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L’enseignement de l’art reste marginalisé à Sétif

jeudi 12 avril 2007, écrit par : Abdelhalim Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

La maison de la culture de Sétif, le seul pôle de promotion artistique et culturelle appelé à développer les activités de théâtre, de musique, d’arts plastiques, d’expression littéraire et cinématographique, semble se résigner à ne prendre en charge qu’un seul créneau : la gestion de la grande salle de spectacles convoitée par les séminaires, les conférences, les réunions, les colloques et autres manifestations officielles. Le défaut flagrant d’un cadre pédagogique caractérise les carences de l’institution culturelle de la wilaya. Reste que l’imposant bâtiment offre un cadre idéal d’accueil aux activités des différentes associations qui y trouvent refuge. Le théâtre pour adultes comme pour enfants, la musique chaabie et moderne, le club littéraire, l’école de musique occupent les ateliers d’expression artistique dont dispose l’établissement. Quant à l’école de dessin, la seule activité d’ailleurs prise en charge par la maison de la culture, elle présente des tares certaines. Moins d’une dizaine d’enfants au total inscrits aux activités d’apprentissage encadrées par un jeune artiste peintre autodidacte bénévole, résume la situation de l’école de dessin, la seule qui aurait pu constituer un atelier de formation pouvant accueillir des centaines de jeunes du monde de l’éducation. Questionné à ce sujet, le jeune Boudina Redha témoigne de son engagement à s’occuper bénévolement des activités de l’école de dessin en l’absence d’un cadre spécialisé.
« Actuellement, j’assure des cours d’apprentissage, j’enseigne aux gosses les techniques manuelles et l’initiation à la peinture, mais sans aucune contrepartie. Je le fais par amour de l’art et du métier », souligne le jeune peintre. A préciser que les pinceaux, les crayons de couleur, l’aquarelle et le papier font aussi partie de la contribution du jeune artiste qui, tout en garnissant l’atelier de ses œuvres d’art, tente de motiver ses jeunes apprenants. Du côté du directeur de la maison de la culture, c’est la programmation adoptée par le système scolaire qui est à l’origine de l’échec de l’école de dessin, qui pourrait accueillir, selon lui, un nombre considérable d’enfants. L’espace conçu pour l’activité est certes plus que favorable. Un cadre de la direction de la culture évoque, pour sa part, le problème de la tradition sociale dans ce domaine. « Ce sont les parents au premier degré qui sont censés motiver et orienter l’enfant vers cette forme d’art qui interpelle l’esprit de la créativité de l’enfant », affirme-t-il. Dans un autre atelier, beaucoup plus animé mais dans un espace non moins adapté, régi par une discipline propre au système éducatif, vingt enfants, entre 6 et 13 ans, s’adonnent à l’apprentissage de la lecture de la partition musicale et à l’exercice sur piano. Bensaadoune Nacer, formateur et enseignant de métier, nous informe d’emblée que son objectif vise essentiellement à assurer une mission beaucoup plus éducative que culturelle. L’enfant est appelé à concevoir des partitions universelles. « Il s’agit là d’assurer une formation scientifique », précise notre interlocuteur. Et d’ajouter que la musique classique est à la base de toute forme musicale. En l’absence de concours des meilleurs musiciens, les enfants ainsi formés auront à l’avenir à rejoindre les groupes connus de la ville, à l’image des Syncop/s, un groupe professionnel issu de l’école de Bensaadoune qui accompagne actuellement les chanteurs les plus connus du pays. L’association Djamiha, ne disposant que de l’aide financière des parents, marque ainsi sa septième année de formation grâce à cinq vieux pianos classiques. On nous informe aussi que les subventions allouées annuellement par la direction de la culture n’ont jamais concerné l’association. « Les responsables persistent à encourager les fêtes et festivals au détriment de la formation », déplore-t-on à ce sujet.Outre l’intérêt du rôle associatif, le volet de la prise en charge de l’enfant passe au second plan des préoccupations de la stratégie de développement culturel et artistique de la wilaya de Sétif. Il semble que c’est là que réside l’échec de la politique de formation, un argument souvent soulevé par les spécialistes de l’art.

A. B.
La Tribune


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1 commentaire(s) publié(s)
Commentaire n°2013 :
EVIDEMENT UN ENORME VIDE DANS L’ART EN ALGERIE . CA PROUVE L’URBANISME BACLER A SETIF .

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