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Sarkozy en visite au Maroc

mardi 23 octobre 2007, écrit par : S. A. I. Le Soir d’Algérie, mis en ligne par : Boutebna N.

Le président français, Nicholas Sarkozy, qui, en juillet dernier, dut amputer son périple maghrébin de l’escale marocaine, se rattrape en y effectuant depuis hier une visite d’Etat, autrement dit avec un agenda et une charge de travail amplement plus étoffés. Contrairement à son séjour algérois où il a été beaucoup plus d’expression d’intentions de coopération, les amours politico-économiques françaises à l’endroit du royaume semblent toujours tenir bon.

Sofiane Aït-Iflis Alger (Le Soir) - Autant sinon davantage que durant la magistrature passée. A la différence que, avant son avènement à l’Elysée, Nicholas Sarkozy avait plaidé des rapports de voisinage plus ou moins équilibrés, c’est-à-dire qui ne souffriraient plus des stratifications passées et ce, pour donner de la consistance mais surtout des chances d’aboutissement à son projet fétiche d’Union méditerranéenne. Un projet qu’il voulait, sans franchement l’avouer, comme substitut au très peu réussi processus de Barcelone. Slogan de campagne certes, mais à ce niveau de l’exercice politique il ne pouvait être qu’engageant. L’idée, il est vrai, n’a pas enthousiasmé beaucoup de monde hors de l’Hexagone, mais ce n’est pas sans raison valable, comme d’aucuns auraient été amenés à déduire. Ceux d’entre les Etats auxquels est naturellement faite la proposition de meubler cet espace méditerranéen, raisonné, par Nicholas Sarkozy n’ont du tout pas été dupes pour vite s’afficher dans une posture de candidats grandement intéressés.

Il est aisé, avec le recul pris, de constater qu’ils n’ont pas eu tort de se montrer autant réservés par rapport aux perspectives de conglomérats régionaux que proposait le président français. Le temps a fini par donner raison aux Etats, comme l’Algérie, qui ont fait acte de prudence quant à ne pas s’enfiévrer pour l’idée sarkosienne de façonner un espace méditerranéen où l’équité et les équilibres feront offices de socle. Le chimérique dans cette idée est apparu dès l’été dernier où le président français dut se résigner à amputer sa tournée maghrébine de son escale marocaine. Le président français, formé à l’école de la realpolitik, ne semble, ce faisant, pas avoir perdu de vue que seul prime l’intérêt français, quitte à souffrir par la suite de ce que son idée d’union méditerranéenne reste un projet inabouti. Il doit au demeurant déjà ressentir les prémices de l’avortement précoce de son projet, dès lors qu’il a choisi de ne bifurquer en rien de la politique extérieure française telle qu’elle lui a été léguée par ses prédécesseurs. Sa visite d’Etat au Maroc le confirme si besoin est. En effet, contrairement à ses séjours algérois et tunisien, Sarkozy, au Maroc, devra, deux jours durant, travailler à la consolidation de la relation franco-marocaine, au double plan économique et politique. Une consolidation qui passe non pas pour passer en revue les opportunités de coopération mais par le lancement de projets concrets, à l’instar du TGV. L’inauguration de Renaut- Nissan, la plus grande usine française en Afrique, prévue au programme du président français, officie comme l’illustration parfaite des préférences et choix français pour le Royaume. A plus forte raison, lorsqu’on sait que le Medef, dont une mission a été attendue à Alger récemment, a fait lui aussi le choix d’ajourner son déplacement, au motif peu convaincant que Sarkozy y sera au courant du mois de novembre. Il est clair que le patronat français n’agit pas dans le souci d’éviter une quelconque entorse au protocole. Sa mission aurait pu bien s’accomplir bien avant que Sarkozy ne vienne. Du moins, elle ne dérangerait en rien le calendrier présidentiel. Les industriels français, au nombre de 70, accompagnent bien au Maroc le président Sarkozy.

Mercredi, ils participeront à un forum économique au cours duquel le président français prononcera une allocution. Faut-il rappeler que la France reste le partenaire de choix du Maroc avec un volume d’aide financière évalué l’an passé à 176 millions d’euros. Ce qui représente les 30,9% du volume des aides publiques octroyées au Maroc. La France reste, par ailleurs, le premier partenaire économique du Maroc, avec une amélioration nette de l’ordre de 2,6% pour l’année 2006. Passe sur les contrats d’armement que le Maroc serait sur le point de signer avec l’Hexagone. Évidemment, au plan géopolique l’entente franco-marocaine ne peut qu’être défavorable à la cause sahraouie. Plus clairement, sur ce chapitre, la politique étrangère de la France est restée inchangée.


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