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Pr. Lehtihet (Directeur de la santé de la wilaya)

« Le privé comme le public ne doit pas prendre le malade en otage »
mercredi 18 juin 2008, écrit par : Nabil Lalmi, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

e nouveau directeur de la santé de Sétif, qui tente de redorer le blason d’un secteur aussi stratégique que la santé, a bien voulu répondre et sans détour à nos questions.

Peut-on avoir une idée sur la situation du secteur ?

La wilaya de Sétif est très bien lotie en matière d’infrastructures, en comparaison avec d’autres régions du pays. En plus des structures déjà existantes, 9 établissements publics de santé de proximité (EPSP), 4 établissements publics hospitaliers (EPH) à Aïn Oulmène, Aïn El Kebira, Bougaâ et El Eulma, 2 établissements hospitaliers spécialisés (EHS) à Ras El Ma et Aïn Abessa, 1 établissement hospitalier (EH) à Aïn Azel, et bien sûr le CHU de Sétif avec ses trois branches, le CHU central, l’hôpital mère-enfant et la clinique ORL/ophtalmologie, un centre anti-cancer, en voie d’achèvement, et les bâtiments seront réceptionnés avant la fin de l’année. Ce centre est d’une grande importance, non seulement pour la wilaya, mais pour tout le bassin sétifien, qui compte une population de plus de 5 millions d’habitants et aussi pour tout l’est du pays. Ce centre sera équipé de 3 accélérateurs. Pour ce faire, l’équipe médicale est déjà en formation, 5 résidents suivent un cursus en oncologie médicale et 3 en radiothérapie. Un hôpital de gériatrie, d’une capacité de 120 lits est également prêt ; en phase d’équipement et de finition, il sera doté de 2 blocs opératoires. En outre, un centre de transfusion sanguine, entité prestataire indépendante, sera livré d’ici un mois, au début de l’été. De même, le chantier de l’annexe de l’institut Pasteur est sur la bonne voie. Par ailleurs, des centres d’hémodialyse ouvriront bientôt à Aïn Oulmène et à Aïn El Kebira.

Le citoyen se plaint des mauvaises conditions de prise en charge des patients au niveau de l’hôpital mère-enfant et du pavillon des urgences du CHU central, du manque de personnel médical et paramédical, du manque d’équipement dans toutes les structures, qu’en est–il ?

Notre principale préoccupation est l’amélioration de l’accueil et des prestations au niveau des services de pédiatrie et de gynécologie de l’hôpital mère-enfant. Les problèmes qui perdurent au niveau du service de gynéco-obstétrique doivent être réglés. Nous sommes en concertation permanente avec les différents acteurs du secteur, le dialogue est ouvert pour trouver une solution définitive et radicale. Le déficit en gynécologues se pose au niveau national et nous tentons d’y remédier en faisant travailler, même de nuit, le peu de personnel médical disponible. On est en train de procéder à la modification de la structure du pavillon des urgences du CHU, on a nommé un chirurgien à la tête de ce service et ce sont les médecins eux-mêmes, exerçant sur place, qui ont indiqué les modifications à faire dans un souci d’efficacité et selon leur expérience et leurs besoins. Question équipement, 3 scanners multibarrettes sont prévus à Aïn Oulmène, Aïn El Kebira et Bougaâ. Le CHU de Sétif bénéficiera, lui, d’un second scanner et d’une IRM, ce qui permettra peut-être d’assurer une couverture sanitaire satisfaisante.

La couverture sanitaire des régions éloignées et enclavées prête-t-elle à équivoque ?

Des polycliniques en chantier sont implantées à El Hidhab dans la ville de Sétif, Boutaleb, Salah Bey, Ouled Si Ahmed, Rasfa, Aïn Oulmène, Béni Aziz (La polyclinique a été transformée en hôpital d’une capacité de 60 lits), Aïn Legredj et aussi Draâ Kebila (un retard a été marqué à cause d’un problème de terrain, réglé maintenant). La mise à niveau des polycliniques existantes fait partie de nos priorités, ces établissements doivent être à même d’assurer un service et les prestations adéquates. Nous voulons les rendre autonomes, elles seront équipées en laboratoire, en radios, fauteuils dentaires et un service d’urgence en mesure de traiter sur place. Des recrutements sont au programme, à savoir 64 postes de généralistes, 20 de chirurgiens dentistes et 8 pharmaciens ; il s’agit de combler le vide existant au niveau des EPSP de la wilaya et selon les orientations du ministre de la Santé, on doit procéder à la hiérarchisation des soins et catalyser les bonnes intentions pour être performants et efficaces. Des concours seront lancés bientôt pour la formation de 75 sages–femmes, 10 anesthésistes, 10 kinésithérapeutes, 20 techniciens de laboratoire et 104 aides–soignants.

On entend parler de certains abus et dépassements, et d’une nouvelle application de la médecine « commerciale », surtout dans le privé où chacun en fait à sa tête, un mot à ce propos ?

Le privé comme le public se doit de respecter la réglementation et ne pas prendre le malade en otage. Les organes de contrôle existent, les textes aussi, on doit les mettre en application pour l’intérêt et le bénéfice du malade. Avec les responsables des structures médicales, du public comme du privé, et à travers des réunions et des inspections régulières, nous œuvrons à améliorer la situation et à apporter des correctifs quand cela est nécessaire. Cela dit, la situation du secteur de la santé à Sétif serait des plus satisfaisantes, si des efforts étaient faits par tous les acteurs de la santé dans le respect de la déontologie. Tout doit être mis en action pour faire mieux et assurer une couverture sanitaire satisfaisante dans la wilaya.


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