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Azzouz Begag : "Le film de Bouchareb tombe à point nommé"

lundi 10 mai 2010, écrit par : Djamel Gherib, mis en ligne par : Boutebna N.

Rencontré hier en marge de la traditionnelle marche qui rappelle les massacres du 08 mai 45 à Sétif, Azzouz Begag dont les parents son originaires de Sétif, et qui été ex ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances sous le gouvernement français de Dominique Villepin, a aimablement accepté cet entretien du JI.

Vous venez de participer à la traditionnelle marche de Sétif qui rappelle le souvenir des événements sanglants qui ont marqué la région, il y’a de cela 56 ans ?

Oui, c’est un fait qui a marqué l’histoire des relations entre la France et l’Algérie et qui a marqué aussi le début de la conscientisation de l’auto détermination algérienne.
Kateb Yacine qui était au lycée Kerouani (ex Albertini ndlr) disait que pour lui, le 08 mai était le 1er jour de la cimentation de son nationalisme algérien. Je trouve qu’en 2010, il est temps que la France et l’Algérie prennent conscience de la nécessité de réconcilier leur mémoire. Il faut admettre, comme me le disait mon père, que la France a commis des atrocités et des meurtres par milliers. Il est temps de reconnaître, non pas pour s’excuser, mais au moins pour faire entrer dans les consciences qu’il y’a eu des massacres perpétrés par l’armée françaises contres des dizaines de milliers de paysans. Ces derniers qui avaient tout juste le souci de la dignité avaient hissé pour la première fois le drapeau algérien ce jour là.
Aussi, ce 08 mai 45 qui a célébré la victoire des alliés contre le Nazisme rappelle aussi le retour des tirailleurs Algérien qui venaient de participer à la libération de la France et qui de retour à Sétif, ont a pris que l’armée française qu’ils avaient servi sur le front Allemand, venait de liquider leurs proches.
Il faut s’entendre sur la vérité historique, car il y’a eu en effet des massacres par milliers, si j’en crois l’ambassadeur américain de France qui parlait à cette époque de 17 milles morts. Il y’a eu des fours a chaud à Kherrata. Dans la ferme où habitaient mes parents près de Ouricia,( 11km de Sétif) une trentaine de corps a été trouvés dans une cave.
Je suis là en tant qu’ancien ministre français pour essayer de faire la jonction entre ces deux mémoires qui ont besoin de retrouver des points communs aujourd’hui.
Ce serait cependant un moment opportun de retrouver une histoire commune pour pouvoir bâtir un avenir commun.

Le long métrage de Rachid Bouchareb,-Hors-la-loi" nous replonge dans ce contexte semble déclencher la polémique ?

Oui, ce film s’inscrit dans la suite du film-Indigène" (du même auteur R. Bouchareb, réalisé en 2006 ndlr) qui était pour les millions de Français la découverte que pendant les guerres françaises, 14/18 notamment, les tirailleurs algériens qui ne parlaient pas français et qui étaient là pour servir les valeurs de la république et du drapeau français. Et donc la prochaine étape dans le film de Bouchareb, c’est le 8 mai 45 où ces indigènes, de retour au pays, constatent qu’ à Sétif, Kherrata, Guelma… leur propre familles ont été massacrées par les milices et par l’armée française dont ils faisaient partie.
Je me rappelle aussi que ma mère me disait que ceux qui nous ont tué, se sont- les saliguène". Et comme elle me devait une explication de ces propos sortis de nulle part de la phonétique algérienne qui veut dire tout simplement les Sénégalais engagés dans l’armée française, j’ai appris que ces soldats qui étaient tous noirs, et qui, à l’instar des-tabors" Marocains, ont été utilisés pour les basses manœuvres en tuant ces pauvres fellah algériens qui avaient besoin de respirer le bonheur de la liberté et de l’égalité des chances. Je dois donc dire bravo à Bouchareb dont le film tombe a point nommé dans la continuité de cette reconnaissance de la participation des Algériens dans les guerres de libérations françaises et dans la libération des mémoires. Et je salut tous ceux qui soutiennent ce combat de la mémoire contre les négationnistes qui continent malheureusement de nier ces massacres dont les milliers d’algériens ont été victimes.

Vous êtes ici aussi en qualité d’écrivain pour prendre part au salon international du livre, n’est ce pas ?

Oui. Et c’est important d’être là en tant qu’écrivain. J’estime que l’écrivain est le charpentier de la couture de ces mémoires. Nous avons le rôle poétique, politique et social majeur pour essayer d’éduquer le peuple vers la conscience. Vous vous souvenez de la phrase de De Gaule en 1958 quand il disait- je sais ce qui s’est passé ici…je vous ai compris…je sais ce que vous avez fait" et moi j’aimerai bien savoir aussi si tous les jeunes algériens qui sont devant les kiosques et qui vendent les cigarettes au marché noir, savent ce qui s’est passé ici, il y’a 65 ans. S’ils ne le savent pas, nous avons donc l’obligation de faire prendre conscience que savoir le passé, c’est un bon argument pour pouvoir construire l’avenir.

