Accueil > Santé

Pas de réponse

dimanche 21 janvier 2007

Les communautés universitaire et médicale, la société dans sa globalité, ont perdu la semaine dernière un érudit au sens noble du terme. Sans avertir et emportant avec lui tous les secrets relatifs à sa fonction de pharmacien en chef du CHU de Sétif, le professeur A. Merouane, l’humaniste qui a lutté contre vents et marées, quitte ce bas monde. Durant des mois, et le plus souvent seul, contre le silence coupable de ses interlocuteurs n’ayant à aucun moment daigné lui répondre, l’éminent professeur (bac + 17, deux doctorats d’Etat, 3 accréditations internationales et plus de 30 ans d’expérience en la matière, excusez du peu) n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les retards enregistrés dans la signature des bons de commande se répercutant inévitablement sur, d’une part, les approvisionnements et les stocks d’un CHU à vocation régionale, de l’autre, la correspondance du 16 novembre 2006 s’apparentant à un testament illustre nos propos. Ne faisant, et en aucune manière, de la chefferie une gratification ou une promotion sociale, le professeur, ayant de surcroît et surtout un grand sens de la responsabilité, n’a pas manqué à travers la missive sus-nommée d’attirer l’attention de ses interlocuteurs « Courrier à lire pour comprendre la situation des approvisionnements » n’ayant hélas rien vu et entendu. Ne laissant rien au hasard, le défunt met les 24 et 27 juin 2006 le doigt sur la plaie (approvisionnement). Pas de réponse. Le 11 juillet 2006, il revient à la charge pour mettre en exergue la gestion de la pharmacie. Pas de réponse. Quatre jours plus tard, ce professeur d’un autre genre (une espèce rare et le mot n’est pas fort) s’intéresse à la prise en charge par les traitements ambulatoires. Pas de réponse. Quarante-huit heures après (17 juillet 2006), il transmet un complément aux traitements ambulatoires n’obtenant aucunement un bien meilleur sort. Pas de réponse, tout comme la question relative aux molécules spécifiques. On se contente de ces exemples sachant que l’espace ne nous permet pas de vous faire part d’autres SOS et cris de détresse adressés (au nombre de 7) du 24 juillet 2006 au 24 septembre 2006, et ayant été frappés d’une fin de non-recevoir. N’étant pas prophète en son pays, le généreux professeur ayant, 30 ans durant, fait du soulagement des malades son seul et unique cheval de bataille, prend congé de ces « pas de réponse » ne devant rester éternellement sans réponse, car il y va de la santé d’autrui ...

El Watan


Derniers articles