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Le Slam, la poésie dite urbaine et la musique bretonne : Un après midi et une soirée mémorables

samedi 30 mai 2009, écrit par : A. Nedjar, Sétif info, mis en ligne par : Boutebna N.

ne fois n’est pas de coutumes. Cet après midi du jeudi 28 Mai 2009, le théâtre municipal était plein à craquer de jeunes avides de poésie, de spectacles et de bons mots.Il eurent droit à deux magnifiques heures de slam ou chacun et chacune avait trouvé des sensations et le bonheurs d’être ici présent dans une ambiance hautement caractéristique à ce genre de tournois ou de joutes où la symbiose est presque parfaite tant il est vrai que les aspects électrisant du slam mènent à une facile et rapide intégration.

C’est quoi en fait le slam ?

« Le slam est né en 1984 en Amérique lorsque Marc Smith, alors simple entrepreneur en bâtiment, mit en place un jeu de poésie dans un club de jazz « Le slam est un art d’expression populaire oral, déclamatoire, qui se pratique dans des lieux publics comme les cafés ou lieux associatifs, sous forme de rencontres et de joutes oratoires.
Le mot slam désigne en argot américain ‘la claque’ ‘l’impact’ terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement ‘ claquer une porte ‘. Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le ‘ claquer ‘ avec les mots, les images, pour le secouer, l’émouvoir » sic.

Cela consiste donc à déclamer des vers de poésie .A l’origine, les textes devaient être dits a cappella pour respecter la règle. « C’est autant une bouche qui donne et d’oreilles qui prennent » disait le grand artiste du slam connu sous le nom générique de « grand corps malade »Ce artiste, grand sportif à l’origine connu un accident dramatique en sautant dans une piscine vide. Hyper médiatisé,cette référence en France se produit et participe le plus souvent en solo(ce qui n’est pas le cas dans les tournois)pour dire l’amour,la haine(des autres) ,l’espoir ,le rêve,le bonheur,les difficultés et les souffrances de la vie ,enfin toutes émotions ressenties de tous éléments sensibles touchant à la vie de tous les jours . Fait rare, « grand corps malade » a introduit des sonorités et l’élément musical de circonstance pour tirer et appuyer les sensations. Ce n’est pas la règle de base et c’est peut être l’orientation future des artistes en herbes. C’est, selon « grand corps malade » ; une discipline où, je cite : ll y a évidemment autant de définitions du slam qu’il y a de Slameurs et de spectateurs des scènes slam. Pourtant il existe, paraît-il, quelques règles, quelques codes :
- les textes doivent être dits a cappella ("sinon c’est plus du slam" ?)
- les textes ne doivent pas excéder 3 minutes rarement plus Bref, loin de toutes ces incertaines certitudes, C’est le moyen le plus facile de partager un texte, donc de partager des émotions et l’envie de jouer avec des mots. Le slam est peut-être un art, le slam est peut-être un mouvement, le slam est sûrement un Moment… Un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage.

Si nous voulions donner une petite définition au SLAM nous confie Lafayette, une jeune artiste venue de Rennes, nous dirons que : c’est un dispositif poétique participatif ou un espace de paroles partagées.
Le spectateur n’est plus cet élément passif qui subit les incantations oratoires, fussent -elles lyriques. Il participa de façon très active au spectacle, de bout en bout quel, que soit sa longueur parcque’ en fait ,c’est lui qui le commande ,c’est lui qui le programme et,c’est encore lui qui gère les différentes péripéties. En un mot c’est un spectacle vivant ,fait de bons mots .L’élément moteur est précisément ce spectacle fait uniquement de joutes oratoires poétiques immédiatement consacrés par des évaluations publiques des participants pour ne pas parler de spectateurs et du jury pour nominer à la fin le grand vainqueur qui est en fait le vainqueur à tous.

D’autres part, l’ordre de passage n’est pas lié à la réputation de l’artiste .Tous les candidats sont tirés au sort par le public, ce qui offre la possibilité de donner des chances égales à toutes et à tous.
A noter que les tournois et les réunions de slam ne nécessitent aucun décor particulier et qu’on peut même « slamer » dans la rue si on a juste une voie qui porte.

Indépendamment de l’aspect artistique et poétique du spectacle , le partage de cette expérience unique à laquelle nous avons été conviés nous a permis d’apprécier ce caractère éminemment important de nos jeunes en compagnie des jeunes Rennais qui se sont pratiquement fondus dans le groupe des Slameurs sétifiens pour dire qu’ils n’en formaient plus qu’un seul et même groupe ;cela aussi découle du miracle du slam .S’il est vrai que, si la poésie,le chant tout comme la musique ont ce point commun de l’ universalité, ici nous avons tous vécu cette universalité dans ce premier tournoi du genre .L’émulation était à son paroxysme et les jeunes ont su se transcender ,se surpasser pour délivrer aux uns et aux autres un message de compréhension , d’amitié, d’amour et de tolérance pour montrer peut être le chemin à suivre et l’exemple aux adultes d’une relation expurgée de tout subjectivisme et de parfait respect mutuel .

En soirée ce fut le tour de la musique bretonne ou cette musique venue du fond des ages avec sa synergie et ses complaintes, emballa les familles qui remplacèrent les plus jeunes de l’après midi.
Guy et Guillaume, dignes représentants, virtuoses des instruments musicaux modernes et traditionnels, nous promenèrent avec des airs de musiques et de danses traditionnelles de toutes les régions de Bretagne. Les représentations étaient accompagnées de brefs historiques de l’instrument musical où le biniou et la bombarde, avec leurs diverses versions, occupent une place prépondérante dans cette musique traditionnelle même si la clarinette ou « ce tronc de chou » est venu droit de Paris pour défier la tradition et s’est trouvé lui-même « absorbé » et parfaitement intégré. Le saxo moderne n’en démordra pas non plus puisqu’il venu accompagner et rappeler avec un type de cornemuse, version de la Galice, la similitude de certains de nos airs comme il en fut aussi pour les autres productions. C’était une harmonie totale entre les artistes et public.

Les descriptions des fêtes, des différentes bagades(festivals) et les promenades géographiques nous apprirent que les Cotes d’Armor sont en fait les cotes de la mer en breton comme le Finistère signifie : là où la terre finit !

Etant donné que les membres de la délégation de Rennes est présente pendant ce mois de festivités et de commémorations diverses des événements du 08 mai 45,pour les plus jeunes, curieusement,ils s’interrogeaient et s’informaient sur ces événements dramatiques pour nous dire qu’ils n’en ont jamais eu connaissance de ces faits ,qu’ils s’en trouvent troublés,touchés ,peinés ,voire gênés et qu’ils ne comprennent pas que les politiques n’assument pas les responsabilités qui sont les leurs pour donner et garantir ce caractère apaisé des relations qui lient les deux peuples .

En tout état de cause ont-ils déclarés : nous sommes ici, porteurs d’un message d’amitié de la communauté Rennaise et, notre présence n’en est que l’expression même de cette amitié, pour tous les algériens en général et pour les sétifiens en particulier chez qui nous sommes hébergés.

Pour nous tous et pour ceux qui sont la pour première fois en Algérie, malgré les appréhensions de départ, nous avouons avoir été extrêmement surpris par la bienveillance et l’accueil de la population qui nous a très, très chaleureusement accueillie et, il est certain que nous rentrerons avec beaucoup de regrets et certainement les larmes aux yeux pour la réussite totale de notre séjour nous confia le chef de la délégation.


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