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IKĞAN, les FATIMIDES ou la destinée du Maghreb central

mercredi 1er avril 2009, écrit par : A. Nedjar, Sétif Info, mis en ligne par : Boutebna N.

KĞAN ou IKJAN, est cet endroit illustre, chargé d’histoire, peu commun et peu connu. Allons à sa découverte

Parler IKJAN ne pourrait se concevoir sans l’évocation et l’association d’une certaine épopée Ifrikienne des FATIMIDES. Sans vouloir prétendre à la réécrire ou de disserter sur la genèse ou l’avènement de ce mouvement Ismaïlien et à l’accession du Mahdi à l’imamat ,nous nous bornerons d’en évoquer juste la situation géographique de ce que fut IKJAN ou ce refuge d’ Abu Abd Allah ,ce Da’ï ou missionnaire, originaire de Küfa ,berceau originel du chiîsme.

Le choix fut porté sur le Da’ï Abu Abd Allah. Il répondit à la nécessité d’aller au Maghreb, « une terre en friche, qu’il faut labourer, retourner, la travailler jusqu’au jour ou viendra l’homme chargé de la semence. Il la trouvera travaillée et y sèmera le grain » sic.

C’est vers en l’an 280 de l’hégire correspondant à l’année 893 de l’ère chrétienne que l’Imam Djaafar Essedik aurait ordonné au Da’ï de partir au Maghreb pour propager les notions de la « science exotérique* » des Imams par l’enseignement de la doctrine chiite ainsi que les actes initiatiques .De faire adhérer les populations pour faire connaître leurs vertus, en lui ordonnant aussi d’aller bien au delà des limites des territoires berbères.

IKJAN est ce endroit peu commun situé en territoire Kotama dans la tribut des Djimla qui englobe tout le massif des Babors, jusqu’aux portes de Bejaia à l’ouest ,Collo à l’est et au sud de Sétif où , sous l’influence du Da’ï qui propagea son influence ,se créa et se forma cette redoutable soldatesque constituée de ces farouches montagnards Kotama ou ces terrifiants guerriers et cavaliers qui constituèrent l’essentiel des gardes prétoriennes des bataillons et des formations de combat qui créèrent le Royaume Fatimide du Maghreb et accompagnèrent au terme de son séjour l’héritier d’Al Mansour ; Al Mu’izz Li-Din Allah ou dernier Khalife des fatimides du Maghreb, parti vers son nouveau destin pour retrouver les origines de sa dynastie .Cette dernière expédition qui s’était établie d’abord en bord du Nil,est à l’origine de la création d’El Ğahira , le Caire aujourd’hui où , à l’origine, fut édifiée la grande mosquée d’El Azhar comme centre de rayonnement et de propagande chiite sur l’Egypte.

Convenons que ce succès a été obtenu grâce notamment par la participation des troupes des tributs Kotama.

Nous pouvons donc affirmer sans vergogne que nos ancêtres combattants sont à l’origine de la création du Caire.

Bouloughin accompagna Al Mouiz jusqu’à Gabès et pris congé de son suzerain pas très loin, au seuil des vastes contrées désertiques du Fezzan et de la Tripolitaine. C’était en l’an 361 de l’hégire,972 de l’ère chrétienne.

Ainsi pris fin l’épopée Ifrikienne des fatimides.

Et c e ne fut pas par hasard que le Da’ï Abu Abd Allah choisit de s’installer à IKJAN. C’est au détour d’une rencontre (arrangée) avec des pèlerins Kotama convertis au chiisme auprès desquels il s’informa parfaitement de la situation géo- politique, militaire, sociale etc., qu’il résolu, en relation avec ses chefs, de partir et de s’installer à IKJAN pour constituer une espèce de tête de pont en préparation de la future conquête du Maghreb central par les Fatimides.

Ainsi donc, cette petite bourgade ou ce lieu dit ,inconnu du commun ,se situant à l‘orée de l’actuelle ville de Beni Aziz dans la wilaya de Sétif ,sur les contreforts des monts des Babors, joua un rôle prépondérant dans la préparation et le développement de la puissance du royaume Fatimide au Maghreb où l’état atteignit un sens aigu d’organisation et de magnificence .Ses redoutables contingents de soldas étaient constitués pour l’essentiel de Kotama ,issus des tribus montagnardes,originaires de cette région de la petite Kabylie .

