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Ouled Yahia (Babors) : Un bourg à l’état primitif

vendredi 30 janvier 2009, écrit par : M. Ben Mohamed, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

es habitants du douar Ouled Yahia souffrent de nombreux problèmes au quotidien. En l’absence de toute commodité, la population recourt à l’exode vers les localités et autres villes des alentours.

Il faut dire qu’une seule boutique existe dans cette localité oubliée des responsables, qui ne s’en souviennent qu’en période d’élections. Cette bourgade se trouve à 26 km à l’ouest de la commune des Babors, dans une région au relief très accidenté et difficile d’accès. Sa population se réduit à une soixantaine de familles, lesquelles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Seule un nombre restreint des habitants pratique l’agriculture, surtout le pastoralisme, les autres, notamment des pères de famille sans ressources, doivent se déplacer au chef-lieu de wilaya, à 80 km, et parfois à Alger à la recherche d’un emploi, pour un salaire qui souvent ne couvre pas les frais de déplacement. Le visiteur, en se rendant dans cette région, aura l’impression de se retrouver aux temps les plus reculés, de par le spectacle s’offrant à lui. Les maisons sont encore en terre glaise et autre pierraille, éparpillées ça et là, difficilement accessibles faute de chemin tracé ou bitumé. L’unique « route » n’est qu’un vestige des temps anciens. Il n’y a pas trace de voies secondaires, à part quelques pistes poussiéreuses qui se transforment en marécages à la moindre goutte de pluie. Cette carence en voies d’accès est l’une des causes de l’absence de transport. Pour se rapprocher du bourg le plus proche, Chorfa, les habitants doivent faire 7 kilomètres à pied. En matière d’énergie, le gaz naturel est un luxe dont n’osent même pas rêver les gens de Ouled Yahia ; hormis quelques familles qui se chauffent, luxe suprême, au gasoil, les autres en sont encore aux feu de bois ou au gaz butane, quand les moyens le permettent. Les canaux d’évacuation des sanitaires sont le privilège de quelques maisons longeant la rue principale ; la région est ainsi la cible des maladies de marécages et de toutes sortes d’épidémies.

Parcourir 7 km pour se rendre au collège

L’eau potable fait elle aussi partie des rêves des occupants de cette bourgade qui, à ce jour, utilisent encore des mulets pour s’approvisionner à partir de sources, sachant que seuls quelques rares foyers, sis au centre du douar, ont été branchés au réseau d’AEP. Parler d’éducation et de santé à Ouled Yahia serait également prétentieux, la région étant totalement déserte, dépourvue de toute commodité, à part un commerce appartenant à un particulier, qui permet aux habitants de faire leurs emplettes. Pour se rendre au collège, les élèves sont obligés de parcourir 7 km, jusqu’à Chorfa, en l’absence d’établissement du cycle moyen dans leur localité, laquelle ne compte qu’une seule école primaire. Fait qui a mis les parents d’élèves dans l’obligation de priver leurs enfants, les filles surtout, de scolarité. En matière de transport, la localité a bénéficié d’un bus il y a moins de deux années. Pour les études du cycle secondaire, les enfants doivent rallier le lycée se trouvant à Babors. La santé est le parent pauvre par excellence en l’absence de la moindre salle de soins, obligeant les habitants à transporter leurs malades à Babors, ou à Aïn Kebira, et parfois même à Sétif, en cas de nécessité. Selon certains témoignages, les accouchements dans la localité se font de manière encore très rudimentaire. Toutes ces déficiences rendent la vie impossible dans cette région, mais le plus grave, c’est le mépris et l’indifférence affichés par les élus locaux, qui ne se souviennent du douar qu’aux échéances électorales, comme l’ont fait remarquer, et à juste titre, beaucoup d’habitants. Ces derniers, qui ont affirmé avoir sollicité l’actuel P/APC pour mettre à leur disposition un engin de la commune afin de transporter la caillasse du cours de l’oued sur le tracé de la route, attendent toujours…


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9 commentaire(s) publié(s)
Commentaire n°22255 :
et dites a ces gens naller pas voter c est manifester sa colere alors s ils iront voter c est qu ils sont contant de leurs situation !!!!!
spicheren de baden baden :
Salem ailaikum,étant moi méme natif d’une région non loin de cette localité je vous dit que ses habitants on subis des atrocités dans le passé (guerre de décolonisation)des sévices inimaginable et aujourd’hui l’algérie est indépendante,cela nous montre que l’indépendance ne touche qu’une seule partis du peuple,tandis que d’autre se retrouve a l’état primitif en hiver,mais dieu merçi que tous cela nous méne a une conclusion datant de l’ére de la création de la terre,toute choses vivante et voueé a la mort et dieu merçi,et quand le juge des juges demanderas comptes a nos responsables qu’on seras t-il ?(nul doute sur ce jour)
chayma :
Mon Dieu ! Et tous les bâtiments qu’ils construient ?! Il y en a qui font des demandes pour un hâbitat et ils attendent 18 ans ! Vive l’Algérie .
Commentaire n°22269 :
Qu en pense votre cher confrere d el Moudjahed ?

Réponse :

Notre confrère ne voit jamais ces cas. Au contraire, il a des masques sur les yeux pour ne distinguer que le positif. D’ailleurs il est admiré par ses chefs pour sa vision, qui lui décrochera peut être un post supérieur.

Réponse :

-post- avec un e
abdou :
étant moi meme enfant d un de ces nombreux douars de l ’algerie indépendante, je trouve que ce que le journaliste d elwattan a relaté est l’archétype de tout autre hameau y compris le mien. comme une bonne partie de la population de la wilaya de setif est rurale, on peut imaginer le niveau de vie de tous ces citoyens : pas de gaz, pas d’eau, pas de réseau routier donc pas de transport,....etc. ce qui m’étonne est ce mutisme complice de certains journalistes qui se contentent de couvrir des non-évènements (tel que miss setif 2009)tout en oubliant cette célèbre devise du pere du journalisme moderne joseph pulitzer : lutter pour les pauvres. c est pourquoi je m incline devant le courage du journaliste d el watan en déclarant : c’est le mépris et l’indifférence affichés par les élus locaux, qui ne se souviennent du douar qu’aux échéances électorales. mes respects frere et bonne (...)
setifnaute :
en attendant le vote des betes sauvages : !!!!!!
Nouary System :
Oh ! Cher journaliste, c’est seulement en début 2009 que vous avez découvert et vu les conditions dramatiques et lamentables dans les quelles vivent ces gens ? Et peut être c’est votre première fois que vous sortez aussi loin de chez vous ! Avouez que votre travail (article) restera lette morte et demeure inachevé et manque de professionnalisme (avec tout le respect que je vous dois ainsi qu’à votre journal dont je suis un Fidel lecteur depuis bien belles lurettes). Vous auriez dû interroger ceux que vous nommez élus locaux et montrer à l’opinion publique les responsables directes de la situation, nom et fonction, en évitant ainsi la langue de bois qu’en entend depuis 1962. Demandez-leur pourquoi des milliers de gens de la région des Babors ont immigrés vers d’autres cieux ? C’est un bon début car sont rares, voir très rares, les journalistes qui osent divulguer ces incompétents responsables. Cher journaliste vous devriez y retournez continuez votre travail ainsi que votre devoir d’informer et (...)

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