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Marché de voitures : La caverne d’Ali Baba...

lundi 12 juin 2006, écrit par : El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Le marché hebdomadaire des voitures se tient chaque vendredi sur les terrains jouxtant les abattoirs de Sétif. Ce jour-là, c’est la ruée. De tous les coins du pays, les gens viennent pour les voitures. Tous genres de véhicules et d’engins commencent à affluer dès jeudi après-midi. D’emblée, on déboursera entre 600 et 1200 DA de droits d’entrée. Il faudra aussi payer pour garer son véhicule.

Une jeunesse oisive occupe déjà le terrain. Elle a encombré l’endroit de pierres, rien que pour marquer son territoire. Cette main-d’œuvre se transforme en gardien de nuit et se fait payer, le lendemain, le fait de ne pas s’être attaquée aux biens d’autrui. Vendredi matin, les gens arrivent en nombre. Le marché s’étend jusqu’aux cités voisines (1000 Logts, Kerouani...). Tout le monde est vendeur, et tout se vend : vêtements, pièces détachées et accessoires autos, neufs et d’occasion, nourriture périmée (que les gens s’arrachent), produits laitiers (exposés en plein air), téléphones portables (dont bon nombre sont volés). Tout est « d’origine », « griffé », toutes les sous-marques, les contrefaçons et les pales imitations font la joie des consommateurs à l’affût des bonnes affaires. Là aussi, le racket est de mise : des bandes de « mekas » (pas du tout des enfants de chœur) passent entre les exposants et se font payer des droits. Une rixe risque d’éclater à tout moment. Des jurons bien sétifiens fusent sur leur passage ; l’exposant récalcitrant sera délesté de sa marchandise et parfois tabassé. Un autre phénomène est très répandu au souk de Aïn El Fouara, les pickpockets. Ils opèrent en bandes organisées au su et au vu de tous. Comme des loups, ils repèrent la proie, l’encerclent, la poussent dans les bras de leurs complices qui la délestent de tout objet de valeur. Ou encore le vieil attrape-nigaud du jeu des trois cartes. Là, vous ne trouverez que les voleurs autour de l’escroc aux cartes à jouer qui appâte la victime. Et dès que l’argent apparaît, la proie est marquée par les prédateurs. Ali qui n’est pas un adepte des jeux de hasard nous rapporte comment il a été délesté : « Je suis descendu au souk acheter une pièce détachée. A un moment, j’ai été bousculé par plusieurs individus en même temps. L’un d’eux a même eu la gentillesse de me signaler une tache sur mon pantalon. Après leur départ, un vendeur me signale que ces individus m’ont fait les poches. Une autre foule, manquant de courage cette fois, m’entoure. Personne n’a auparavant bougé le petit doigt de crainte d’être pris pour cible par ces malfaiteurs. J’ai essayé avec des amis de retrouver ces voleurs qui m’ont délesté de 10 000 DA, mais comme par magie, personne ne les connaissait. », côté véhicules, c’est l’anarchie totale. Aucune règle d’organisation n’est respectée, ils sont garés n’importe comment et personne ne s’en soucie. Il faut assister à la sortie des véhicules de la place, pour constater les « dégâts ». Les seuls points positifs dans cette cour des miracles sont la construction de vespasiennes et d’un café. L’entretien des routes menant au souk ne ferait que du bien à un espace qui brasse pourtant des milliard.

Nabil Leulmi


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