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Le "binouar" sétifien fait de la résistance

vendredi 25 novembre 2011, écrit par : APS, mis en ligne par : Boutebna N.

La robe typiquement sétifienne connue sous le nom de-binouar", taillée dans un tissu (le Charb Ezdaf), très prisé dans les Hauts-plateaux, fait de la résistance et garde sa spécificité malgré les touches-modernistes" qui n’ont de cesse de dénaturer les habits traditionnels.

Les-amryate" (nom donné aux femmes sétifiennes) préfèrent porter cette robe à l’ancienne, telle qu’elle a été conçue à l’origine et telle que la portaient leurs mères et grand-mères.

Le-binouar" est une robe légère à fleurs, dépourvue de manches, arrivant jusqu’aux chevilles. Légèrement échancrée en haut de la poitrine, elle laisse admirer les bijoux qui ornent le cou. Pour de nombreuses sétifiennes, le terme-binouar" proviendrait de l’expression arabe-avec des fleurs" (Bi ennouar).

Une explication d’autant plus vraisemblable que les fleurs sont l’élément incontournable de cet habit.

Mme Hind B., styliste et couturière à Sétif déplore toutes ces modifications qu’apportent certaines de ses collègues à cette robe, en changeant notamment le schéma des dessins et de la broderie, en rajoutant des morceaux de tissus de différentes couleurs, ou en bouleversant la coupe, voire en imaginant un seroual (pantalon) qui apparaît au bas du-binouar".

Pour cette styliste, confortée par la résolution des sétifiennes qui crient à l’unisson-pas touche à mon binouar !", ces tentatives de modifications restent vaines, car cette robe vaut par son style unique et l’originalité de sa coupe traditionnelle.

Malgré le fait qu’elle refuse toute idée de changement, cette couturière, rencontrée au salon national de l’habit traditionnel de Sétif, avoue qu’elle est parfois obligée de procéder à-d’infimes retouches" à la demande de quelques rares clientes qu’elle essaie pourtant de convaincre de ne pas dénaturer cet habit de la cité de Sid-El Khier.

De son côté, Imene Ayadi, styliste et propriétaire d’un atelier de couture, reconnaît qu’elle apporte quelquefois des changements dans cette robe traditionnelle.

Des petites modifications-presque imperceptibles" qu’elle considère-acceptables" étant donné que les femmes, selon elle,-par nature", toujours en quête de changement.

"Personnellement, j’aimerais m’en tenir à la couture traditionnelle du binouar, mais je suis obligée de suivre la mode et à apporter de menues modifications, car beaucoup de mes clientes recherchent une touche de modernité, mais me demandent toujours de garder le tissu Charb Ezdaf, signe distinctif de cette robe sétifienne", a-t-elle dit.

"Heureusement, l’écrasante majorité de mes clientes, notamment lorsqu’elles se préparent à se rendre à un mariage, exigent le produit authentique", a-t-elle renchérit.

Malgré sa cherté, entre 11.000 et 14.000 dinars, le binouar staïfi demeure un élément essentiel du trousseau de la jeune mariée à Sétif et ses environs. Rien que pour cela, le binouar-Charb Ezdaf" continuera, et pour longtemps encore, à faire de la résistance.


