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Le zapping demeure un réflexe chez les téléspectateurs à Sétif

jeudi 5 octobre 2006, écrit par : Abdelhalim Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

La grille spécial Ramadhan conçue par les programmateurs de l’ENTV en direction des familles algériennes a, manifestement, pour but de réactiver l’intérêt de la production nationale à l’occasion des regroupements traditionnels autour de la table d’El Iftar. Les émissions de divertissements au programme dès la rupture du jeûne constituent, selon certains, le point fort des trois chaînes nationales tant à l’intérieur du pays que parmi la communauté établie à l’étranger. D’aucuns s’accordent que celles-ci enregistrent les taux d’intérêt les plus élevés.
Selon les personnes que nous avons rencontrées, la période du Ramadhan est celle où le téléspectateur apprécie la valeur du produit local contrairement aux autres saisons de l’année. En effet, ce sont les nouveautés enregistrées à la même saison au programme qui provoquent l’intérêt du téléspectateur. Une nouveauté incarnée par le cadre humoristique sans cesse innovateur mais avec les personnages cinématographiques les plus connus de l’audiovisuel algérien. La télévision algérienne donne à voir à l’occasion du mois sacré des opportunités nouvelles, dans un cadre tout à fait innovant. Si les sketches, émissions de divertissement et autres feuilletons de production nationale tiennent en compte les paramètres psychologiques et sociaux, le téléspectateur considère que ceci vise la consolidation du groupe social autour de sujets communs tout en offrant l’opportunité d’un regard collectif sur le quotidien. Une tranche jugée acquise à l’ENTV mais cernée dans un aspect temporel réduit, le temps d’El Iftar car, au-delà, c’est le zapping tout au long de la soirée.
Certains par contre, ceux qui considèrent que ces programmes sont destinés « conjoncturellement » à la masse, dont les enfants, voient que la grille manque irrémédiablement d’intelligence en occultant une bonne tranche des téléspectateurs dont l’alternative est l’habituel zapping. Il s’agit, selon eux, d’un geste qui leur permet de confectionner à leur manière la grille de programme « idéale ». Séance cinéma, conférence théologique ou émissions sportives constituent en gros l’attrait des zappeurs même si l’ENTV ne manque pas de se positionner à la mesure de l’événement à l’occasion des soirées sportives.
Pour cette catégorie, l’aménagement des programmes circonstanciels n’est guère perçue selon une vision positive car le manque de compétitivité de la télévision nationale demeure une « réalité » incontestable. Notre enquête fait apparaître aussi que les capacités nationales ne sont guère dépréciatives dès lors que la masse des téléspectateurs établit un contrat avec les chaînes nationales un mois durant, la résultante même de la capacité innovatrice des programmateurs locaux. C’est le premier sketch ou le premier divertissement du mois qui établit le cordon ombilical entre le téléspectateur et le programme national, une relation tissée sur un fond de confiance mais aussi une réalité qui pourrait tracer les contours futurs de la politique cinématographique et télévisuelle nationale. Outre cela, c’est le statut de l’artiste de même que la définition des modalités d’utilisation des salles de spectacle dans un cadre décidé par la réalité du marché de l’art qui est perçu comme une toile de fond sur la réflexion dans le domaine de la production culturelle et artistique. En dehors de cela, c’est l’initiative conjoncturelle, à l’instar des programmes Ramadhan, qui ne devrait plus constituer une priorité artistique et culturelle.

Jeudi 5 Octobre 2006

Par Abdelhalim Benyelles


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