Ayant atteint le sommet de l’art de la guerre, on raconte qu’en des nombreuses batailles, les troupes de l’ennemis désertaient et fuyaient rien qu’à l’annonce de l’arrivée des contingents Kotama .Ils ne se mesuraient même pas à eux. Les Kotama avaient cette terrible réputation dans leur supériorité guerrière de ne jamais faire de quartier, Ils tuaient, tuaient, ils ne constituaient jamais des prisonniers ou de captifs. Ils étaient pour dire rémunérés en fonction du nombre d’oreilles rapportées sur les cadavres ennemis !

D’IKJAN qu’on peut visiter, il ne reste plus que quelques traces que les autochtones pourraient vous indiquer.

Pour les amateurs de la question, nous conseillons la lecture de l’ouvrage de Farhat Dachraoui : Califat Fatimide au Maghreb 296-362/909-973. Histoire politique et institutions.

Thèse principale de doctorat d’état présentée à la Sorbonne en 1970.Elle a valu à son auteur 12 ans de travaux et éditée à Tunis par la société SDT en 1980.










Cet arbre est âgé de plus de deux siècles d’après les habitants de la localité.


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20 commentaire(s) publié(s)
yazid :
l`Algerie est un pays riche d`evenements historiques dont les reperes et traces doivent etre proteges de l`avancement du beton et de l`indifference,cet arbre bicentenaire si on ne fait pas attention a lui il finira par etre guillotine.
mokh :
un tres grand merci pour vous notre cher amar . tu est formidable avec ce que tu nous donne. c’est ce qui manque (la culture) tu nous rechauffe le moral.tu honores tes amis.
khobziste :
Merci pour ce petit apperçu sur l’histoire méconnue de l’ère fatimide en Algérie. NB. Je crois que la tribue s’écrit avec un e à la fin et non un t , excusez moi pour cette remarque déplacée.

Réponse de EL-MEREG :

@Khobziste:Mr votre remarque sur la graphie correcte du mot -tribu- est vraiment déplacée et je me permets de porter la précision suivante : -la tribu- qui veut dire groupement de familles,s’écrit sans -e- par contre -le tribut- qui veut dire contribution matérielle ou morale,s’écrit avec un-t-:exemple,les Algériens ont payé un lourd tribut à la libération du pays. Le français n’étant pas notre langue maternelle -il nous est permis de lui tordre le cou de temps en temps-.(cette citation est d’un internaute de ce cite mème,et que je trouve amusante pour la reprendre à point nommé)Salut !
Commentaire n°26270 :
merçi pour l artikle faites nous un lien pour k on puissent partager ces artikles interessant ac nos amies et ammis sur differents sites....ac abu abd allah il ya y avait joher essikelliy dont une bourgade proche de ikjan porte le nom ain -johra c etait un mercenaire sisilien aux yeux verts qui kommandait l armee des kotamas.encore une fois merçi
salah :
Je vous remercie Mr Nedjar pour les sujets que vous traitez dans setifinfo, je lis regulierement setifinfo etant donne que je vis à l’etranger. Aussi pour les fautes d’orthographe, il y a parfois des claviers autres que ce de la langue française, il faut que les lecteurs comprennent ça... bon courage setifinfo
EL-MEREG :
Mr Nedjar,je rejoins l’ avis des lecteurs de votre article-reportage et vous félicite pour l’effort de recherche que vous avez consenti pour nous faire connaitre la région des Beni-azziz ,origine des premiers Fatimides. Mais je vous demande de bien vouloir éclairer ma lanterne au sujet de la façon de combattre de ces Kotama qui je présume étaient des guerriers musulmans.Vous dites ils tuaient,il tuaient et ne constituaient jamais de prisonniers ou de captifs...et ils étaient payés en fonction du nombre d’oreilles qu’ils prélèveraient sur les cadavres ennemis.Est-ce vrai, d’après vous, que mutiler les cadavres était une pratique guerrière des musulmans Fatimides ?Je crois que vous avez transcrit textuelement ce que vous avez rapporté d’un ouvrage qui est pour moi bien douteux quant à ces objectifs (...)