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19 commentaire(s) publié(s)
lamria houra :
le binouar staifi est devenu une robe de soirée .on a tellement modifié sa coupe qu’il a perdu son charme .
loup blanc :
c’e l’histoire de la ville de Sétif qui reste une brèche de notre culture qui conditionne l’aspect caché de la femme setifienne le binoir setifien est un témoignage d’une femme qui se montre fierté et belle deux choses qui se croisent difficilement dans un même individu sauf pour la femme setifienne qui se distingua dans le passée par lemlaia et haïk la première c’e la femme pudique qui porte un nom de famille et que les hommes respectent et honorent son passage par le silence la deuxième c’est la demoiselle jeune ambitieuse et amoureuse que les hommes admirent et courtisent pour un mariage et de se rapprochés a un niveau de famille des notables pour plus de respect et plus de prestiges chaque objet est une histoire très agréable a contemplé e et écouté je suis fier d’être setifien....et j’aime la femme setifienne d’hier et d’aujourd’hui plus moderne et plus belle. Les femmes ont un grand besoin de fierté : elles veulent être fières d’elles-mêmes, de leur mari, de leur entourage. Elles sont rarement (...)
Commentaire n°114741 :
j’aime beaucoup les robes setifienne je trouve qu’elle ont un charme particulier et qu’elle mettent beaucoup en valeur,tout en restant traditionelle et moderne lorsque je me marierai je n’hesiterai surtout pas à en porter une ! inchallah
19 :
Rien à voir avec la photo ! Le binouar est une composante de la personnalité féminine sétifienne et seules savent le porter avec aisance el amriate el h’rar.....
mmnn :
binour = bi ennouar = avec des fleurs .............................. et l’article n’est pas signé . Je vous laisse deviner , coumme l’homme à la paille ( traduisez)
lyly :
certes les binouars sétfiens reflètent vraiment la traditions pure et simple de notre culture arabe et sétifienne, une tradition de nos grandes-mères et mères mais je pense que de nos jours des modifications aux binouars d’imposent car le changement parfois peut apporter un plus à la tradition. Ce que je veux dire, il vaut mieux suivre la mode et laisser cette tradition au lieu de se tourner directement vers autre habit comme les robes de soirées.
Mériem :
le binouar sétifien subit ce que subit toute notre culture de base : trituré, mélangé, dénaturé, affadi comme la mélaya, le haïk pratiquement disparus au profit de quelles laideurs vestimentaires venues de.. ? Nos rues sont remplies de clones, de dos, on ne reconnait plus personne, le mimétisme stupide est malheureusement notre lot et notre manière de fonctionner ! Si le binouar en effet, se modernise en restant quand même un binouar c’est grâce à celles qui veulent toujours le porter - dont moi et j’en suis fière - malgré l’invasion des cesfashions importées be-sif d’ailleurs à grand renfort de milliards -ah ! le commerce bêtement imitateur sans création, sans nouveauté... l’argent, toujours l’argent ! - l’autre raison du maintient du binouar c’est qu’il y a JUSTEMENT quelques CREATRICES qui essaient de le mettre au goût du jour contre vents et marées de ces invasions vestimentaires et on peut aussi parler de la gandoura traditionnelle remplacée par ce Kamis saoudien qui n’a RIEN a voir avec (...)
malek :
Sans vouloir te vexer MERIEM , et avec tpus mes respects au binouar et à celles qui le portent encore ,je propose d’organiser un séminaire à l’université de FERHAT ABBES sur ce sujet parainé par SI avec à l’appui , une expo où l’on ramenera le binouar de AEK comme exemple !!!après tout , ça en fait un sujet au débat
Mériem :
Malek Avec tout mon respect aussi, dans la vie il n’y a pas que les grandes philosophies et les débats de haute intellectualité qui méritent qu’on discute car la vie est faite en réalité de petits riens qui sont le SEL DE LA VIE : la façon de s’habiller, la cuisine, les fêtes comme le mariage, la circoncision, fêtes traditionnelles ou pas, fêtes familiales ou sociales etc... Et contrairement à ce que vous avez l’air de penser, le binouar ou la gandoura traditionnelle pour les hommes, sont le reflet de la perte de nos véritables racines culturelles au profit d’importations bâtardes, mélanges de chinois, de turc, de moyen-orient et du Golfe, européenne... Si débat à Farhat Abbes il doit y avoir, je propose justement un séminaire intitulé (en gros) : la perte de nos valeurs et de nos traditions la faute à qui ? Aux milliards de l’import ? Vous et moi y apprendrons comment on dé-culture un peuple par le nivellement en rase motte au profit de milliardaires à l’enrichssement phénoménal (...)
