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Le désarroi d’un humaniste

dimanche 7 octobre 2007

Qu’il pleuve ou qu’il vente, le Dr Ahmed Khalfi est au rendez-vous. Ce spécialiste en maladies infectieuses est, en outre, un homme au grand cœur qui souffre en silence de l’impitoyable bureaucratie, laquelle fait fi de la délibération portant n° 392/2003 du 29juin 2003, de l’APC de Sétif, qui avait décidé de céder le local faisant office de cabinet médical, comme le stipule la loi 01/81 du 7 février 1981 relative à la cession des biens de l’Etat.

Ce praticien, qui a rendu et continue de rendre d’énormes services à la société est, le moins que l’on puisse dire, dans l’expectative, sachant que la décision de la commune, apparemment sans poids, ne demeure, quatre ans après, que de l’encre sur du papier. Cette fin de non-recevoir, qui ne dit pas son nom, de la part de la tutelle, accentue le désarroi du toubib des démunis, obligé d’exercer dans des conditions exécrables. Son cabinet vétuste, situé à quelques mètres de la mosquée d’El Atik et de la mythique fontaine de Aïn El Fouara, se transforme, à chaque averse, en patinoire. Malgré ces aléas, le médecin est très sollicité par certains notables, les sportifs et surtout les pauvres des différents coins de la région. Ce n’est pas le prix pratiqué par ce médecin qui attire les gens, qu’ils soient nantis ou pas, c’est plutôt son charisme, son grand cœur et son humanisme qui en sont la cause. Mieux encore, plus de 50% des patients sont exemptés des 200 DA, prix de la visite. Ce praticien, qui fait de la médecine de proximité sa devise, est de toutes les actions caritatives (circoncision, prise en charge d’une personne en quête d’un soutien financier, règlement d’un différend entre personnes, réhabilitation ou rénovation d’une mosquée…). Pourtant, il n’attend qu’une décision devant lui permettre de remettre en état son cabinet qui menace ruine…

Kamel Beniaiche El Watan

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