Réponse de A Nedjar :

les faits sont rapportés tel que cités dans la thèse de recherche qui, elle même fait référence à des écrits plus anciens.Le commandement des troupes était assuré par ce général de corps d’armée qu’était Joher Essikilli dont la la réputation de cruauté ,de fidélité et d’obéissance au calife étaient établies.Il était pour ainsi dire un mercenaire au service de son maitre.Il eut la suprême charge d’aller préparer l’arrivée du calife dans ce qui est devenu le Caire .Pour le reste ,c’est peut être une légende ou une ruse de guerre pour amoindrir le moral des troupes ennemies ou les terroriser avant les attaques.La guerre reste aussi une action psychologique permanente même de nos jours. L’épopée en elle même est très vaste et les 580 pages de l’ouvrage ne sont pas suffisantes pour en évoquer ou toucher tous les aspects.Le propos était de situer uniquement IKJAN.il est connu par de nombreux lecteurs maintenant.Les réponses aux questionnement sont à aller chercher sur place peut être.Le débat est ouvert .Dans (...)

Réponse de Mehdi Chirazi :

Je saurai gré à cette personne de m’indiquer clairement la page et la ligne dans l’ouvrage cité où il est quelque part question de la cruauté de Djoher. Quant à la prétendue ruse de guerre des Kotamas ,permettez mais il s’agit là uniquement d’une illusoire correction d’une trajectoire biaisée. Comme on le dit chez nous-Roba oudhrin akbahou min dhenbine- L’Histoire est l’histoire et elle n’admet pas de -talaoubetes-factices sous le couvert d’une pseudo érudition ;dans la réalité réduite à une compulsion anarchique d’un ouvrage respectable.

Réponse de A Nedjar :

Ah ! Mahdi Chirazi,Chiraze !ça se trouve où ?ça renseigne bien sur les origines et vous ne voulez pas admettre la cruauté des chiites.Vous n’ignorez pas non plus que c’est Obeid Allah le mahdi ,premier calife fatimide en Ifrikia préparé et fait par le Da’ï Abu Abd allah qui se retourna contre lui pour l’exécuter après qu’il ait lutté longuement pour lui et battu les Aghlabites pour aller chercher son maitre à Siglmassa ,au Tafilelte au Maroc ou il se terrait.Victime avec son frère de cette suprême trahison ,il a été traîtreusement exécutée avec son frère alors qu’il (le Da’ï )en avait fait de lui un calife et un Émir El Moueminine(commandeur des croyants)je pourrais vous citer un tas d’autres ’exemples ou c’est le sang et la violence qui ont prédominés et ont créés cette dynastie avec le concours des non moins violents Kotama qui le payèrent cher à la fin.La doctrine Chiite qui prône la justice et l’égalité entre autre s’est révélée en dernier un leurre,une ruse.Encore une autre où joher ne fut qu’un (...)

Réponse de Mehdi Chirazi :

Je réclamais, et c’est absolument mon droit de lecteur,des preuves formelles ,sans fausse aménité ni agressivité d’aucune sorte.Je défends ici la quintessence de ce qui fait un arbitrage d’objectivité devant des faits qui relèvent de la manifestation d’une pusillanimité epistolaire à tout le moins blâmable. Je ne m’interesse pas du tout à ce que vous êtes ou à ce que vous pourriez être,mon cher Mr Nedjar car,ayant bien lu les restrictions de l’administrateur,je m’interdis de focaliser ma contribution sur des données personnelles. Je vous reconnais cependant,Mr Nedjar le fair play qui consiste à faire paraître les critiques de votre article journalistique même si elles ne vont pas dans le droit fil de ce qui pourrait vous paraître agréable. Ceci dit,souffrez que les gens aient des divergences avec vous et recommandez-vous plus de tolérante tolérance. Quant au chiisme et aux chiites ,ils sont assez grands et nombreux pour se défendre seuls ;ils n’ont besoin de personne,ce me semble (...)