Entretien réalisé par Djamel Gherib


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11 commentaire(s) publié(s)
Commentaire n°69056 :
IL Y A 65ANS ET NON 56 ANS(1945) YA SI GHARIB JE SAIS QU’IL SAGIT D’UN LAPSUS.

Réponse :

Vous avez corrigé par vous même sur une inversion de chiffres que tout le monde peut commettre.On appelle ça une coquille.Il ne fallait pas plus pour nous le faire remarquer.Tous le monde sait qu’il s’agit du du soixante cinquième anniversaire des évènements du huit Mai mille neuf cent quarante cinq .Ouf,j’ai eu peur de faire la même inversion .
hamedene :
C’est dommage qu’il ne soit pas reçu au niveau de la Wilya eu égard à sa position d’homme politique , d’ancien ministre ensuite .On signale son passage au salon du livre à sétif comme homme de culture et romancier sans plus .L’occasion nous a été accordée par sa présence pour réaliser le meilleur investissement politique dans le lobbiyng en france , notamment aupres de notre forte communauté en france .Sauf , si maintenant on considrere qu’on a plus d’attache avec non freres émigrés .Mais là, c’est un autre débat. J’enregistre et je note toutefois le manque de vision et de stratégie politique

Réponse :

Vos frères émigrés ont choisi leur camp tu ne penses pas ?Quelle différence y a t-il entre les Algériens qui étaient Maires ,députés, caïds, voire soldats du temps de l’occupation et qui ne l’ont fait que pour survivre et des Algériens membres des gouvernements anti algérien et racistes français actuellement ?

Réponse de lemkalek :

avec tout le respect que je vous dois sachez que monsieur begag est un opportuniste , deja etre a l ump au millieu de tous ces racistes et revisionnistes qui considerent que les massacrent depuis 1830 jusqu a 1962 ne sont que des bienfaits de la colonisation ,il se faisait insulter , humilier par sarkozy ministre ainsi que les amis de sarkozy ,ensuite il a ecrit un livre pour denoncer sarkozy mais c était une fois virer du gouvernement et de l ump, ensuite il s acoquine avec bayrou au modem........et maintenant il vient en algerie par opportunisme. deja en france il est grillé meme s il est -français- et il ne vaut pas mieux que fadela amara, rachida dati , rama yade ou beaucoup d autres qui ne cherche qu une place au chaud , un fauteuil, des amis -puissant- et ils se foutent de leurs origines sauf quand ils touchent le fond ........et puis s il doit etre acceuilli par une personne c est par l ambassadeur de france ou par le consulat français et si vous me dites qu il est entré en (...)

Réponse :

Il aurait été recu avec les honneurs s’il était un joueur de football. C’est ca le niveau qui domine au siège de la wilaya. C’est à l’image du pays ou nos artistes, intellectuels, universitaires, se cachent...pour mourir.

Réponse :

malheureusement en matiere de lobbying il ne faudra pas trop compter dessus ; c’est des gens qui ont ete ministre plus pour enfumer les personnes d’origine maghrebine qu’une reconnaissance de la valeur de ces -ministre-. pour moi ce sont plus des beni-oui-oui de triste memoire qu’autre chose . insignifiant dans le paysage hexagonal.

Réponse de FAHEM BEZEF :

IL N’EST EMIGRE PLUTOT FRANCAIS D’ORIGINE ALGERIENNE, PAR CONSEQUENT IL NE SERA PAS RECU PAR LES OFFICIELS. CA CES LES REGLES PROTOCOLAIRES CE N’EST PAS UN DISCOURS DE CAFE A EL-OURICIA.

Réponse :

à FAHEM BEZEF : Zidane (zizou pour les intimes) est français à 100 pour cent. Il a embrassé d’une façon trés forte le drapeau français devant des milliars de téléspectateurs et pourtant il a été reçu par les plus hautes autorités et profité lui et sa famille à satiété....Peut-être que FAHEM BEZEF a le même niveau intellectuel que zidane.
bougaa :
il est temps de reconnaitre .non pas pour sexcuser .ca veut dire quoi mr begag reconnaitre un crime et ne pas demander pardon .la france doit le faire bla dine babaha et pour nous les victimes et pour lhonneur du peuple francais pour effacer cette tache noir de son histoire.
Commentaire n°69230 :
un simple commentaire, un tout petit pt de vue sur la visite de Mr beggag azzouz a fini par déclencher une avalanche , une véritable diarrhée verbale comme l’aurait fait un comité de rédaction bête et discipliné ,à la solde d’un patron qui s’est senti concerné par cette faute politique . plus grave encore, quand on fait allusion à l’émigration qu’on accuse injustement d’avoir choisi son camp .De quel camp s’agit-il ? sinon , celui de la 6ème fédération de france qui a porté le combat en dehors de nos frontières notamment la france, une fédération que dirigeait pendant notre guerre de libération notre frere Ali haroun qui a été rappelons-le au secours de l’algérie dans ses moments difficiles , en étant l’organisateur du HCE. Des propos racistes et irresponsables à l’encontre d’un enfant du pays, venu de trés loin participer au coté de ses freres à la commémoration du 8 mai 1945 à sétif en prenant part à la grande marche pour la liberté et la fraternité . VIVE AZZOUZ BEGAG , VIVE L ALGERIE (...)

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