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ES SÉTIF : La grande désillusion

samedi 6 mai 2006, écrit par : Adel Mahmane, Le Quotidien d’Oran, mis en ligne par : Boutebna N.

Au-delà de la déception provoquée par l’élimination de leur équipe, jeudi dernier, par le Mouloudia d’Alger, les supporters de l’ESS (en particulier ceux qui ont bravé un temps de chien pour se déplacer à Bouira), n’arrivent pas à digérer l’indigence du jeu développé, la nonchalance de certains éléments et cet affligeant manque de hargne. Ce n’était qu’un quart de finale de Coupe d’Algérie, c’est vrai, et il fallait bien que l’un des deux protagonistes y laissât des plumes. Il reste, toutefois, et cela est indéniable, que l’Entente sétifienne, si chère au regretté Rachid Kazima, ravi quelques jours plus tôt à l’affection des siens, et à qui le destin a épargné le désolant spectacle de jeudi après-midi, a perdu ce qui faisait sa force, la combativité. Devant un MCA, lui-même surpris par la misérable production de son adversaire, les hommes de Belhout n’ont même pas réussi à faire illusion. Dominés dans tous les compartiments de jeu, dépassés par la maîtrise collective et individuelle des camarades de Badji (auteur d’un but somptueux), les Sétifiens n’ont jamais donné l’impression de jouer pour gagner. Le coup-franc de Derradj sur la barre, les rares échappées mal exploitées de Benchaïra, la reprise acrobatique de Bourahli et les quelques tours de passe-passe de Hadj-Aïssa n’ont pas pesé bien lourd devant la farouche volonté de Deham et de ses camarades. Tout cela conduit à s’interroger sur les origines du mal qui ronge l’ESS depuis des lustres. Un mal qui fait que le dernier titre remporté par Sétif remonte à 1989. Osons quelques hypothèses (pas si hypothétiques que cela, au demeurant).

Primo (c’est une vérité qui peut paraître déplacée dans le contexte d’aujourd’hui mais une vérité reste... une vérité !), l’Entente d’aujourd’hui est constituée, sur le terrain, d’une association hétéroclite de joueurs de divers horizons qui ne sont à Sétif que pour deux objectifs. En l’occurrence, et dans l’ordre, palper des billets de banque et se faire un nom.

Secundo, l’environnement convivial, familial et chaleureux qui entourait jadis le club s’est éteint dans les limbes de l’oubli. Tertio, la discipline et le respect des couleurs, auxquels le regretté Mokhtar Arribi avait voué toute sa vie de footballeur et d’entraîneur, n’appartiennent plus au vocabulaire de l’Entente d’aujourd’hui. Par exemple, de nos jours, on choisit de faire jouer un Bourahli qui rate (sans doute pour des histoires de sous) plusieurs séances de préparation, tandis que Mokhtar n’hésitait pas une seconde à évincer, pour quelques minutes de retard à l’entraînement, des pointures (des vraies) comme Lounis Mattem, Nacir Adjissa ou Malik Zorgane.

S’il est exact qu’on ne ressuscite pas le passé, il n’en reste pas moins vrai qu’il ne coûte rien de s’y référer. Tourner le dos aux vertus qui ont forgé « l’Entente de la gagne », c’est une forme de mépris envers les milliers de supporters qui chérissent le club, aux quatre coins de l’Algérie.

Et lorsque pour des considérations « sonnantes et trébuchantes », l’on choisit de suivre un autre chemin, l’on devrait se garder de gaver les fans de promesses sans lendemain.

Souvenons-nous, en effet, que les dirigeants et les entraîneurs du club n’ont eu de cesse, depuis la qualification pour les quarts de finale, de pérorer que la Coupe d’Algérie était devenue, à la fin d’une saison menée en dents de scie, « l’objectif n°1" du club et « qu’on allait voir ce qu’on allait voir... ». Les supporters de l’équipe, sevrés de titres depuis plus de 17 ans, malgré les milliards engloutis, ont naïvement cru que « El Kahla », tel le phénix, allait renaître de ses cendres, et que Hadj-Aïssa, Benchaïra, Ziaya et consorts étaient sur le point de rappeler Koussim, Messaoudi, Khemicha, Salhi et tous ceux qui, sans tricher, mouillaient réellement le maillot blanc et noir.

La désillusion n’en est que plus douloureuse, car le « festi » (comme on dit à Sétif) ne paie pas éternellement. « La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non point à ceux qui prétendent la détenir ». Cette pensée de Condorcet s’applique comme un gant aux dirigeants sétifiens.

Adel Mahmane


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