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Affaire de trucage des élections de la chambre de commerce et d’industrie de Sétif

samedi 2 décembre 2006

Les frontières virtuelles séparant la wilaya de Sétif et celle de Bordj Bou Arréridj sont désormais « abolies » grâce à la mise en service de l’aéroport international de Sétif le 1er mai 2006. Il s’agit là d’un apport considérable dans le domaine de l’investissement économique, si l’on prend en compte l’importance du pôle maghrébin de l’électronique représenté par la zone industrielle de BBA. Outre cela, la Chambre de commerce et d’industrie Soummam de Sétif regroupe les wilayas de Bordj Bou Arréridj et de Béjaïa.

Il s’agit d’une institution souvent en difficulté de gestion depuis le mandat écoulé mais qui voit actuellement ses activités carrément gelées au lendemain des élections truquées de son bureau, le 2 février 2006, et dont les voix ont été détournées au profit du candidat de Sétif pour le poste de la présidence de la Chambre. Aussitôt, les résultats ont été invalidés suite au pourvoi en cassation introduit par le candidat de Bordj Bou Arréridj, Hocine Benhammadi, qui a dénoncé l’utilisation frauduleuse de procurations malgré la présence de deux huissiers de justice. Et le 11 mai 2006, il a été décidé, par jugement exécutoire, l’annulation des résultats prononcés en faveur du candidat de Sétif Guazzout Khier.
Si, concernant le détenteur du jugement qui ordonne au wali son application sur décision du procureur de la République, fort de quelques membres de Sétif et de Béjaïa, le dernier scrutin a subi l’influence du « lobby » de Sétif composé de quatre à cinq membres influents, selon son estimation, pour le directeur du commerce de wilaya, c’est au tour de son ministère de tutelle d’user de son droit de cassation dans les jours à venir et on devrait ainsi s’attendre dans ce cas à ce que l’affaire soit saisie par le Conseil national. Une information jusque-là restée non confirmée à l’heure où le directeur de la CCI de la Soummam est demeuré confiné dans un mutisme incompréhensible face aux perturbations de l’organisation patronale, considérée comme l’une des plus importantes du pays du point de vue des richesses et de l’investissement économique. De ce fait, sa représentation s’avère obsolète dans une conjoncture marquée par le lancement des grands projets nationaux.

Pour rappel, la manifestation économique notable de l’année dans la région aura été sans conteste la venue à Sétif, au mois de mai dernier, du maire de Lyon accompagné d’une délégation de pas moins de cent investisseurs français, où l’absence de l’organisation patronale fut l’un des événements marquants de la journée de travail. Un « ratage » que d’aucuns jugent préjudiciable pour la promotion de l’action de l’investissement régional.
En fait, depuis 1996, la Chambre de commerce et d’industrie Soummam de Sétif vit au rythme des groupes de pression et de l’instabilité au détriment de son rôle initial, celui représenté par la force de proposition de l’interlocuteur direct des pouvoirs publics. Une mission à présent mise sous l’éteignoir, car même les représentants de l’administration publique sont en passe de subir le diktat des groupes de pression du patronat.

Par Abdelhalim Benyelles,
La Tribune


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