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Utilisation abusive des antibiotiques : Sonnette d’alarme tirée depuis Sétif

samedi 3 mai 2008, écrit par : F. Senoussaoui, Liberté, mis en ligne par : Boutebna N.

édecins et patients ne doivent recourir à ce genre de médicament que dans les cas qui le nécessitent et après un diagnostic très précis et exhaustif, cependant il faut mettre les moyens à la disposition des praticiens de la santé afin d’y parvenir

Des spécialistes en infectiologie de France et d’Algérie ont tenu un point de presse au niveau du service d’infectiologie du CHU de Sétif, en marge des 2es Journées d’infectiologie sous le thème “Les antibiotiques, mieux prescrire pour les préserver”. Les conférenciers ont tiré la sonnette d’alarme quant à l’utilisation abusive des antibiotiques. En effet, lors de son intervention, le professeur Abdelmadjid Lechheb, médecin-chef de service au CHU de Sétif, a rappelé le rôle des médias dans la sensibilisation des usagers des antibiotiques. En effet, selon ce dernier, cette classe de médicaments, largement utilisée, est de plus en plus menacée par la résistance bactérienne. Les antibiotiques sont de plus en plus rares au point où cette situation inquiète les professionnels de la santé publique et constitue une préoccupation mondiale. D’ailleurs, l’OMS a, dans une récente résolution, prié les États membres d’élaborer des mesures pour encourager une utilisation appropriée et économiquement rationnelle de ces médicaments. Selon le professeur Nouasria du CHU de Sétif, la première étape consiste à sensibiliser les médecins et professionnels de la santé pour éviter les prescriptions inutiles tout en s’adressant au grand public afin de réduire la surconsommation de cette classe de médicaments qui a coûté l’an dernier plus de 32 milliards dont 4 milliards pour le seul CHU de Sétif.

Par ailleurs les professeurs A. Dublanchet et C. Carbon de Paris mettront à profit l’expérience française dans le domaine de “la lutte” contre l’utilisation abusive des antibiotiques en France et les résultats auxquels ils sont parvenus. “Avant d’appliquer des mesures de sensibilisation à l’égard des usagers et une formation pour les médecins, et au moment où les réserves actives sont en train de s’épuiser, nous avons constaté que la moitié des prescriptions d’antibiotiques sont inutiles. Après l’application de cette campagne, la consommation a diminué d’une manière très significative”, a affirmé le professeur Dublanchet. “L’utilisation des antibiotiques a été banalisée au point où tout le monde les prescrit alors que plus on en consomme plus on favorise la résistance et on risque de ne pas en trouver dans les stocks. Médecins et patients ne doivent recourir à ce genre de médicaments que dans les cas qui le nécessitent et après un diagnostic très précis et exhaustif, cependant il faut mettre les moyens à la disposition des praticiens de la santé afin d’y parvenir”, a renchérit le professeur Claude Carbon. Chaque pays doit avoir sa propre stratégie dans ce domaine et le but des scientifiques et spécialistes est de sensibiliser les politiques à ce “drame” qui menace toute la population de la planète. De son côté, le professeur Lechheb précise que les conséquences de ces résistances sont nécessairement une surmortalité et un surcoût dans les dépenses de l’État.
Il est attendu que les séminaristes, venus des quatre coins du pays, dégagent à la fin des journées des propositions de recommandations qui serviront ultérieurement à une meilleure maîtrise de ce phénomène.


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