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Rabah BELAMRI ou le" Regard Blessé"

jeudi 5 mars 2009, écrit par : A Nedjar ,Setif Info, mis en ligne par : Boutebna N.

Rabah Belamri, écrivain de renom, poète, essayiste, romancier, penseur,était un grand témoin de son temps.

Rabah Belamri, auteur, au destin tragique est né le 11 Octobre 1946 à Bougaâ dans la wilaya de Sétif. Doué d’une grande sensibilité, il ne voyait plus qu’avec son cœur car il perdit la vue à l’âge de 16 ans. Il est décédé le 28 septembre en 1995 à Paris à la suite d’une délicate opération du cœur .Il repose au carré des poètes du cimetière de Montparnasse dans cette ville qui l’acceuillie

Il fréquenta d’abord l’école coranique puis l’école primaire dans son village natal qui s’appelait Lafayette avant de poursuivre ses études secondaires au lycée Eugène Albertini de Sétif, Mohamed Kerouani aujourd’hui.

La perte de sa vue ne le découragea pas pour autant .Il poursuivit avec acharnement ses études à l’école des jeunes aveugles d’El Biar avant d’entamer de brillantes études supérieures à l’université d’Alger et à l’École Normale des Instituteurs de Bouzaréah.

Son passage à Paris en 1972 lui permis de soutenir son doctorat sur l’œuvre de Luis Bertrand :Miroir de l’idéologie coloniale qui fut publié par l’Office des Publications Universitaires en 1980.

Il fut également inspiré et touché par l’œuvre du poète algérien Jean Senac dont il consacra un essai qu’il considérait comme étant son œuvre majeure.

Infatigable et insatiable inquisiteur sur les questions de son temps, sa disparition prématurée à l’instar du grand Rachid Mimouni ou de l’immortel Tahar Djaout, Il nous légua une œuvre inachevée.

Comme ses prédécesseurs ,Da Mouloud Mammeri au destin tragique ou Kateb Yacine le rebelle, malgré son immense talent d’écrivain ,de ses gloires à l’étranger ,Rabah Belamri qui est récipiendaire de multiples distinctions honorifiques et distinctives pour ses œuvres reste malheureusement méconnu ou plutôt non reconnu dans son pays.
15 ans depuis sa disparition, ses paires et les autorités culturelles ne lui ont à ce jour accordés aucune journée commémorative.

Cependant, les grands ne meurent jamais. Lorsque je relis des passages de son livre « Soleil sous le tamis » je ne perçois plus guère ce « Regard blessé » ou ce « Chemin de brulure », je revoie que ce large sourire de Rabah qui appelle à l’amour et à la générosité des ces talents perdusune « Rose rouge »dans sa main ou-Les grains de la douleurs" ne font plus partie que du souvenir.

Bibliographie

* L’Œuvre de Louis Bertrand, miroir de l’idéologie colonialiste, Office des Publications Universitaires, Alger, 1980.

* Les Graines de la douleur, contes populaires algériens, Publisud,
Paris, 1982,

*La Rose rouge, contes populaires algériens, Publisud, Paris, 1982.

*Le Soleil sous le tamis, récit d’enfance autobiographique, Publisud, Paris, 1982,

*Chemin de brûlure, poèmes, Éditions de l’Orycte, Paris, 1983.

* L’Oiseau du grenadier, contes algériens, proverbes et souvenirs
d’enfance, Flammarion, Paris, 1986.

* Le Galet et l’hirondelle, poèmes, l’Harmattan, Paris, 1985,

* Proverbes et dictons algériens, L’Harmattan, Paris, 1986.

* Regard blessé, roman autobiographique, Gallimard, Paris, 1987, Prix France-Culture 1987.

* Jean Sénac : entre désir et douleur, essai, Office des Publications Universitaires, Alger, 1989.

* L’Olivier boit son ombre, poèmes, Edisud, Aix-en-Provence, 1989,

* L’Asile de pierre, roman, Gallimard, Paris, 1989,
* L’Ane de Djeha, L’Harmattan, Paris, 1991.

* Femmes sans visage, roman, Gallimard, Paris, 1992 (Prix Kateb Yacine),

* Pierres d’équilibre, poèmes, Le Dé bleu, 1993.

