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17 octobre 1961 – 17 octobre 2014 soirée du souvenir à Rennes

samedi 18 octobre 2014, écrit par : Boutebna N.

Sur la passerelle qui traverse le fleuve Vilaine dans le centre ville de Rennes une cinquantaine de Rennais se sont retrouvés à l’appel de diverses associations dont l’Association de Jumelage Rennes-Sétif pour saluer la mémoire des victimes de la répression policière du 17 octobre 1961 à Paris. Madame Ghania Boucekkine, vice-présidente de l’Association Rennes-Sétif et présidente de la Maison Internationale de Rennes, a rappelé les faits : « Ce 17 octobre 1961, le droit à la vie, le droit à la dignité, le bien le plus précieux de l’espèce humaine, a été bafoué. En effet, alors qu’ils manifestaient pacifiquement et dignement pour l’indépendance de l’Algérie des centaines d’Algériens trouvèrent la mort dans d’atroces conditions. Des milliers furent arrêtés et conduits au palais des sports dans des conditions inhumaines. Certains furent battus, d’autres torturés ou jetés dans la Seine. Nous nous inclinons devant la mémoire des nombreuses victimes de ce jour funeste et avons une pensée émue pour leurs familles qui, pour certaines, n’ont jamais pu faire leur deuil ». Puis, Elle a cité un poème de Kabeb Yacine : « Peuple français, tu as tout vu/ Oui, tout vu de tes propres yeux./Tu as vu notre sang couler. /Tu as vu la police/ Assommer les manifestants/ Et les jeter dans la Seine./ La Seine rougissante/ N’a pas cessé les jours suivants/De vomir à la face/Du peuple de la Commune/Ces corps martyrisés/Qui rappelaient aux Parisiens/Leurs propres révolutions/Leur propre résistance./Peuple français, tu as tout vu,/Oui, tout vu de tes propres yeux,/Et maintenant vas-tu parler ?/Et maintenant vas-tu te taire ? » Ensuite, Georges Ploteau, président de l’ARAC 35, a lu l’appel « Vérité et Justice » signé par de nombreuses associations nationales demandant « que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état ». Après une minute de silence, les citoyens rennais présents ont symboliquement jeté des roses dans le fleuve pour honorer la mémoire des victimes de la répression policière.

La soirée s’est poursuivie à l’auditorium de la Maison Internationale de Rennes par la projection du film de Daniel Kupferstein « 17 octobre 1961 : Dissimulation d’un massacre à Paris » et par un hommage à Jean-Luc Einaudi, récemment décédé, qui a consacré une bonne partie de sa vie au combat de la reconnaissance des massacres du 17 octobre. Avec émotion, un large public de plus de 70 personnes a regardé le film puis a participé à un débat animé par Michèle Fougeron longtemps présidente du MRAP 35.

L’association de Jumelage Rennes-Sétif a remercié les nombreuses personnalités présentes lors de cette commémoration, notamment M. François Richou, vice-président du Conseil-Général d’Ille et Vilaine, Mme Jocelyne Boujeard, adjointe au Maire de Rennes déléguée aux relations Internationales et des relations publiques représentant Madame La Maire de Rennes , Mme Katja Krüger, conseillère municipale déléguée au temps de la ville, M. Mimouni, représentant du Consulat d’Algérie à Nantes et les nombreuses personnalités représentées ou excusées. Son président, Christian Lohyn, a aussi souligné avec plaisir la présence de nombreux jeunes étudiants algériens lors de cette commémoration.


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6 commentaire(s) publié(s)
Tahar :
Salam, C’est vrai qu’il y avait des centaines d’algériens qui ont lâchement assassinés ce jour là pour avoir osé revendiquer le plus légitime de tous les légitimes, leur dignité. Je vois sur la photo, que cet événement a vraiment drainer des foules. ça se voit que les français ont mauvaise consciences à l’endroit de cet tragique événement. Mais pas du tout, ils s’en contrefichent royalement et la preuve est sur cette photo. 11 personnes dont 3 algériennes. Réveillez-vous mes amis.
Georges Ploteau :
Pour faire suite au message intéressant de ce lecteur, une photographie ne peut donner le reflet exact d’un groupe d’une soixantaine ou plus de participant(e)s d’âge différents : des Algériens, des personnes ou des familles qui ont vécu en Algérie et des rennais tout simplement sensibles à la dignité et à la liberté de tout être humain. Mauvaise conscience ? Dans une France où tout propos non conforme sur la guerre en Algérie et ses répercussions était muselé voire censuré, tous ne sont pas restés silencieux ! Heureusement, des textes, des journaux, les écrits des associations de cette période (notamment celles qui à Rennes ou à Paris appellent à ce souvenir) ont été conservés et parfois publiés. Les évocations de notre histoire commune, même dans les périodes les plus tragiques comme celles du colonialisme ne peuvent être passées sous silence. L’amitié indispensable entre nos peuples que beaucoup souhaitent ne peut se faire que dans la clarté. Certes des petits moments comme ceux-ci ne vont pas bousculer (...)
Houria :
C’est une journée de commémoration d’un événement triste qui fait partie de l’histoire commune celle de la France et de l’Algérie. Ce jour se sont rassemblées plus de 50 personnes d’origines et d’ages différents, il y avait beaucoup d’algériens mais aussi autant de français que de marocains et de tunisiens. En dehors de nos origines nous étions là en tant qu’êtres humains sensibles à une histoire que nous nous devions de rappeler pour le devoir de la mémoire mais aussi une action d’information et de sensibilisation. En réponse à monsieur Tahar qui a tenu des propos injustes et infondés à mon sens. Ce monsieur n’était pas présent visiblement ce jour là pour voir l’engagement des français qui étaient parmi nous, un engagement incroyable pour faire connaitre cette histoire triste. Ne prenez pas des jugements hâtifs, prenez le temps de connaitre avant de condamner... Pour ma part j’étais présente, c’était un moment chargé d’émotion... Nous ne souhaitons pas faire la guerre mais la paix entre les peuples, connaitre (...)
Christian Lohyn :
J’étais à cette commémoration du 17 octobre à Rennes. Tout autour de l’oratrice Il y avait bien 50 à 60 personnes très émues, des élus et des responsables d’associations (il existe d’autres photos). Tous ces gens qui tous les ans, avec d’autres à Rennnes, le 17 octobre (sur la passerelle du centre ville) et le 8 mai (square de Sétif) honorent la mémoire de ceux qui sont morts pour l’indépendance de l’Algérie, sont des acteurs de l’amitié franco-algérienne.
Said :
Salam, Encore une autre preuve que je rajoute à celle de la photo du site Sétif info comme citée dans le commentaire No.1. Le bras d’honneur du ministre de la défense français Gérard Longuet en réponse à la demande de pardon qu’a demandé l’Algérie à la france pour les atrocités qu’elle a commise.
omar :
Si toutes les victimes des conflits de l’Histoire se mettaient à revendiquer vengeance et repentance ,le monde serait maux et misères ..et en perpétuelle guerre .

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