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Zorna et bendir, lorsque la tradition nous rattrape

mardi 14 août 2012, écrit par : A. Nedjar

Saltimbanques et troubadours, goualas et diseurs de bonnes aventures, c’est des métiers qui refont surface après des éclipses qui ont duré parfois des décennies.

Il n’est plus rare de revoir maintenant ces troupes se produire sur les places publiques, aux marchés hebdomadaires et même de sillonner les cités comme ce fût le cas à la nouvelle cité El Hidhab comme nous le verrons dans la vidéo ci-après .

il s’agit ici de compagnons qui distillent leur folklore à travers des virées à l’intérieur même des cités. Pendant que l’un s’ époumone et s’échine à souffler au travers le tube dans son mezouad pour lui faire tirer quelques notes assimilées et répétées depuis longtemps, son assistant ,conteur à l’occasion, bat impitoyablement son t’bal pour donner et accroitre la mesure. Quand au troisième compère, il a la charge de collecter et de réceptionner ,à votre convenance ,tout moyen de « paiement » pour vous avoir agrémenté un instant .C’est presque un acte de charité qui est demandé. Vous pouvez vous en acquitter en espèce ou en nature. Quelques Dinars,un peu d’huile, une boite d’allumettes, de la farine, du sel, du sucre ou tout autre produit pouvant entrer la composition d’un repas, d’un besoin domestique ou article d’habillement seraient suffisants et les bienvenus.

Ce trio ici présent est pour la collecte, a-t- affirmé, en vue de la préparation de la grande et traditionnelle Zerda de la zaouia de Sidi H’Sen de Bordj Ghdir (à ne pas confondre avec celle de Ain Abessa tout prêt de Sétif).

Ces grandes Zerda que ressuscitent certaines confréries religieuses, réunissent bien souvent des milliers de leurs adeptes des deux sexes ,loin de la ville, à proximité des Makam ou Kouba abritant les tombeaux des marabouts. Elles se tiennent en hommage à ces grands saints dont elles portent souvent les noms (Zerdet Sidi......) pour jouir et gouter de leur baraka. Un immense repas champêtre pouvant voir l’abattage de plusieurs grosse bêtes, est donc préparé avec la participation active de tous . Ces rencontres qui peuvent durer plusieurs jours réunissent les tributs et les A3rouches environnants comme elles peuvent enregistrer des visiteurs venus parfois de très loin. Elles se terminent par des fantasias et des courses de chevaux, des concours de tirs à l’arme à feu(Chara),des concours traditionnels, dont la fameuse Kora, cette espèce de jeu de cricket et surtout la Hadhra, cette danse traditionnelle où, sous le charme du son de la zorna et du bendir, les plus téméraires entrent en transe pour sombrer dans des états seconds. Cet épisode est le plus attendu car il permet selon les croyances, des guérisons miraculeuses pour certains, le désenvoutements pour d’autres , supposés être habités par le dj’in et le répit pour tous.

En dehors de ces croyances qui se remettent à la page, Ces réunions sont de belles occasions de se retrouver entre communautés, de gouter à la joie, et au partage. Nul individu ne peut se prévaloir en la circonstance de son rang social. Tous les membres sont égaux devant l’événement.

Les festivités et processions achevées, c’est dans la bonne humeur que l’on se sépare pour se donner rendez vous à l’année prochaine.


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