scarlett :
Meriem, L’Algérie, comme tous les pays du monde, ne peuvent échapper aux influences des autres pays, c’est impossible, ou alors, il faudrait enfermer l’Algérie et la couper du monde. Les habits traditionnels n’échappent pas à cette mondialisation des échanges commerciaux mondiaux. La faute à qui ? L’évolution des échanges, depuis 30 ans peut être, avec le développement des moyens de transport, de communication,( la télé, internet ect..), les flux migratoires, l’histoire, C’est à chacun, de préserver ce qu’il a envie de conserver, dans les traditions de son pays, de sa ville, de sa région, Il me paraît impossible d’aller à l’encontre de la mondialisation, on est déjà en plein dedans Salam
Mériem :
Scarlett : La mondialisation, oui on est en plein dedans MAIS justement la meilleure manière non pas de la combattre - impossible- mais d’en limiter les effets néfastes n’est-ce pas de garder le soi profond ? L’essence de ce qui fait notre personnalité, c’est-à-dire notre originalité culturelle celle qui accompagne nos vies depuis notre enfance, qui nous rattache à nos aïeux donc à nos racines...je ne parle pas d’individualisme ni de rejet de l’autre loin de là !! Je me rappelle au cours d’un de mes voyages en France, j’avais commandé un sandwich beurre gruyère juste en face d’un Mac Do, le serveur d’un certain âge m’a dit très sérieux Ah ! Une bonne Française qui sait encore manger même sur le pouce ! Je n’ai pas voulu le démentir ...mais sur ma lancée nous avons parlé 5mn sur ce qu’il proposait et il était très heureux de me dire que beaucoup de clients préféraient ses sandwiches traditionnels aux hamburgers d’en face ! La tradition de la bonne bouffe à la française quoi (...)
scarlett :
Meriem, Oui, on peut, ici, limiter chacun, la mondialisation, en n’allant pas chez mac do, et dans les autres restos du même style , on a beaucoup de petits restos ou plats maghrébins, asiatiques, turcs, etc... On a aussi des épiceries avec des produis maghrébins, asiatiques, les marchés, Les produits français : légumes et fruits sont plus chers que ceux en provenance de l’étranger, En France, se développent les ventes directes du producteur au consommateur, La France n’a plus de vêtements traditionnels comme en Algérie, ce qui reste fait partie du folklore, Les vêtements, en France, répondent à la logique des modes, et cela, depuis très très longtemps. Il y a des produits vêtements venant de l’Inde, des pays latinos, asiatiques, africains. Les vêtements de ces pays sont plus gais car plus colorés. On a beaucoup de vêtements venant des USA, surtout pour les ado, et les jeunes en général. En France, c’est la société de consommation à outrance, on a tout ce qu’on veut si on a l’argent. La consommation (...)
selena :
le binoir staifi doit rester le meme ,on ne devra pas le denaturer,le coudre suivant nos gouts ,sous pretexte de creation,de modernisation,,le binoir doit demeurer traditionnel,il ne faut pas le defigurer ,lui oter son charme sous aucun pretexte, ça fait partie du patrimoine culturel de la ville,de l’algerie,
k6 6 tron :
BINOUAR oh mon beau BINOUAR.Enfant,je m’en roulais dans le BINOUAR de maman pour jouer au cache cache avec mes soeurs ;fatigué je m’en dormais sur ses genoux, tu me servais de doudou.Aujourd’hui,ma mère est partie depuis très longtemps ,mais dans mon imagination LE BINOUAR c’est ma mère. NOSTALGIQUE
chiraz aissaoui :
العمرية الحرة تعرفها من الملاية و العجار و البنوار يا حسراه على نساء زمان
setifis_mtl :
Juste un précision quant à l’origine du mot « binouar ». Selon moi, ce terme proviendrait de la langue française et plus précisement du mot « Peignoir ». Cette origine est selon moi la plus possible étant donné la quantité de mots que nous avons empruntés et adoptés de la langue francaise dans notre usage quotidien. Dire que le mot « binouar » proviendrait d’une expression de la langue arabe est sans fondement. Ould Boumarchi !
Commentaire n°115339 :
yahasrah alla staifia ou soudjatha fi elbinouar ,c’est fini ce temps là, ou etes vous nos meres setifiennes ?
Commentaire n°117076 :
je suis comme tout les HOMME j aime que ce qu il y a dedans ???????????????????????????????????????????????
farida d’alger :
je cherche couturier sitifien j’aime benoir staifi

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