Accueil > Economie

Le parcours du cross-country

dimanche 11 février 2007

Le week-end a été pluvieux à Sétif et à travers les autres coins des hautes plaines. Les agriculteurs de la région, qui attendaient depuis des lustres de tels instants avec impatience, se sont frottés les mains sachant que la saison n’est plus compromise.

Les gestionnaires des ressources hydriques en ont fait autant, même si les averses demeurent en deçà des prévisions. Les citoyens de la capitale des Hauts-Plateaux se sont « réconciliés » avec le froid sibérien ayant de tout temps caractérisé la période hivernale de la région. Les fortes précipitations, générées par la générosité du ciel, ont mis à nu les maux et carences des voies d’une cité tombée en décrépitude s’apparentant hélas à des chemins d’une dechra. A la moindre averse, les chemins qu’on ne peut plus qualifier de routes, aussi bien du centre-ville que de la périphérie, deviennent des patinoires, des petits bassins ou tout simplement des piscines. La circulation routière est ainsi perturbée. Dans ce lugubre décor, les piétons trouvent moult difficultés pour se déplacer d’un coin à l’autre. Les avaloirs et les égouts, qui n’ont fait l‘objet d’aucun intérêt de la part de la commune qui va sans nul doute jeter la balle à l’Office national de l’assainissement ayant en la matière reçu un cadeau empoisonné, en sont la cause. Après le « déluge », les chemins éventrés, gondolés en de nombreux endroits deviennent donc impraticables. La gadoue, qui a investi et envahi même les principales artères, est à l’origine de cette désolante situation qui enfonce davantage une aussi grande agglomération dans le trou. Bref, si Sétif souffre de la gadoue, c’est que ses routes, jadis carrossables, ont été englouties de terre battue ayant, pour la circonstance, transformé l’antique Sitifis en un véritable parcours de cross-country.

Kamel Beniaiche
El Watan


Derniers articles