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Commune de Guidjel (Sud de Sétif) Ouled Addi, un village oublié !

dimanche 31 décembre 2006

Même si le village d’Ouled Addi, dans la commune de Guidjel, n’est situé qu’à quelques encablures du chef-lieu de la wilaya de Sétif, ses 400 habitants se déplacent au moyen d’ânes, et ce à cause des routes impraticables. Les transporteurs ne s’aventurent jamais pour assurer la liaison entre la route nationale et le village. Pis, les villageois ne connaissent pas encore les vertus du gaz. Ils utilisent alors le gazol ou le bois pour se chauffer et se nourrir. Laâdad, qui est l’un des plus importants regroupements d’habitations de la commune de Guidjel, ne dispose même pas d’une salle de soins ou d’une salle d’accouchement. “Ici, les femmes accouchent à la maison, il n’y a même pas une salle de soins ou une ambulance pour évacuer les patientes vers la maternité de Sétif”, nous a affirmé Ammar, un habitant du village. “Cette situation est la cause de maladies et de moralité des mères et des enfants dans beaucoup de cas”, a-t-il renchéri. Comme plusieurs points de la commune de Guidjel, limitrophe avec le chef-lieu de wilaya, les habitants de Laâdada ne connaissent pas les réseaux d’AEP. Ils s’approvisionnent en eau potable en creusant anarchiquement des puits. Ces derniers sont, dans la plupart des cas, non contrôlés et les risques de maladies à transmission hydrique (MTH) sont omniprésents. Les réseaux d’évacuation des eaux usées sont aussi inexistants. La scolarité des enfants du village est aussi le parent pauvre de cette localité qui ne dispose que de deux salles de cours. Les enseignants refusent généralement de s’y rendre à cause de l’impraticabilité du chemin. Généralement, les parents sont obligés de rompre la scolarité de leur progéniture durant les premières années du cycle primaire. Les habitants parlent aussi du danger causé par les explosifs utilisés dans les carrières et les mines situées à proximité des habitations. “Regardez ces fissures, elles ont été causées par les explosifs utilisés dans les carrière”, nous a dit un villageois. Les odeurs provenant de la décharge publique, le danger d’animaux sauvages (sangliers et loups) provenant de Djebel Youcef inquiètent aussi les habitants qui ont peur pour leur cultures maraîchères. Les villageois, qui disent n’avoir jamais vu un élu local dans la région, demandent l’intervention du premier responsable de la wilaya pour atténuer, un tant soit peu, leurs souffrances...

Faouzi Senoussaoui, Liberté

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