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El Hamma, Boutaleb et Rasfa (Sétif)

Des localités d’un autre temps
mercredi 27 avril 2005, écrit par : Boutebna N.

A l’instar de Harbil, Guenzet, Aïn Sebt, Serdj El Ghoul et Babors, certaines localités de la daïra de Salah, telles que El Hamma, Boutaleb et Rasfa ont beaucoup souffert des exactions des hordes terroristes. Ces trois bourgades ont, à elles seules payé un lourd tribut en vies humaines. De nombreuses infrastructures (école, centre de soins, CFPA, parc communal et station thermale) ont été incendiées. Des bourgs comme El Hamma-Centre étaient à un certain moment des zones inaccessibles. Le courage et la détermination des hommes sont parvenus à vaincre l’hydre qui a traumatisé, des années durant, la population de ces contrées qui méritent à la fois respect et une meilleure prise en charge des problèmes d’un quotidien par facile à vivre ici où tout est ennemi de l’homme. A El Hamma, Boutaleb et Rasfa, tout est à faire car ces bourgades sont dépourvues du strict minimum. Située à 75 km de Sétif et à 55 km du chef-lieu de la daïra (Salah Bey), El Hamma-Centre, possédant une station thermale qui peut une fois réhabilitée être une source financière non négligeable pour la commune, souffre paradoxalement du problème d’eau. En cet endroit, les citoyens n’étanchent pas aussi facilement leur soif et attendent avec impatience l’achèvement des travaux de réalisation des forages devant, nous dit-on, d’ici juin atténuer la pression engendrée par le manque d’eau. Au chef-lieu de la commune, l’électricité pose problème. Le système D est le seul moyen utilisé par les citoyens pour s’éclairer. Des branchements prennent, d’un bord à un autre de la route, la forme d’une toile d’araignée, qui risquent à la moindre étincelle d’engendrer la catastrophe. « Le lotissement jouxtant le lycée où j’habite depuis 20 ans attend vainement l’électricité », nous confie Mme Bakhouche. En matière de couverture sanitaire, la situation n’est guère reluisante. En sus des déficits en médecins la nuit, la permanence n’est pas assurée au niveau de la « polyclinique » qui a besoin d’un lifting. Les naissances et les dangers encourus par les femmes enceintes évacuées vers Sétif pour accoucher préoccupent les citoyens. Un agent de l’APC révèle : « La commune ne possédant pas de salle d’accouchement n’enregistre annuellement que de rares naissances. Les femmes enceintes sont au péril de leur vie, obligées de parcourir plus de 75 km pour accoucher, si elles ne meurent pas en cours de route. » Du côté de Boutaleb, la désolation est totale. Sur une population de 10 000 habitants, seulement 200 foyers sont, nous dit-on, dotés de téléphone. La vie dans les hameaux de Boudjlikh, Fnifa, Bouedjam et Guebardelah est presque impossible, car en ces lieux isolés le dénuement est total. Le problème du transport est l’une des causes de la déperdition scolaire. Ainsi, sur 289 élèves, plus de 110 de Dar El Beïda, devant prendre quotidiennement le chemin de Boutaleb ou Hamma, ont déserté cette année les bancs de l’école. Les parents démunis ne peuvent supporter des frais de scolarisation de plus en plus croissants. « En ces lieux dont le strict minimum est inexistant, les études secondaires et universitaires sont devenues des privilèges réservés aux nantis qui ont les moyens de financer la scolarité de leur progéniture », nous dit cheikh Ahmed, un sexagénaire. Notre interlocuteur nous fait part de la situation prévalant à Anouel, Benellemai, Haddada, Abla, villages désertés à cause de la bête immonde qui a, tout au long des années de braise, imposé son diktat. Avec le retour au calme, les citoyens qui veulent revenir ont, dit-il, besoin de l’aide de l’Etat pour réhabiliter des demeures saccagées. « La réconciliation nationale qui est souhaitée par tout le monde doit avoir un aspect économique. On ne peut se réconcilier avec soi-même et avec une nature hostile sans le moindre sou. Pour obtenir l’adhésion des citoyens des zones enclavées qui ont été les plus ciblées par le terrorisme, le président de la République ne doit, à mon sens, pas négliger cet important volet », conclut-il. Les jeunes à l’instar des filles de la maison de jeunes d’El Hamma qui ne possèdent aucun moyen de loisirs et de distraction ne demandent pas la lune. La structure est déficitaire en matériel pédagogique, ne dispose pas d’un chauffage et n’est pas du tout fonctionnelle. Les filles, qui poursuivent en ces lieux une formation de couture, n’ont à leur disposition que cinq machines à coudre dont trois en panne. La disponibilité du tissu (outil d’apprentissage) est l’autre casse-tête chinois des apprenantes. Le chômage tue à petit feu la main-d’œuvre de la région. Cette dernière, ayant opté pour les arbres fruitiers et l’élevage, attend les aides du fonds agricole qui n’arrivent toujours pas. Rasfa vivote, elle aussi, dans d’inextricables problèmes. Les habitants qui ont souffert en silence des sévices des criminels se considèrent comme d’éternels oubliés. L’un d’eux résume la détresse des siens en quelques lignes : « De nombreuses familles s’entassent, en 2005, dans des baraques du camp de concentration légué par la force coloniale. Le téléphone pose encore problème à une localité de 5000 âmes. 90 % de la masse juvénile se roulent les pouces. Ces exemples ne sont que des échantillons de moult problèmes vécus par les gens d’El Rasfa qui ne deviennent intéressants qu’à l’approche des échéances électorales... » Les citoyens des trois localités qui reviennent de l’enfer, ayant dernièrement exposé leurs difficultés au wali qui s’est déplacé sur les lieux où il a constaté de visu la galère de ces zones mises entre parenthèses des décennies durant, scrutent l’horizon...

