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Mohamed Bouamari : Une étoile s’est éteinte

dimanche 3 décembre 2006

Le cinéaste algérien, Mohamed Bouamari, est décédé, hier, vendredi, d’une crise cardiaque à l’âge de 65 ans, a-t-on appris auprès du directeur général du Centre national du cinéma et de l’audiovisuel, M. Aït Ouméziane. Mohamed Bouamari, très présent sur la scène cinématographique nationale depuis l’indépendance, s’est distingué par une filmographie très importante. Il a réalisé plusieurs courts et longs métrages, notamment Le Charbonnier (1972) pour lequel il a obtenu plusieurs prix internationaux, ainsi que des films documentaires. Natif de la région de Sétif, il s’est distingué, peu après l’indépendance, par une série de films historiques à commencer par son tout premier (le Conflit en 1964) puis l’Obstacle (1965), la Cellule (1965), le Ciel et les Affaires (1967), avant de produire le Charbonnier, son film de référence qui le propulsa sur les devants de la scène cinématographique nationale.
Ses principales distinctions internationales, de Tunis à Berlin, il les devra à ce long métrage de société, qui sera suivi de l’Héritage (1974) puis du Premier pas (1979) et enfin du Refus (1982).
Plusieurs fois assistant-réalisateur dans des fictions algériennes célèbres, il se consacrera, au cours des deux dernières décennies, au court-métrage et à la production de documentaires-fiction tel que les Remparts de Tlemcen. Sa dernière apparition était dans Barakat de l’Algérienne Djamila Sahraoui sorti en 2005. L’enterrement du défunt a lieu cet après-midi à Ben Aknoun. En cette triste circonstance, Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, a adressé un message de condoléances à la famille du défunt, et dans lequel elle déclare qu’avec cette « disparition brutale », l’Algérie perd « une figure culturelle emblématique ». Elle a également relevé que sa filmographie, entamée au lendemain de l’indépendance alors qu’il avait à peine vingt-ans, a su tenir compte de « l’expérience vécue, en tant qu’assistant, aux côtés de grands réalisateurs comme Luchino Visconti, Lakhdar Hamina et Costa Gavras, et a pu rendre intelligibles au public cinéphile toutes les questions importantes des différentes époques de l’Algérie en construction ». Elle a fait, par ailleurs, la promesse que le film le Mouton dont le cinéaste a entamé le tournage sera réalisé comme il l’aurait voulu.

R. C. / APS


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