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Trois agences de contrôle technique automobile à Sétif
Des mesures restrictives de re-contrôle s’imposent à l’avenir
lundi 10 juillet 2006, par
A Sétif, l’EPE COTA spa implantée au niveau de la zone industrielle figure parmi les 23 agences nationales performantes agréées. Elle enregistre entre 1 500 et 2 000 visites mensuelles.
Dans le cadre du contrôle technique des éléments techniques constituant les véhicules de tous types, l’action de l’Etablissement national de contrôle technique automobile (ENACTA), lancée à Sétif depuis mars 2003, se fixe un double objectif, à savoir la mise en sécurité du citoyen et le renouvellement du parc roulant national. Pour rappel, depuis 1988, la mission de contrôle visuel était assumée par les services des mines dont la portée n’avait pas d’incidence notable sur la rigueur de l’opération.
A présent, les agences agréées par l’établissement national qui relève du ministère des Transports, sont dotées d’un matériel performant et informatisé qui répond aux normesinternationales à même d’assurer le contrôle technique de 133 points pour les véhicules légers et 153 pour les véhicules lourds. Ainsi, on apprend que le coût de l’investissement d’une agence à quatre lignes, celle apte à assurer le contrôle de tous les types de véhicules existant sur le parc national, s’élève à 9 milliards de centimes tandis qu’une agence à deux lignes, destinée essentiellement aux véhicules légers, revient à 3 milliards.
A Sétif, l’EPE COTA spa implantée au niveau de la zone industrielle figure parmi les 23 agences nationales performantes agréées. Elle enregistre entre 1 500 et 2 000 visites mensuelles. Cependant, en l’absence de statistiques officielles et à l’heure où aucune mise à jour n’a été opérée au niveau des différents services administratifs locaux, le parc roulant de la wilaya de Sétif ne peut être évalué. Aussi, les services opérés au niveau des deux agences privées ne peuvent être estimés. On apprend que l’une d’entre elles, implantée à Tizi N’Bechar, à la limite de la wilaya de Béjaïa, assure un rendement qui avoisinerait les quelque 5 000 véhicules, un chiffre jugé aberrant par les spécialistes si l’on considère que la tranche horaire impartie au contrôle dure une quinzaine de minutes.
Aussi, des échos parvenus de certaines agences relevant de wilayas limitrophes font état de concurrence déloyale. Les procès- verbaux délivrés lors des contrôles sont erronés et souvent vierges, nous affirme-t-on. En fait, les véhicules soumis au contrôle technique sont ceux mis en circulation avant le 1er janvier 1996 et les points de sanction au nombre de 10 comportent essentiellement le défaut du système de freinage, de direction, de suspension, de visibilité, de pneumatiques, de pollution et d’identification.
Certaines agences, nous explique-t-on, dans un souci de recouvrement précipité de l’investissement, ont recours à des agissements illégaux. Ainsi, certaines déclarations font état de ce que la rigueur de l’agence relevant du secteur n’est guère appréciée par la clientèle au profit de privés non scrupuleux.
Le contrôle déloyal est d’autant plus redouté avec l’imminente ouverture de trois agences à Aïn Oulmane et El Eulma, fiefs de la contrebande et du trafic en tous genres. A ce sujet, Saoudi Ferhat, chef de l’agence publique de Sétif, préconise le redoublement des contrôles inopinés, programmés par l’ENACTA au moyen de camions de re-contrôle à la sortie des agences. Un moyen, selon lui, apte à dissuader les fraudeurs et à mettre fin aux P-V erronés. Une action aussi qui devrait trouver son prolongement au niveau de la mission de contrôle des agents des services de sécurité. Ce qui constitue en quelque sorte une réponse aux préoccupations des citoyens, eu égard à la vétusté du transport urbain à Sétif, entre autres. « Les transporteurs sont toujours aux aguets, selon le chef d’agence COTA, en plaçant de nouveaux pneumatiques ou en modifiant quelques pièces à l’origine de la pollution, juste le temps de la séance de contrôle du véhicule ». Parfois même, c’est la compétence langagière des agents de sécurité qui est mise à l’index, ce qui relève, selon nos témoignages, de l’incompétence à déchiffrer en langue française les points de sanction indiqués sur le P-V, ceux indiquant l’interdiction de circuler essentiellement.
Enfin, il est à rappeler que l’opération de contrôle de véhicules sera étendue progressivement à la tranche des 10-15 ans puis des 1à 6 ans d’âge dans les années à venir. Le coût du contrôle d’un véhicule lourd revient à 2 000 DA, celui du bus à 1 600 DA alors que celui du véhicule léger revient à 800 DA. Mais, dans le cadre du programme de renouvellement du parc automobile national, les contrôleurs questionnés restent unanimes sur l’option du véhicule neuf à l’avenir grâce aux moyens de dissuasion opérés au niveau des agences de contrôle, à savoir les décisions de visites périodiques, les contre-visites, immobilisations et mises à la fourrière du véhicule.
A. B
Abdelhalim Benyelles, La Tribune