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Ils ont disparu il y a quelques années : Aba et Belamri, d’illustres oubliés

dimanche 21 septembre 2008, écrit par : Kamel Beniaiche, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

a remémoration n’est toujours pas une culture à Sétif où l’on continue encore à mettre une croix sur la célébration de la mémoire d’un fils ayant pourtant hissé haut l’étendard de la région et du pays hors des frontières nationales.

Ainsi, le douzième anniversaire de la mort de Noureddine Aba, parti le 19 septembre 1996 n’a pas été célébré, par les gestionnaires de l’acte culturel, adeptes du tam-tam. Les mémoires courtes n’ont une nouvelle fois pas jugé utile de faire une rétrospective sur la vie et l’oeuvre de cet écrivain, poète, conteur et dramaturge de renommée internationale. Né le 16 novembre 1921 Sétif, il fait ses études primaires et secondaires au lycée Mohamed Kerouani (ex-Albertini) en même temps que Kateb Yacine, dont il fut l’un des compagnons jusqu’au décès de l’auteur de Nedjma. A sa sortie du lycée, le baccalauréat en poche, il rejoint la faculté d’Alger où il obtient une licence en droit qu’il abandonne un an après pour le journalisme dont il fera son métier.

Il assistera en tant que tel au procès de Nuremberg de 1945 où furent jugés des nazis. Cette expérience l’a sans nul doute inspiré à écrire Le dernier jour d’un Nazi. L’auteur de plus de 20 oeuvres littéraires et d’innombrables écrits, était membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, du Haut conseil de la francophonie et de l’Académie universelle des cultures. Aba, qui a servi la révolution, a par de nombreux travaux épousé la cause palestinienne. L’auteur de C’était hier Sabra et Chatila, et autres L’aube à Jérusalem, a obtenu diverses distinctions et prix, décernés par des institutions internationales de référence.

N’étant pas prophète en son pays, Aba, qui ne demande rien à titre posthume, interpelle à travers cet écrit, les consciences pour que ces oeuvres soient connues par ces concitoyens Le moins qu’on puisse rendre à sa mémoire, c’est de baptiser une faculté, un auditorium, un lycée, au nom de cette sommité. Ce constat est valable pour le défunt Rabah Belamri ayant tiré sa révérence ce même mois fatidique, soit le 26 septembre 1995. L’enfant de Bougaâ, où il est naît le 11 octobre 1946, fait aussi l’objet de « l’oubli ». Ce conteur émérite a beaucoup écrit sur la femme, les enfants, la culture populaire. Les oeuvres de cet écrivain sont méconnues, d’autant que les manuels scolaires n’en font aucune référence.

Auteur de L’olivier boit son ombre, Contes de l’Est algérien, L’oiseau du grenadier, L’âne de Djeha, Le soleil sous le tamis, Regard blessé et bien d’autres ebncore, Rabah Belamri doit à l’instar de Aba, Benzine, Hacène Belkhired, Said Zallagui, et d’autres intellectuels, faire l’objet de colloques, séminaires, ou au moins une cérémonie de recueillement sur la tombe de ces morts-vivants, dont les écrits , suscitent encore et toujours la curiosité d’étudiants et d’ hommes de lettres d’outre-mer…


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9 commentaire(s) publié(s)
Commentaire n°17499 :
nos gestionnaires ont d’autres chats à fouetter que se préoccuper de la mémoire culturelle de notre région mais heureusement que les journalistes sont là pour faire rappeler le peuple alors MERCI
tafet19 :
Merci de le rappeler Monsieur Beniaiche pour Rabah Belamri mais pour ceux qui seraient interressés par la question,à l’initiative de quelques amis ici et à l’étranger ,un grand evenement est en preparation à la Bibliotheque Nationale du Hamma à Alger(un espace pour nons voyants y portera prochainement son nom ) pour rendre hommage à ce grand narrateur,essayiste,romancier,penseur enfin un grand homme de culture disparu prematuremment.Pour cette première manifestation nous avons choisi Alger pour lui conferer un caractère national.Nous prevoyons le transfert du collogue à Setif l’année suivante . Pour Nouredine Aba,cette omission est impardonnable.Tous les hommes de culture sont interpelés sur l’ensemble du territoire pour rendre justice à ce grand homme.Aba et Belamri n’ont pas à le justicier.Leur immence talent et gigantesques oeuvres sont la presents pour le prouver.Tous autant qu’ils sont ,ils ne devraient plus avoir ce regard (...)
Citoyenne :
Une pensée affectueuse et pleine d’émotion pour Rabah Belamri. J’ai eu la chance de lire il y a quelques années Le soleil sous le tamis que j’ai toujours en mémoire. La description talentueusement précise de son univers familial et son enfance à Bougaa est tellement simillaire à mon vécu à El Eulma ma ville natale où j’ai grandi. Nous sommes du même âge. Je pense que toutes les personnes de la région sétifienne et de ma génération se sont retrouvées dans ce magnifique témoignage d’une certaine période et d’un certain mode de vie. Il serait très intéressant de voir paraître ses écrits dans les manuels scolaires afin de mieux faire connaître notre passé si intéressant à notre descendance.
Rayan :
Pourquoi pas des noms de rues ou une place portant le nom de nos écrivains et poétes,à quand l’APC de Sétif prendra une initiative de ce genre.N’oublions pas aussi Kateb yacine,Rachid mimouni etc...
Commentaire n°17516 :
Fakidou chaii la youtih (Celui qui est depourvu de quelque chose ne peut le donner). Comment des responsables incultes peuvent-ils se rappeler des hommes de culture et les honorer ? La mediocrite gouverne ce pays.
SAM ABDELMALEK :
Grand merci pour nous avoir rafraichis nos petites cervelles,qui ont tendance à oublier des personnages illustres.
lazhar :
Pourquoi parler de ABA ou de BELAMRI Rabah ? tout simplement parce qu’ils ne nous ont jamais oublier. Am’Rabah ; Enfant je ne pouvais pas comprendre ce doux sourire toujours dessinait sur ses lèvres et ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai découvert sont secret. En fait, c’était tout simplement la paix d’esprit d’avoir et le plus souvent dans la peine accomplit son devoir. Le devoir du gardien du temple de la mémoire. Lui, Am’Rabah voyait autrement que nous. Plus loin encore. Il a rencontré depuis très longtemps cette force invisible qui nous pousse à dire, à crier. Nous fait mal par moments, mais la plus part du temps nous soulage de nos maux. Un besoin urgent de s’exprimer, de dire. Ce qui reviendrait à dire qu’avec un livre de Am’Rabah entre les mains on déguste une lecture de plaisir incontournable et une rencontre intime avec la société Bougaienne de Sétif et même la mémoire de l’Algérie toute entière. Qui a dit que la l’Algérie a perdue sa fertilité ? Merci du fon du cœur Mr Kamel Beniaiche (...)
zakad :
Bravo pour avoir publié l’article de commémoration concernant les écrivains Noureddine Aba et Rabah Bélamri - Pour information,il sera organisé dans un mois à la Bibliothéque Nationale d’Alger, une journée commémorative consacrée à Rabah Bélamri et début 2009 une journée pour Noureddine Aba - Je vous adresserai le programme concernant Bélamri. Parmi les intervenants nous inviterons, Mr Koroghli, Mme Belamri, son frére Tahar ainsi que ceux qui l’ont connu. Signé Abderrahmane Zakad
HACHI SAid :
C’est ainsi que s’éteignent les grandes grosses flammes en Algérie . Cependant , ABA restera dans la mémoire de ceux qui l’ont connu , à travers ses oeuvres, un modéle d’intellectuel rare .

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