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Sétif ma douleur (Poème)

vendredi 8 mai 2009, écrit par : Kamir, Forum Sétif Iinfo, mis en ligne par : Boutebna N.

Sur toute la planète des scènes de joie et de liesse

Ce printemps au huitième jour du mois de mai

La liberté est acquise à tous à tous désormais

Sans distinction d’origine de race ni de faciès

Pour l’homme ordinaire ou les forces armées


Le cortège s’est ébranlé à la mosquée de la gare

Ils étaient dans les dix mille à fêter l’évènement

Pacifiques désarmés et manifestaient calmement

Quand le jeune Bouzid heureux de porter l’étendard

Tomba à la renverse pour quitter la vie définitivement


Son crime était de brandir un drapeau aux couleurs bizarres

Et qui faisait rappeler la France à ses engagements

Nous étions sur le front avec vous contre les allemands

Ce jour de deuil qui aurait dû être un jour de gloire

Marqua les mémoires comme le jour le plus sanglant


Sétif violée torturée livrée sans défense au massacre

Des forces de l’ordre la milice et les indus citoyens

Venus de partout en renfort et usant de tous les moyens

Ils ont érigé entre les deux une montagne de cadavres

Et les ont séparés à jamais par un océan de sang


Mon dieu ! les jours à venir seront les plus noirs

Un déluge de feu s’est abattu sur toute la région

On a cessé le désastre juste pour sauver la moisson

A Kherata les corps jetés dans le ravin du purgatoire

A Guelma ils seront détruits dans les fours à chaux


Un jeune militaire rentra d’Alsace bardé de médailles

Et pour hauts faits d’armes décoré par ses généraux

Il s’était battu pour la France et a cru en ses idéaux

Il s’était distingué tel un lion dans toutes les batailles

Pour récompense on a tué sa mère et rasé son hameau


Juste après son départ elle n’a cessé d’implorer son dieu

Cette mère qui courrait de train en train et de rail en rail

Pleurant Lakhdar son unique enfant fruit de ses entrailles

Lakhdar disait-elle ma vie ma joie et prunelle de mes yeux

Pris par le pays de l’infidèle pour servir comme du bétail


Ecrivains artistes et poètes c’est vos armes que je préfère

Rendez justice à ma douleur et soyez partout son avocat

Comment donner mon pardon quand on me le demande pas

Picasso tes couleurs resteront pour toujours éphémères

Tant que Sétif n’est pas glorifiée à l’égale de Guernica


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5 commentaire(s) publié(s)
yazid :
Un 10 Mai 1945 a 4h du matin,nouveau ne que je fus et fils d`indigenes,je n`ai pu pousser mon cri premier droit que m`a donne la nature a cause des militaires francais qui patrouillaient et qui eliminent par les armes tout signe de vie.
khalil Hedna :
Bravo kamir, très ravi de te lire
Chaabi :
Bravo Kamir. Très poignant. Merci pour la finesse des mots et la puissance des propos. Percutant dans sa douceur et sa tristesse.
AZZEDINE LE SETIFIEN :
Loin,meme trés loin,vous appelez ça de la poésie,moi je dirai plus tot:c’est du racontar et du dessein.
Bougaa :
Bravooooo Kamir

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