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Wall Street en hausse

dimanche 26 novembre 2006

Le lieu est connu partout en Algérie comme ailleurs dans le monde. C’est un haut lieu de la finance parallèle, un bureau de change clandestin mais au grand air et aussi un lieu de commerces divers. Ça va du change à l’importation, aux trafics nombreux de toutes sortes de documents.

Vous avez besoin d’un hébergement, d’un visa, d’une licence d’importation, d’un registre du commerce en activité, de devises et de…, c’est vers les arcades, c’est sous cette appellation qu’est connu le Wall Street sétifien, qu’il faudra vous diriger. Ce lieu, devenu à la longue une place financière renommée, réunit une variété de boursicoteurs de tous les horizons : le fonctionnaire affairiste, l’enseignant businessman, les oisifs touche-à-tout s’y côtoient et pratiquent le change illégal en toute impunité. On n’a jamais vu une descente de police sur les lieux, les cambistes ne s’inquiètent même pas lors du passage des véhicules de police ou des douanes ni des autres corps de sécurité. Ils occupent l’espace et ce dernier s’étend sur toute l’avenue Port Saïd jusqu’à Bab Biskra. Ils brandissent les liasses de billets au nez des passants, ils arborent une suffisance, une arrogance et un semblant de richesse insultants. Ils sont au fait des fluctuations nombreuses des cours des devises, ils ont leur entrée dans les nombreuses banques. L’argent se récolte à longueur de journée, pour être vendu, selon la demande, aux ramasseurs qui sont généreux selon les besoins de leurs clients importateurs ou hommes d’affaires. C’est comme ça que se fait le cours de la devise. Ces « boss » du change sont connus et visibles dans les véhicules luxueux, les cafés, les magasins ou les vieilles bâtisses alentours, qui sont aussi leurs coffres… Le taux est toujours plus élevé aux Arcades qu’à la banque, un euro vaut aujourd’hui 98 DA à l’achat et entre 99 et 100 à la vente. La demande a baissé et les quantités disponibles aussi, selon les cambistes. Le nombre de ces derniers est par contre en très nette progression. Certains s’installent aux portes des banques les jours de versement des pensions de retraite surtout. Une certaine loi de finances, quelque part dans l’histoire contemporaine de l’Algérie, a proposé la création de bureaux de changes officiels et légaux. Où sont-ils ?

N. L.
El Watan


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