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3e édition du festival de Djemila : Le public a brillé par son absence

jeudi 9 août 2007, écrit par : Nabil Lalmi, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

La septième soirée animée par le jeune chanteur vedette libanais Rami Ayache n’a pas drainé grand monde. La place, au pied de l’arc de Caracalla, était presque vide. Seuls quelques spectateurs « éparpillés » occupaient les lieux.

Les services de sécurité, gendarmes et vigiles privés étaient les plus nombreux. Même à l’extérieur, les habitants de Djemila ne semblent pas intéressés par cette soirée. Malgré cela, les fans du chanteur lui ont réservé un véritable triomphe. La prestation de l’artiste, chanteur de charme, était parfaite. La soirée n’a débuté qu’à 23h. Le public qui a parcouru des kilomètres a poireauté deux heures durant et n’a eu droit à aucun autre divertissement, sauf à un ballet des organisateurs et de vigiles plus nombreux que les spectateurs. Faute d’une campagne publicitaire à la hauteur de l’événement pourtant parrainé par le président de la République, la manifestation se déroule sans même la présence des gens de la cité ne pouvant se permettre en ces temps difficiles économiquement un ticket à 500 DA. Notons que les premières places et la collation sont réservées aux potes, aux familles et amis des organisateurs. Soulignons l’absence remarquée des principaux organisateurs (la commissaire et le N°1 de l’ONCI). Ces forfaits portent un autre coup de massue à une manifestation pour laquelle les pouvoirs publics ont mis le paquet. La présence de certains chantres de la chanson arabe en est la parfaite illustration. Au vu du déroulement des événements une question nous taraude : veut-on casser Djemila qui prend de l’essor après uniquement deux éditions ? Passant, durant une heure et demie et à travers ses tubes connus et inédits.

Rami Ayache a fait danser ses admirateurs qui hurlaient de joie. Beaucoup sont venus de très loin et ignoraient totalement la tenue de ce festival. Yasmina, une enseignante et artiste tunisienne de passage à Sétif, n’arrive pas à exprimer son bonheur si ce n’est par la danse. « Je suis en vacances à Sétif et j’ai entendu par hasard parler de ce Festival de Djemila, aucun signe indicateur de sa tenue n’est visible », dit-elle. « L’Algérie a plus de capacités que la Tunisie, plus de sites qui se prêtent à ce genre de manifestations qui peuvent servir de lien entre les peuples arabes, mais c’est apparemment très mal exploité. Le raï est très apprécié en Tunisie, comme partout ailleurs », ajoute-t-elle. Deux jeunes Syriens rencontrés sur les lieux s’interrogent aussi sur le manque d’organisation de ce festival de portée internationale : « L’espace destiné à ce festival est magnifique, seulement rien n’a filtré sur son déroulement. Le prix du billet fixé à 500 dinars est excessif. Chez nous en Syrie, l’entrée est gratuite à n’importe quel festival et on vous assure aussi le transport. Ici, on est agressé carrément par les agents de sécurité, on a même failli ne pas entrer. Mais nous éprouvons quand même une joie immense d’assister à cette fête. » Beaucoup de jeunes filles suivent le tour de chant debout, elles dansent et lancent des appels de détresse au chanteur. Elles semblent bien se défouler. « Il est beau comme un dieu et il chante de manière sublime, je l’adore », s’extasie une jeune adolescente qui restera debout durant tout le spectacle. Il chante et enchante ces femmes qui ne semblent pas très frustrées, au contraire. Un monsieur âgé marmonne : « Les choses ont bien changé, regardez ces filles qui dansent sans aucune retenue.

C’est étonnant ! » Les femmes algériennes sont de très bonnes danseuses et elles le prouvent. D’ailleurs, les équipes de télévision ne choisissent que les belles danseuses pour les interviewer. Les vigiles, eux, pour montrer leur humanité se battent pour une photo avec chacun des artistes de passage.

