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Le 21 ème vendredi de la contestation populaire à Sétif : la constance.

samedi 13 juillet 2019, écrit par : Hamoud ZITOUNI

Ils étaient tous et toutes admirables à venir affronter l’impitoyable canicule qui sévit depuis près d’un mois sur le pays. Ils étaient moins nombreux que le vendredi passé, à peine 4 à 5000 personnes, mais tous aussi déterminés dans leurs revendications toujours les mêmes, exprimées avec des paroles hostiles aux détenteurs du pouvoir.

En ce vendredi 12 juillet, les slogans, nombreux et variés, alternativement scandés ou chantés à l’unisson par les milliers de voix traduisent tout à la fois l’inquiétude, et l’exaspération de n’être pas suffisamment entendus. Presque tous les symboles et les relais du pouvoir y passent y compris la presse aux ordres.

Contrairement au vendredi précédent, la police est cette fois-ci épargnée de slogans hostiles, celle-ci n’ayant plus renoué avec les arrestations de manifestants. Les hommes bleus en grand nombre, en tenue de brigade anti-émeute ou d’agent de circulation se contentent calmement de veiller à l’ordre et à la sécurité des biens et des personnes, y compris celles des manifestants. Ni les derniers discours officiels prenant la forme d’une mise en garde contre « l’aventure » et ses risques réels, il faut le reconnaître, pour la nation, ni même la tentative de dialogue avec les partis de l’opposition aux résultats bien mitigés, ne semblent faire plier ou même émousser la constance du des revendications du Hirak. Le dialogue de sourds est apparemment bien installé dans la durée, certainement dommageable pour l’économie du pays et la stabilité même de la nation. La satisfaction des revendications du Hirak tel que la relaxe des détenus d’opinion, la libération du champ politique, le remplacement du premier ministre et de son gouvernement objet de rejet, le bannissement définitif des partis-appareils du système disqualifié, aurait probablement pu constituer des gages suffisants pour enclencher un « vrai » dialogue que toutes les personnalités avisées du pays appellent de tous leurs vœux. A contraire, de semaine en semaine, les incompréhensions et méfiances se développent, la fracture s’élargit et les antagonismes et les hostilités se radicalisent en laissant apparaître un nihilisme ravageur au sein des réseaux sociaux. Même les successives victoires de Verts à la CAN et leur récupération évidente ne peuvent faire de durable diversion. Comme le Hirak, les faits sont têtus et les indicateurs économiques et sociaux du pays de plus en plus alarmants. Le mécontentement social, la récession économique, le durcissement politique peuvent constituer un mélange détonnant. Il y a urgence en la demeure Algérie.


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