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L’enseignement à Sétif : Il faut commencer jeune

dimanche 4 février 2007

Beaucoup de parents d’élèves du primaire de Sétif se plaignent de ce qui commence à se généraliser dans les établissements du primaire de la capitale des hauts-plateaux : certains enseignants obligent les enfants à suivre des cours particuliers.

Les enfants sont forcés par tous les moyens possibles à rejoindre les troupes enrôlées par le maître ou la maîtresse. Chantage, harcèlement, humiliation sont certainement les armes utilisées pour cela. « Mon fils est à chaque fois ridiculisé par son maître, ce dernier l’isole du groupe parce qu’il ne fait pas de cours chez lui. Il souffre le martyre et est surtout complexé par le comportement de son enseignant », se plaint un père de famille et enseignant de surcroît. « Ma nièce, qui est en 4e année du cycle primaire, a obligé ses parents à l’envoyer faire des cours chez sa maîtresse, car celle-ci a décrété que la gamine n’avait aucun niveau et qu’il lui fallait une aide et une prise en charge sérieuse. Les enfants, chez la maîtresse, n’ont même pas de chaise, ils étudient accroupis sur des matelas », nous raconte, révolté, un autre enseignant. « Les élèves qui font des cours chez monsieur ont tous de bonnes notes aux devoirs et compositions. Ils ont les mêmes questions en composition qu’aux cours (particuliers s’entend). Nous, qui ne suivons pas les cours, sommes considérés comme des ânes même si nous voulons travailler », s’étonne Ali, élève de 6e année. A ce rythme, les cours particuliers seront bientôt obligatoires, jusque dans les crèches !

Nabil Leulmi
El Watan

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