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Douar Guessab El Khier : Les nouveaux damnés

mercredi 5 septembre 2007

Vingt familles vivent une situation d’irrégularité. Installées depuis les années 50 sur les terres d’une ancienne propriété coloniale.

Ces familles du douar Guessab El Khier, sur la route d’El Hachichia à l’ouest de la ville de Sétif, se retrouvent au XXI ème siècle sans aucune reconnaissance administrative ou autre. Elles ne semblent pas faire partie du peuple algérien. Rejetés et refusés par tous, citoyens autant qu’autorités, ces parias espèrent que sera levé le voile sur leur dramatique et précaire situation. Ces citoyens de seconde classe ne font pas partie des anciens membres de la coopérative agricole et du « domaine » mis en place durant la révolution agraire, ils n’ont donc pas eu droit aux dédommagements ni aux attributions accordées à ces derniers. Ils n’ont pas eu le privilège de bénéficier de logements, ni de terrains pour se construire un nid. Les logements qu’ils occupent datent de l’époque coloniale, il leur est interdit d’y réaliser des travaux de restauration ou de réhabilitation. Ceux qui ont essayé ont vu rappliquer manu-militari les services techniques de l’APC. Leurs nombreux appels de détresse n’ont pas eu d’écho. Les vieux locaux de la ferme coloniale sont implantés en plein milieu de ce qui est devenu, à la longue, un immense dépotoir, les ordures ménagères des fellahs, les carcasses de véhicules et de casiers de poissonniers ou encore les excréments de leurs bêtes qu’ils stockent pour leur revente, agrémentent l’espace. L’odeur est asphyxiante, suffocante, les mouches et autres insectes de toutes espèces rendent la situation intenable. Les enfants de ces exclus vivent en marge de la société, ils n’ont pas le droit d’aller jouer à l’extérieur, tant les dangers sont nombreux alentour. D’ailleurs, il faut signaler que beaucoup d’entre eux, qui vivent au milieu de la bouse de vache sont atteints de maladies respiratoires, allergiques et autres inconnues. Même les transporteurs refusent de marquer l’arrêt devant leurs habitations. Seuls les anciens du domaine passent leur temps à les provoquer. Il serait grand temps que les élus locaux se penchent un peu sur le cas de ces personnes qui, malgré tout, ont quand même une carte de vote.

Nabil Lalmi El Watan

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