Kamel Beniaiche


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19 commentaire(s) publié(s)
Commentaire n°21 :
c’est en effet la dur realité pour boutaleb je vien de la ba et on voi kan meme une augmentation de poste telephonique et meme des telephone portable. tahia el djazair ! Fouad

Réponse :

en tout cas sa ma fait super plaisir de voir pour une fois un paragraphe sur notre region boutaleb el hama etc.. merci encore !! j’ai quelque photo sur boutaleb si vous voulez il faut que je les scan et le tour est joué.

Réponse :

je viens de cette région également , plus précisément de Rasfa et ça fait plaisir car c’est la première fois que j’en entends parler ! si quelqu’un a des photos de cette région ce serait très sympa de les mettre ... c’est très joli et ça me manque tellement ! j’espère inchallah que cette situation s’améliorera , moi aussi j’aimerais tant aider ... mais comment ?? mes sincères salutations

Réponse :

oh oui SVP des photos mon père vient de ce village RASFA et j’y ai encore beaucoup de famille et l’homme de ma vie : mon père y est enterré. Je suis déjà émue en voyant ce simple mot -RASFA- sur internet alors des photos serait pour moi la plus grande joie.

Réponse de Tarek :

A vous deux, oh voisins de village. Je suis aussi originaire de RASFA et bien que né et vivant en France, je garde en moi cet amour qui me rattache à ce village. J’y retourne toutes les années et j’en reviens cette semaine. Il y fait chaud la journée et frais la nuit. Elle a été touchée par la sécheresse bien qu’elle a essuyée d’inombrables pluies (laissant un doux parfum que je sens encore). J’ai quelques photos mais elles ne vont surement pas vous interresser, mais, je peux vous les envoyer !!! N’hésitez pas à y aller... Il n’y a vraiment rien à craindre ! PS : a titre d’info... l’ancien nom de RASFA était Roséa !!!

Réponse de dinecicine :

Toute cette région est supert belle surtout pendant le printemps, je viens de Ainazel et El Hama je connais trop bien quel beau pays L’Algérie Machalah. Bon ramadan à tous Frère et soeur ( viva le arabes et le chawia)

Réponse :

salem aalikoume je viens de ain azel la cité hammouda. ma mère est de boutaleb(aith bourouba). Je vis en france et je noublies pas de venir chaque année voir ma ville ain azel et ses alentours comme boutaleb el hamma et aussi jebel tachrirth guigba et biskara (aith taleb). je passe le salem a mon frère Fouzi a nasse la cité hammouda surtout a roudji adel et a nasse el kranfa, communelle, el aazamia, bel azem et a tous les chaouis... saha ramdhankoume

Réponse :

salut moi aussi je suis de boutaleb même et vous ? si vous avez des photos ce serait bien de nous les montrer nous on en a mais on a pas de scanner !!! si vous pouvez répondez a ce message ce serait bien allez salam !!

Réponse :

Salam à tous et à toutes, Où que nous vivions sur cette terre, Sidi Amar est notre ancêtre, et il suivait la voie de Sidi Abd-El-Kader El Djilani. Qu’Allah acceuille tous les coeurs sincères en Son Paradis. Mouloud

Réponse de seghir :

merci d’avance si vous pouvez mettre a notre disposition les photos en question en particulier celles de anouel

Réponse de seghir :

salutations je suis a la recherche d’informations ou documents sur la region surtout djbel anouel et son role capital durant notre valeureuse revolution ainsi que ouled hlel
Commentaire n°28 :
oui je suis touché par ce message, car je suis originaire de boutaleb, comment faire pour aider, je peux le faire , certes avec des moyens limités, mais la volonté et la foi sont là, je peux aider avec des livres mais en français, (beaucoup de livres)dites-moi comment faire
bestal :
bonjour c pour la premiere fois que vous parliez de la la commune de boutaleb et je suis vraiment interressee par cette commune et ses nouvelles vu que c’est la ville de naissance de mon pere qui vit actuellement la bas il est retraite de la maison renault ,effectivement il se prenom cheikh ahmed c peut etre lui qui sait ,je n’ai plus de nouvelles de lui depuis quinze ans , j’attends d’autres nouvelles sur cette commune et si vous auriez une carte ce serai meilleur , sinceres salutations
Commentaire n°129 :
pourquoi vous ne parlez jamais d’ouled tebben !!!!!!!!!!!!!
Commentaire n°160 :
je connais tres bien la region je suis né laba et si je peut t’aider en koi ke ce soit je suis la.

Réponse de yasmine :

bonjour voilà j’ai mon père qui est né à el hamma et comme il a quité la région depuis 1950 je voudrais bien que quelqu’un m’éclair sur les origine des habitants de la commune et surtout je voudrais bien avoir une photo de cette région

Réponse :

bonsoir mon frere je suis un jeune algerien (algerois) m’ais d’origine de setif est je v on norvege depuis 7 ans est j’ais jamis visité cette region est c te veux biien meonvoyer des fotos de ain azel est jaryat ou juste ca ma f’ias tres plisire est je suis tres reconnaissent mon frere (wlid bladak walid)
intik :
Bonjour, Votre article m’a beaucoup intéressé car ma mère est née à El Hamma.C’est aussi le village où j’ai passé mes meilleures vacances et j’en garde plein de souvenir. Si quelqu’un a des photos de ce villages ce erait bien de les mettre sur le site pour que plein de gens puissent découvrir ces si beaux paysages. Merci
Commentaire n°5145 :
ORIGINAIRE DE BOUTALEB JE SUIS TRES FIERE ET HEUREUSE DE DECOUVRIR DES DOCUMENTS SUR CE PETIT BLED ET SES ALENTOURS

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