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Les semaines culturelles ne suscitent plus l’intérêt de la tutelle

jeudi 26 juillet 2007, écrit par : A. Benyelles, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

Les subventions de la tutelle et la disette culturelle sont en passe de céder le pas à une nouvelle approche de la gestion de la culture, celle de lancer les jalons du marché de l’art dans la région basé sur l’effort artistique et culturel et la qualité du produit. Une initiative abordée à la fin de l’année 2005 avec le programme « Noir sur blanc » qui consiste en une action de partenariat entre trois associations culturelles, Les compagnons de Nedjma de Sétif, Chrysalide d’Alger et Gertrude II de Lyon. Une initiative au programme diversifié qui englobe les différentes formes d’art : le théâtre, la danse et les arts plastiques. Le programme ne se limite pas aux représentations artistiques, il comporte également des ateliers pédagogiques où les experts des deux rives de la Méditerranée orientent leur action vers le public afin de l’imprégner du fait culturel.

Le slam, à titre d’exemple, une danse expressive américaine encore méconnue en Algérie, a profité d’un créneau particulier où étudiants, lycéens et enseignants ont bénéficié des orientations pédagogiques prodiguées par les spécialistes de l’association lyonnaise. L’atelier de théâtre n’est pas en reste, puisqu’il a suscité l’intérêt des membres des troupes de Sétif. Il a, pour sa part, imprégné les participants du savoir-faire professionnel du 4e art dans sa formethéorique.

Avant sa clôture, à son acte III, le programme « Noir sur blanc » a délégué l’organisation à la ville de Lyon, après Alger et Sétif. Mais on devrait retenir qu’il s’agit d’une initiative d’associations et de compagnies culturelles libres orientées vers une approche moderne de la conception du projet artistique en Algérie basée sur le partenariat et la libre action. C’est l’artiste lui-même qui se charge du montage du spectacle dans tous ses aspects, tout en ayant évidemment recours au concours financier représenté par les opérateurs du secteur de l’économie de la région. Une formule qui cède, certes, le pas à une vision dépassée de la gestion de la culture basée sur la centralisation de la décision autour de la tutelle, mais qui devrait œuvrer dans le sens de l’implication du monde de la production économique dans le projet culturel. C’est la conjoncture culturelle actuelle qui a avantagé l’émergence de la nouvelle option orientée vers la promotion du marché de l’art. Le rôle de la tutelle dans la gestion du fait culturel étant soumis au conjoncturel et aux actions ponctuelles des fêtes nationales. Et c’est la politique de la mise en valeur des compétences locales par le biais des semaines culturelles et des échanges entre les wilayas qui est sacrifiée. Ni le comité des fêtes communal ni la direction de la culture ne prennent en charge aujourd’hui les échanges interwilayas. Ce sont les arguments financiers et la rentabilité de ces manifestations qui sont citées en exemple.

L’orientation moderne de la propagation du fait culturel par les professionnels semble susciter l’adhésion de l’administration qui se retrouve déchargée de fait de la contrainte de l’organisation du spectacle et de son financement. Son apport dans la contribution à la réussite de l’initiative libre grâce à la disponibilité des salles mérite cependant d’être signalé. Pour le cas de Sétif, c’est la maison de la Culture, le théâtre municipal et la salle d’exposition du parc d’attractions qui favorisent l’engagement des initiatives en faveur du libre concours pour la promotion de la culture. Une option qui figure sans nul doute dans le carnet de bord du ministère de la Culture dans le domaine de la vulgarisation de l’expression culturelle et artistique.

A Sétif, le dernier exemple en date est représenté par le Salon d’exposition des arts plastiques, une manifestation unique dans la région, qui a eu le mérite de regrouper les professionnels de la sculpture et de la peinture du territoire national.

Le rassemblement, en raison de son ampleur, a certes suscité la satisfaction des organisateurs mais il a aussi permis la rencontre des artistes de différentes régions et leur participation à un salon d’envergure, selon leurs témoignages. Du côté du public, le contact avec les exposants a permis d’instaurer des rapports pédagogiques enrichissants qui plaident en faveurde la continuité de l’initiative, celle de l’action culturelle de proximité prospère.

A. Benyelles, La Tribune


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2 commentaire(s) publié(s)
leila :
le slam n’est pas une danse d’expression mais une forme d’expression orale qui consiste a caricaturer les choses de la vie en utilisant la rime et qui se rapproche plus ou moins de la poesie orale
Commentaire n°4720 :
car ? c’EST LA BETON CULTUREL DANS LES TETES ....

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