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Louisa Hanoune pour de nouvelles élections à Tizi Ouzou et Sétif

dimanche 20 mai 2007, écrit par : Par Amar Rafa, La Tribune, mis en ligne par : Boutebna N.

La secrétaire générale du Parti des travailleurs a exprimé sa satisfaction des résultats des élections législatives, durant lesquelles elle a récolté 26 sièges, dont 11 femmes. Intervenant lors d’une conférence de presse tenue hier, Mme Hanoune a souligné le climat normal dans lequel se sont déroulées ces élections en dépit des menaces, et indiqué que l’engagement du ministre de l’Intérieur que les élections seront honnêtes a été globalement respecté par l’administration. Toutefois, elle fera état de dépassements dont se seraient rendus coupables les militants de partis dans cinq wilayas. A commencer par Batna, où la radio locale avait annoncé, suite au dépouillement, 1 siège pour le PT mais qui s’est volatilisé ensuite. A Mascara, les chefs de daïra RND ont commis des dépassements et des fraudes sans que la commission bouge le petit doigt. Elle a fait état de cas de dépassements de la part de militants de partis à Sétif et à Tizi Ouzou. Dans ces deux wilayas, où « les élections ont été entachées », elle souhaiterait qu’elles soient organisées de nouveau. Sans aller jusqu’à accuser l’administration centrale, elle expliquera que dans la wilaya de Tizi Ouzou, des milliers de bulletins portant la liste du RCD ont circulé en dehors des bureaux de vote. Louisa Hanoune a affirmé avoir saisi la commission pour demander le changement de la couleur des bulletins de vote, en vain, et que le RCD s’est même démarqué de ces comportements.

A Sétif, il y a eu un impondérable, a-t-elle indiqué, en expliquant que, lors du match, tout le monde a quitté les bureaux de vote, laissant le champ libre à des manipulations et au trafic de voix. D’ailleurs, ajoutera-t-elle, les résultats sont époustouflants. Cela sans omettre de dénoncer « le comportement du président de l’APC de Djebahia [wilaya de Bouira] qui, avec ses fils, a menacé de faire usage de son arme ». Les assurances du ministre de l’Intérieur n’étaient pas suffisantes pour amener les gens à se rendre aux urnes, les citoyens avaient besoin de plus de garanties, dira-t-elle.

Revenant sur ces élections, elle indiquera qu’elles étaient une source d’inquiétude à cause de tentatives d’intrusion des multinationales au Parlement, après avoir financé la campagne à Annaba, mais aussi, de l’« émiettement » du Parlement. Louisa Hanoune a estimé que « la composition » de cette assemblée est le résultat de la « décomposition politique », et le fort taux d’abstention s’explique, quant à lui, par le rejet des reformes, notamment les privatisations. Mme Hanoune indiquera que, contrairement à ce qu’a déclaré le ministre de l’Intérieur, l’abstention n’est pas une sanction contre la classe politique mais contre les partis qui avaient la majorité au Parlement, à cause de leur démarche de soutien à la privatisation. Lors de la campagne, « ils n’ont pas amorcé de rupture mais soutenu les privatisations, le système du LMD et la révision du code du travail pour une plus grande flexibilité ». Il s’agit d’un cri de détresse, pour la conférencière, qui devait s’interroger si les trois partis qui ont obtenu encore la majorité vont entendre ce message ? » Les résultats des élections sont très inquiétants », a affirmé la SG du Parti des travailleurs, mais « il y a urgence pour que les trois partis de la coalition apportent une réponse urgente aux trois messages délivrés par ces mêmes résultats ».
En dénonçant l’achat des voix dont sont coupables des militants de partis, qui nécessite une décision courageuse, Mme Hanoune reviendra sur les résultats réalisés par son parti qu’elle considère comme appréciables, mais qui n’expriment pas fondamentalement le poids réel du parti, y compris à Alger où il a décroché 10 sièges, parce que les bulletins comportaient une photo de la SG du parti. Elle dira que les citoyens sont incrédules devant ce résultat, mais nous sommes un parti responsable.
La secrétaire générale du PT a, en outre, exprimé son rejet de la lettre du président de la Commission politique indépendante de surveillance des élections, car se basant sur des rumeurs et non sur des rapports concrets. Elle s’est indignée que la lettre ait été diffusée d’abord par l’AFP après avoir été signée par tous les partis. Son représentant a refusé de signer le P-V et sa réserve n’y a pas été consignée, dira-t-elle, pour conclure à de l’autoritarisme. Selon Louisa Hanoune, cette commission doit disparaître, car « elle devient un danger pour la démocratie », en ce sens qu’« elle ouvre la voie à l’intervention étrangère ».


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