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M. Khelifi Farid Directeur des transports de la wilaya : « La régie et le tramway, des réalités palpables »

mercredi 31 octobre 2007, écrit par : N. Lalmi, El Watan, mis en ligne par : Djamel Krache

Sétif attend depuis 2006 la mise en service de la régie des transports, qu’en dites-vous ?

Créée par décret présidentiel en 2006, l’entreprise de transport urbain de Sétif (ETUS), dont le siège social est situé à l’ancien parc de la SNTV, a bénéficié d’une trentaine de bus flambant neufs. Sa mise en service a été l’objet d’une étude réalisée par un bureau spécialisé, seulement le terrain choisi pour le stationnement de ces véhicules a déjà été octroyé, et un problème d’assiette foncière retarde le démarrage de cette entité qui va changer le visage du transport urbain à Sétif. L’APC n’a pas réglé, à ce jour, le problème de l’aire de stationnement, prévue initialement pour la future entreprise, devant générer de nombreux postes de travail et une meilleure prise en charge du transport en commun.

Certains « bus », tas de ferraille, sont la 1ère cause d’accidents et de pollution en milieu urbain, la qualité des services fait honte à la corporation clochardisée. La direction des transports, ne peut-elle y mettre un peu d’ordre ?

Aucune condition réglementaire ne nous permet d’imposer une condition de nouveauté de matériel roulant aux transporteurs. Le simple procès-verbal, établi par le service du contrôle technique, donne aux opérateurs le droit de rouler. Comme le remplacement des transporteurs est gelé jusqu’à nouvel ordre, le wali et la direction des transports prennent le critère de série du véhicule comme première condition à la délivrance de lignes. Quant à la qualité des services, la direction des transports fait l’impossible. Malgré le nombre réduit du personnel de cette dernière, des inspections assez fréquentes sont faites sur les différentes lignes de transport, et grâce à la collaboration des services de sécurité, police et gendarmerie nationale, chaque lundi, au moins une cinquantaine de transporteurs, contrevenant à la réglementation, sont déférés devant une commission qui prend les mesures nécessaires pour réprimer les infractions. Les chauffeurs de taxis ne peuvent exercer sans un permis de place, or, les usagers du transport urbain se plaignent de leur comportement irresponsable. La réglementation impose aux chauffeurs de taxis un permis de place, mais pas aux chauffeurs de transport public. Pour conduire un autobus bondé, il suffit d’avoir la catégorie D sur son permis de conduire. Le public se plaint du jeune âge des conducteurs, mais on ne peut rien y faire. Une formation de chauffeurs de bus, comme celle de chauffeurs de taxi, va bientôt être mise sur pied, espérons que ça améliorera un peu les services dans le transport public.

La gare routière de Sétif est saturée matin et soir, Bougaâ et Aïn Azel attendent de bénéficier de gares...

Ces stations sont du ressort des collectivités locales, même si le ministère des transports participe, selon ses possibilités, dans ces projets. Une nouvelle gare routière, qui permettra de désengorger l’ancienne et d’équilibrer un peu le flux des voyageurs sur la capitale des Hauts-Plateaux, sera bientôt construite du côté est de Sétif, à El Hassi. Aïn Oulmène a bénéficié, lors du programme des Hauts-Plateaux, d’une gare routière qui sera opérationnelle au plus tard à la fin du 1er trimestre 2008.

N’existe-t-il pas une relation étroite entre les services du contrôle technique et la direction des transports ?

D’un point de vue réglementaire, les services du contrôle technique relèvent d’un organisme indépendant l’ENACTA, qui gère le réseau national de contrôle technique de véhicules, et la direction des transports n’y a nul droit de regard. Seulement, dans ses dernières recommandations, le ministre des Transports a recommandé aux directions de wilaya de s’impliquer plus dans le contrôle technique. Des réunions avec les opérateurs de contrôle technique ont été organisées durant l’été, elles visent une meilleure approche et une meilleure compréhension de la situation.

Où en est le projet du tramway ?

L’entreprise du Métro d’Alger, maître d’ouvrage, a confié à un groupement de bureaux d’études franco-belge, EGIS RAIL TRANSURB TECHNIRAIL, l’étude de faisabilité du projet au niveau de la ville de Sétif. L’opération, qui a débuté le 15 septembre 2007, devrait durer quelque 8 mois. Le wali a institué un comité de pilotage, formé de tous les services techniques de la wilaya et de la wilaya, ainsi que de membres de la société civile qui ont pour tâche de cadrer l’étude et de permettre l’élaboration d’un tracé en fonction des besoins réels de la cité. Des équipes s’attellent déjà à la collecte d’informations nécessaires à cette étude.

Pourquoi les taxis n’utilisent pas de compteurs ?

Il y a en tout 2 770 licences de taxis attribuées, et 2282 d’entre elles sont exploitées. Les nouvelles compagnies de taxis qui apparaissent utilisent le compteur sans aucun problème. Les demandes sont nombreuses, et la direction des transports attribue des pré-agréments aux personnes désireuses de s’établir, l’agrément définitif étant du ressort du ministère des transports.

L’aéroport du 8 Mai 1945 manque des commodités élémentaires, comme le tapis collecteur de bagages... Autre chose, l’extension de la piste n’a toujours pas été réalisée...

La gestion des services aéroportuaires n’est pas de notre ressort, mais de celui de l’entreprise de gestion des services aéroportuaires (EGSA). La direction des transports ne s’occupe que de la conception de la structure. Nous avons réalisé une belle œuvre, et nous essayons quand même de l’équiper ; une demande pour une rallonge budgétaire a été soumise, et nous attendons l’inscription, comme nous attendons encore l’inscription de l’extension de la piste de l’aéroport à 2 900 m. Ceci permettra l’accueil des gros porteurs, qui ouvriront la porte aux départs des pèlerins aux Lieux Saints. La population espère une meilleure prise en charge et une meilleure qualité des services dans le domaine des transports, et aux différents intervenants de lui donner satisfaction.

N. Lalmi, El Watan


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