* Mémoire en archipel, recueil de récits, Gallimard, Paris, 1994,

* Chronique du temps de l’innocence, Gallimard, Paris, 1996.

* Corps seul, poèmes, Gallimard, Paris, 1998.

Sur Rabah Belamri

* Les Mots migrateurs, Une anthologie poétique algérienne, présentée par Tahar Djaout, Office des Publications Universitaires, Alger, 1984.

* Jean Déjeux, Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Paris, Editions Karthala,

* Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990


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8 commentaire(s) publié(s)
Bougaa :
Il repose au cimetière de Montparnasse,au carré des poètes.Je voudrais savoir pourquoi on lui a choisi d’ètre enterré en ce lieu et pas ailleurs,à Bougaa,sa terre natale,parmi les siens.

Réponse de l’auteur de l’article :

C’est un hommage qui lui a été certainement refusé par les siens(pas sa famille),comme pour le grand Dib.quand on décède se ne sont pas toujours ses volontés qui priment lorsqu’il a beaucoup d’avis.Mourir à Paris et être enterré dans le carré des poètes est une ultime reconnaissance que beaucoup n’osent espérer.C’est l’anti-chambre posthume de l’académie des artistes et académiciens.1995 !C’était en plus du temps des difficultés des visas et des avions qui n’atterrissaient qu’à Lyon. Mais rien n’empêchera certainement de procéder au transfert si quelques bonnes âmes viendraient à prendre en charge ce problème.Belamri dont les écrits restent un patrimoine national n’a pas bénéficié des attentions voulues.Les morts ne se plaignent jamais M Bougaa et nous comprenons bien votre préoccupation.J’étais présent lors des obsèques.Les autorités diplomatiques et consulaires étaient affichées aux abonnés (...)

Réponse de Bougaa :

M Nedjar,pourquoi ne pas faire intervenir l’association des anciens du lycée Md.Kérouani pour demander à Madame Khalida Toumi le Ministre de la culture de faire rapatrier le corps de Rabah Belamri à Bougaa.
ghani :
c est tout ce que tu as pu retenir de l article .parfois il faut apprendre a regardersans les yeux,comme notre defunt qui avait perdu la vue .quelle petitesse d esprit.ne dit on pas que nulle ame ne ssit ou elle va s eteindre.ou se situe ton probleme

Réponse :

Soyez poli Mr Ghani,ne vous empressez pas de proférer gratuitement n’importe quoi et ne croyez pas ètre hors de porté devant votre micro.
Omar El Mokhtar :
Merci pour ce travail de mémoire. C’est certainement pour l’avoir négligé que notre pays a du mal à s’inscrire dans une perspective d’avenir. Il est grand temps d’organiser une rencontre annuelle à la dimension de l’Homme au regard blessé. Il s’agit d’abord de faire connaitre son œuvre malheureusement peu connue dans son propre pays, surtout par les jeunes.
B Belami :
merci monsieur Nedjar pour le tableau que vous avez brosser de Rabah et qui sera sans aucun doute très bénéfique pour nos concitoyens qui connaissent peux ou pas du tout Rabah par la faute des mémoires courtes comme l’a dit Beniaiche dans un article d’el watane publier à l’occasion de l’anniversaire du décès de N Aba et de R Belamri .
zakad :
C’est avec satisfaction que je découvre cet article de Mr. Nedjar concernant l’écrivain Rabah Belamri, mais c’est aussi avec une peine ressentie fortement que cet honmme au grand coeur , écrivain de Bougaa , soit omis, tu et absent sur les étals des librairies. Qu’attendent les éditeurs pour le réediter ? Cet auteur dont le dernier Prix Nobel, Leclésio, a présenté chaleureusement dans Le Monde du 13 Octobre 1995, ne mérite-t-il pas que les écrivains algériens le découvrent et en parlent , que le lectorat le lise et que le pays le reconnaisse comme un des siens - Amine Zaoui a tenté d’organiser une manifestation en son honneur à la B.N,(j’en témoigne) mais non réalisée pour cause de fin de mission. Ses anciens camarades de lycées et d’universités projètent d’organiser une journée de pensée et de reconnaissance à cet auteur qui a démontré que la vie ne s’arrête pas quand la vue s’arrête. Personnellement et avec moi Mohammed Chérif Ghebalou et d’autres anciens de l’université d’Alger, nous avons perdu un ami mais (...)

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