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Le 31e vendredi de la contestation populaire à Sétif : la marée humaine

samedi 21 septembre 2019, écrit par : Hamoud ZITOUNI

Comme pour faire un pied de nez aux décideurs et marquer son territoire, le peuple contestataire sétifien se présente en force à son rendez vous de ce vendredi 20 septembre, le 31 ème depuis celui du fameux 22 février passé.

Bigarrée comme d’habitude, charriant des citoyens de couches sociales modestes, d’âge et de sensibilités diverses et toujours attachée sa « silmya » (manifestation pacifique, sans violence), la procession hirakiste, s’ébranle en rangs serrés, aux aguets d’une éventuelle provocation ou d’écart par de probables infiltrés, s’étire sur près de 600 mètres sur l’avenue principale du 8 mai 1945. Alors que les premiers rangs arrivent aux abords d’Ain El Fouara, les derniers manifestants sont encore à proximité du mess des officiers.

Cela fait, près de 600 mètres et le nombre de manifestants est évalué à plus de 10000 personnes. Fait curieux, le petit groupe anti-hirak de près de 10 jeunes gens n’a pas apparu cette fois-ci, probablement impressionné ou interloqué par la puissance renouvelée du hirak. La marée humaine crie haut et fort son opposition aux élections présidentielles prévues à la mi-décembre de cette année.

Malgré l’horizon sombre que dessine la crise politique sur l’avenir économique et social de l’Algérie, les manifestants considèrent que la consultation ne peut s’opérer en présence de symboles majeurs de l’encanaillement de la gouvernance qui ont présidé à toutes les fraudes électorales et toutes les impostures commises contre nation. Les slogans criés à l’unisson par des milliers de voix sont catégoriques et sans appel : « makanche el intikhabat ya issabat » (Pas de d’élection avec la « bande »). Cela veut dire clairement que ni le panel du dialogue et de la médiation, copieusement vilipendé tout le long du mois d’août, ni les promesses du chef d’Etat intérimaire, ni les assurances et les mises en garde du chef d’Etat major, ni même l’institution de la nouvelle commission nationale électorale indépendante ne sont aux yeux du hirak un motif de satisfaction de ses revendications. Les voies du dialogue sont elles bouchées à ce point ? Ni l’autisme des uns, ni la radicalité des autres, ni même les ruses de Sioux ne semblent produire de la visibilité sur le proche avenir. On n’est vraiment pas sorti de l’auberge. Demain sera un autre jour. Espérons qu’il sera porteur de lueur d’espoir et que les voix de la sagesse et de la sagacité prendront le dessus sur ce qu’on l’entêtement. Un vieil adage de notre terroir dit : « Taghenant, takhessart » (l’entêtement mène à l’échec).

A mes lecteurs, je me dois de m’excuser de n’avoir pas pu honorer la couverture du 30 ème vendredi du hirak à Sétif, pour un motif indépendant de ma volonté.
Hamoud ZITOUNI.


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