentsia à répondre aux chants de sirènes des cieux où l’on vénère notre « crème »... La jeune femme (célibataire), qui ne peut se payer une chambre d’hôtel, ne demande pas un logement qui sera par la suite « cédé » dans le cadre du « désistement », mais un hébergement décent et à la hauteur de son rang. Pour connaître la position de l’employeur, on a pris attache avec le chef de département de l’institut dentaire qui déplore : « Le CHU, qui dispose de studios devrait prendre en charge ce problème qui risque, en perdurant, de pénaliser les étudiants et de nombreux patients. » Notre interlocuteur attend, par ailleurs, l’intervention du recteur, d’autant que Melle N. Dj. est une hospitalo-universitaire…

Kamel Beniaiche
El Watan


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