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Cimenterie de Aïn El Kebira : La dépollution entamée

lundi 3 avril 2006, écrit par : Kamel Beniaiche, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

Les centaines d’asthmatiques et leurs concitoyens de la région de Aïn El Kebira « assommés » par la poussière de la cimenterie, qui leur a empoisonné la vie des décennies durant, vont à partir du mois d’avril prochain, pouvoir respirer de l’air.

Ainsi, la Société des ciments de Aïn El Kebira (SCAEK), une filiale de l’entreprise des ciments et dérivés de l’Est (ERCE), qui s’est engagée dans un processus de sauvegarde de l’environnement, est donc sur le point de réussir un pari, lancé en 2003 (voir El Watan du samedi 20 mars 2004). Les travaux d’installation d’un filtre à manche fonctionnant sans eau et doté d’une technologie, avancent à grandes enjambées. Tous les moyens de l’entreprise ayant arrêté la production au début du mois de mars sont réquisitionnés pour la réussite de l’opération. Une fois le système installé, la poussière dégagée ne dépassera guère les 10 mg/m3. Ce taux, selon M. Hassous, le PDG de SCAEK, dépasse les normes internationales qui tolèrent 150 mg/m3. Soucieux des désagréments causés à la population et un environnement abîmé, les gestionnaires du dossier, vont réceptionner le filtre, bien avant l’expiration des délais, fixés à juillet 2006. L’on apprend que ce filtre pris en charge par A.S filtre (une société française, filiale d’une entreprise américaine) a coûté 1,01 milliard de dinars. D’autres filtres (filtre à gravier et autres) sont au programme de la SCAEK, faisant désormais de la protection de l’environnement sont autre cheval de bataille. Pour cette deuxième opération, une enveloppe de 710 millions de dinars a été débloquée. L’on apprend que la mise en service de cet ambitieux « projet », l’unique en son genre en Algérie, sera donnée par Cherif Rahmani, le ministre de l’Environnement. L’arrêt technique de la cimenterie produisant annuellement plus d’un million de tonnes de ciment s’est répercuté sur le prix d’un produit faisant ces jours-ci l’objet d’une spéculation : « La suspension conjoncturelle de l’outil de production a effectivement accentué la tension sur le ciment. Le contexte donne des idées aux spéculateurs qui profitent de ce manque qui ne va pas s’éterniser. Avec la relance prochaine de la production, tout rentrera dans l’ordre. Cela dit, les grands projets lancés par l’Etat n’auront aucun problème d’approvisionnement », nous confie le numéro un de SCAEK qui continuera, dit-il, à prêter main-forte (financièrement s’entend) à l’association des asthmatiques et aux clubs sportifs de la région qui « respirent » grâce aux aides de l’entreprise précitée. « L’installation du filtre qui est désormais une réalité palpable nous permet de souffler un peu. Les gens d’El Kharba (bourg situé à 500 m de l’usine) qui ont tant souffert d’un tel cauchemar vont devoir ouvrir leurs fenêtres, restées plus de vingt ans fermées », ce sont là les propos de Nadir, un citoyen, résumant le sentiment général qui anime toute une population meurtrie par les rejets de la cimenterie qui a fait couler beaucoup d’encre et d’incommensurables quantités de « poussière ».

Kamel Beniaiche


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