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La vie culturelle à Sétif se confine dans le conjoncturel

mercredi 14 février 2007, écrit par : Abdelhalim Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

Le support médiatique est depuis toujours considéré comme un contrefort de l’activité culturelle et artistique.
L’information demeure incontestablement l’outil de promotion de la culture, par sa description et/ou sa communication du fait culturel comme par sa critique.
C’est ainsi que le travail journalistique contribue à vulgariser au premier degré les réalisations et à accompagner le mouvement des productions de la cité. Aussi, le journaliste, par ses contacts quotidiens parvient à tisser des attaches durables avec le monde de la production artistique et culturelle au même titre que l’événement politique, économique, social et sportif. Pour le cas de Sétif, dans le secteur de la culture, c’est le conjoncturel qui prime. Le groupe musical, la troupe théâtrale, l’artiste peintre, à leur corps défendant, ont pris le parti d’adopter le rythme administratif en générant un comportement figé et conjoncturel lié aux fêtes nationales et aux visites officielles. Même le fonctionnement de la maison de la Culture, haut lieu de l’activité culturelle quotidienne, est assimilé à la même conduite et a pris les réflexes du système administratif pour mode d’activité.

Quant aux rapports entretenus entre artistes ou associations et tutelle, ils demeurent dominés par l’attentisme et le « clientélisme ». Les premiers sont en perpétuelle position de double attente, celle des subventions allouées par les pouvoirs publics à même de générer une dynamique de production et celle des programmations des décideurs, alors que les responsables n’ont eux de cesse de recourir à l’« arbitraire » pour définir le choix des représentations. Et c’est là qu’apparaît le facteur financier qui a fini par confiner la culture à Sétif dans le circuit restreint du conjoncturel et du circonstanciel au détriment de la qualité du produit artistique et culturel.

C’est aussi le volet sensible qui pèse sur la gestion de la direction de la culture de la wilaya à Sétif dirigée par un nouveau responsable. Une majorité d’acteurs du domaine de la culture n’ont de cesse de réclamer leur dû auprès de la tutelle, ce qui représente un indice révélateur des rapports entre le monde de la culture et l’administration et hypothèquent lourdement les relations futures entre les deux parties.Il est vrai qu’à Sétif une coopérative artistique, locataire de la maison de la culture, imprégnée des nouvelles exigences économiques travaille à l’instauration d’un marché de l’art en Algérie, basé sur les transactions financières et la qualité du produit. Mais c’est l’exception qui confirme la règle. Car le reste du monde de l’art demeure cloîtré dans les « résidus » de l’ancien système de gestion du fait culturel en rupture totale avec l’innovation et la créativité. Pour l’heure, la vie culturelle à Sétif se passe des artistes, et ce faisant, de l’action de l’information locale.

Par Abdelhalim Benyelles


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