Réponse de a Nedjar :

l’objectivité aurait été pour vous de dire que les FATIMIDES originaires d’un mouvement hérétique ismaelien se focalisèrent sur cette idée d’être les seuls représentants légitimes de dieu ,ici sur terre avec le mahdi Mountadhar.Cette secte a été crée ici en Algérie,a partir de son sanctuaire et citadelle imprenable que fut IKJEN,sous la conduire du Da’ï Abu Abd Allah pour se développer puissamment allant à menacer les Omeyades en Espagne et le califat Abbasside qui y regnaient sur le monde musulman.Sans enlever à Jawhar les grandes qualités de guerrier lui même d’origine slave mais esclave affranchi lit-on, ne réalisa sa stratégie guerrière que grâce à la farouche et redoutable soldatesque KOTONITE qui avait crue !Pour dire que le Maghreb central n’était qu’une plate forme ou rampe lancement de la nouvelle doctrine qui nous était étrangère et qui n’a jamais pu s’implanter durablement chez nous qu’à une certaine période et pour certaines régions sous la force de l’épée(pas pour longtemps).Le dernier (...)
Mehdi Chirazi :
Ayant lu et relu l’ouvrage de F.Hached,je n’ai trouvé nulle trace de ce que l’auteur affirme comme étant une manière de combattre des Koutamas :massacres impitoyables et oreilles coupées. Quant à Djoher Essikili,ce n’était pas un mercenaire ou alors ils l’étaient tous. Autre chose ;le prédicateur en question se nommait Abou Obeid Allah et nonBou Abdallah La période évoquée est très interessante et l’on se demande pourquoi elle n’est pas incluse dans les programmes scolaires d’Histoire.Mystère !

Réponse de un lecteur :

L’auteur du texte parle bien de Farhat Dachraoui et non de F Hached et de Abu Abd Allah et non de Bou Abdallah.
Commentaire n°26383 :
ca sert quoi un paye beau sans touriste un paye riche d histoire sans historiens dommage tres dommage
lahcene el berchi :
avec le temps le mot KOUTMI ( KOUTAMI : membre de la tribu KOUTAMA) dériva pour devenir K’TIME ( قطيم ) .ce mot est utilise dans la région de Sétif pour designer quelqu’un qui est NAÏF . Cela est du au faite que les tribus Koutama se sont fait avoir deux fois. La première : ils ont épousé une doctrine « LE CHIISME » contrairement aux autres tribus du Maghreb qui étaient « SUNITE » et ils n’ont pas pu ou su la préserver. La Deuxième : ils ont œuvré pour un pouvoir qui n’est pas le leur. Autre chose : IKJENE : en amazigh est le pluriel de AKJOUNE et qui voudrait dire « CHIEN » ou « CHIOT » d’où l’expression dans la région de Sétif « BENI KALBOUNE ».

Réponse de Mehdi Chirazi :

Barkakoum ya nass men etraouine entaakoum !
Nacerdine :
Je crois qu le Da’ii s’appelait effectivement Abou Abdillah, mais son Cheikh et Imam Ismaelite qui l’avait envoyé en Ifriquiya s’appelait lui Al Mahdi Oubeid Allah, d’où l’appellation de cette dynastie de Addawla al Oubaydia. En tout cas, ce mouvement ismaelite ne peut etre rattaché à l’imam chiite Jaafar As Sadiq,puisque les Ismaelites ont fait schisme avec le courant général du chiisme imamite de Jaafar As Sadiq. je pourrais apporter plus de précision plus tard. Wa salam.
moussi belkacem :
il ya un exellent ouvrage qui traite des fatimides et d’IKJAN c’est l’histoirede de la tribut KOUTAMA du Dr MOUSSA LAKBAL en langue arabe. c’est à travers ce livre bien documenté que j’ai decouvert notre deuxieme invasion de l’egypte apres celle de CHACHNAK IL YA 3000ANS.moussi.b
Commentaire n°77104 :
Vous croyez que Dieu etait d’accord de tout ces massacres fait par ces sanguinaires en son nom,qu’il soit chiite,sunnite,othoman,banou-hillal ou autre car la liste de ces sauvages sans foie ni loi,au nom de leur croyance ont mis notre pauvre pays tant cherie à feu et à sang et jamais ,ni Dieu ni nos ancetres ne leurs pardonnerons. Ce qui me choque c’est quand des internautes conciderent ces hordes sauvages comme civilisation et que cela doit etres dans les manuels d’ecoliers.Pauvres Algerie.

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