Nabil Lalmi, El Watan


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9 commentaire(s) publié(s)
Tafet19 :
6 août 2007, par sniper Salam. Combien coûte tout ça ? C’est dans ce type de manifestations qu’il y a le plus de détournements d’argent, car il n’y a aucune échelle de prix à respecter. Quand on voit les dizaines de milliards qui ont été détournées par de hauts responsables du ministère de la culture (contrats fictifs, surfacturations...) lors des festivités de Alger capitale du monde arabe, ça donne à réfléchir. Attention H’DJAR EN DANGER Sniper vous etes toujours la pour tirer sur tout ce qui bouge mais cette fois ci,vous avez raté votre cible .Le vrai enjeux ,j’éstime, n’est pas en soit le festival lui même.Cela se produit partout dans le monde mais......a-t-on pensé aux pauvres H’djar comme les surnomment d’autres ?Le vrai probleme est la.La preservation du magnifique site de Djemila est très delicat en temps normal.Qu’en est il quand se deversent des hordes de malveillants ou d’ininitiés(se ne sont que des rochets disent-ils)Est ce que quelques gendarmes animés de bonnes volontés suffisent-ils à (...)
TAHAR DE MAOKLANE :
saccage d’un site historique, les meilleurs places et coktails pour les V.I.P (qui ne paieront rien), prix des places exhorbitant pour les zaouali. Je suis enchanté que ce festival soit un BIDE RETENTISSANT et j’espère que ce sera le dernier .
Hamid :
Moi je trouve que le prix est abordable. 500 DA est la bonne somme pour passer une soirée avec des chanteurs venus des différents coins du monde. Un chanteur ca coute cher ! L’organisation aussi ! La sécurité ... ce sont des frais ! J’espere au moins que ce prix n’augmentera pour les années à venir. Je suis les infos sur ce site et je trouve que la presse n’a parlé de cela qu’un jour ou deux jours avant le lancement du festival. Chers respensables, avant d’organiser un tel festival, faites passer l’information à deux mois d’avance comme ça les familles qui se trouvent en France peuvent organiser les vacances et planifier pour ce festival. Je suis certain qu’il y a des touristes d’etranger qui ne sont pas au courant ! Un algerien
Commentaire n°4913 :
A SETIF ET SA REGION ; MEME SI LES PLACES SONT DONNES GRATUITEMENT , PERSONNE N’IRA A CE GENRE DE MANIFESTATIONS . PAR CONTRE AU SOUK DE VENDREDI TOUT SETIF BOUGE . ENSUITE L’APRRES MIDI PAS DE PLACE DANS LES MOSQUEES . ET LE VOL. . L’ARNAQUE , LE PROSTITUTION ETC ; ETC . ETC . SE MULTIPLIE CHAQUE JOUR .... QUELS CONTRASTESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
KAMAL :
le probleme est tres simple en algerie rien ne marche tout est baclée il n’y a pas de professionel pour s’occuper de chose et d’autre n’importe qui fait n’importe quoi et les gens qui sont capable se retire comme toujour,pour la plupart des algeriens tout a l’air simple et il se trompe toujour,maheureusement.ARRETER DE TOUT BACLEES.
mahmoud :
Bonjour, Je n’ai rien contre un concert de musique.Mais dans un lieu historique c’est inadmissble. Un peu de jugeotte les organisateurs,halte au massacre de notre patrimoine.
Le miroire :
Sans vouloir minimiser la valeur de ce festival, mais qui vous a dit que le peuple algérien en général et la population sétifienne en particulier ont besoin de chanter et de danser (je pense que c’est haram en islam, n’est ce pas ?). Vous vous trompez de peuple. Mediter = sagesse
toufikamar :
c’est bien d’organiser des manifastations culturelles, mais arreter de gaspiller et voler l’argent du peuple qui meurt de fain et qui se nourrit des poubelles c’est la honte pour un pays comme l’ALGERIE.Ilfaut pas montir au peuple en utilisant un slogant sous le haut patronage de son excelence monsieur le president de la répubique il en a marre de votre monsonges.
tafet19 :
Ouf,le site de djmila devrait pouvoir être soulagé dès demain après avoir été envahie et terrorisé pendant plus de treize jours. Le succès de l’année passée n’a été en fait qu’une réponse de solidarité du peuple algerien au peuple libanais en lutte contre l’envahisseur étranger. Pour le reste,on nourrit l’ésprit comme on nourrit le corps n’en déplaise à certains pour l’organisation du festival lui même.C’est le fait de se produire dans l’enceinte du site qui dérange quand nous mesurerons le degrès de notre civisme à respecter et à proteger notre patrimoine milenaire qui ferait des jaloux ailleurs. Au concervateur des lieux, je vous est vu pleurer de douleur devant votre impuissace à proteger vote site. Gageons que c’est la dernière fois que sela se produit à l’interieur des vestiges Les pouvoirs publics devraient des à present mediter pour la realisation d’un forum de plein air dans les alentours pour le maintien et la poursuite du festival avec comme prime un droit de visites guidées des lieux pour chaque (...)

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