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La gendarmerie de Sétif enquête à l’ENPC

lundi 26 juin 2006, écrit par : Kamel Benaiche, El Watan, mis en ligne par : Boutebna N.

La brigade de recherche de la Gendarmerie nationale, relevant du groupement de Sétif, vient une nouvelle fois de rouvrir le dossier inhérent aux investissements réalisés par I‘Entreprise nationale des plastiques et caoutchoucs (ENPC) dont le siège social se trouve à Sétif.

Selon une source digne de foi, plus d’une trentaine de cadres de l’entreprise ont été, ces derniers jours, auditionnés par les enquêteurs qui épluchent le dossier des investissements réalisés à la Sofiplast (Sétif) et Soexplast (Médéa), deux filiales du groupe ENPC (voir El Watan du 5 juillet 2005). Pour rappel, une plainte avait été déposée auprès du procureur général près la cour de Sétif par un groupe des cadres de l’entreprise, dont des ex-PDG de filiale, pour mettre à nu les dessous des projets entamés en 2001 qui ont nécessité deux milliards de dinars. Selon les plaignants, l’opération qui n’a pas atteint les objectifs tracés a occasionné un grave préjudice au Trésor public. Pour l’illustration, la commission des marchés avait opté pour un fournisseur, Khune. Le choix a été justifié comme étant techniquement et économiquement le plus avantageux. Le partenaire co-contractant avait été convié à se présenter pour la signature du marché. Après coup, un changement à la tête des directions des filiales susnommées a eu lieu, ce qui a permis en un temps record de changer le cap. Finalement, c’est avec Windmoller, le fournisseur éliminé, que le contrat est signé. Les marchés conclus supposaient la fourniture d’extrudeuses tricouches, permettant la réalisation d’une gamme de production de 7 produits. Au mois d’octobre 2002, les responsables de la filiale Sofiplast accompagnés du PDG du groupe ont effectué une mission en Allemagne pour « négocier » l’aspect technique des équipements, ainsi que le plan de production des machines. Au cours des discussions avec le fournisseur, il s’avérera que les équipements n’étaient pas en mesure de produire la gamme de produit préconisée contractuellement et que celle-ci sera réduite à 4 produits. D’autres modifications ont été convenues par procès-verbal. La même source indique que les équipements qui devaient entrer en production 6 mois après la signature des contrats ne sont entrés en exploitation que 13 mois plus tard. L’on apprend en outre que la contre-colleuse achetée auprès d’un autre fournisseur espagnol, par avenant, s’est avérée par la suite improductive et n’a jamais fonctionné. L’un des avenants (constitué de 5 pages) avait été domicilié avec des erreurs de calcul au profit du fournisseur pour une valeur de 6000 euros. Pour dénoncer la volte-face des gestionnaires de l’ENPC, le fournisseur Khune avait présenté en octobre 2002 une doléance du chef du gouvernement de l’époque, qui l’avait répercutée sur la GEPHAC devant mettre au clair cette affaire qui refait surface des années après. L’on apprend par ailleurs que le partenaire social de la Sofiplast a contesté, lors de la réunion du 12 juin 2006, la privatisation de sa filiale, selon la mouture présentée par les gestionnaires de l’entreprise se trouvant plus que jamais sur un volcan dormant.

Kamel Beniaiche


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