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Festival de Djemila : Le Liban sur le devant de la scène

mardi 1er août 2006, écrit par : Kamel Benaiche, El Watan, mis en ligne par : Fares Rouibah

Etablie sur un éperon rocheux au confluent de deux oueds dans une région montagneuse à 52 km au nord-est de l’antique Sitifis, Cuicul demeure, en dépit du poids de l’âge, une cité vivante. S’étendant sur plus de 80 ha, la « Pompei » du Maghreb est, selon les historiens et archéologues, la plus grande ville antique d’Algérie ; Djemila « la jolie » porte bien son nom.

Remarquablement entretenues, les ruines cernent de leur écrin de pierres un magnifique arc de triomphe (arc de Caracalla), un capitole et un vaste théâtre pouvant contenir plus de 3000 spectateurs. Son vaste musée renferme de sublimes mosaïques de l’enlèvement d’Europe (dans la mythologie grecque fille d’Agénor, réputée pour sa beauté), de la toilette de Vénus, ou du jeu de l’âne. En flânant au gré des rues, on est subjugué par les vestiges du baptistère, les deux basiliques, les grands thermes, le temple, le marché de Cosinus, le forum et les luxueuses maisons de Bacchus Cresconius, un trésor d’une richesse inouïe, n’ayant toujours pas divulgué tous ses secrets sachant que les fouilles et recherches n’ont touché qu’une partie d’un site ne regorgeant que de merveilles. Afin de redonner vie à ce somptueux espace « souillé des années durant par la bête immonde », l’antique Cuicul est sur le point d’accueillir son deuxième festival international. En veilleuse depuis 1994 pour des raisons sécuritaires, la manifestation cuvée 2006 sera différente de la première copie. Selon une source digne de foi, le festival sera parrainé par le président de la République d’autant que les organisateurs veulent faire de ce rendez-vous une autre tribune de solidarité de l’Algérie avec le peuple libanais meurtri. Les planches du théâtre de l’antique vont, du 9 au 18 août, vibrer aux son et rythme des mélodies de Kadhem Essaher, Diana Haddad, George Wassouf, cheb Khaled, Saber Ribaï et bien d’autres vedettes arabes. Le célèbre ballet libanais Caracalla et le chanteur poète Marcel Khalifa, très apprécié en Algérie, sont attendus pour, d’une part, transmettre le message d’un Liban blessé et, de l’autre, constater de visu la position du peuple algérien, solidaire de ses frères libanais faisant face à la barbarie sioniste. Eu égard à la situation qui prévaut actuellement au pays du Cèdre, le 2e Festival de Djemila sera sans nul doute marqué par l’émotion, la compassion et la solidarité effective d’une région ayant un certain 8 mai 1945 fait l’objet d’un massacre à grande échelle. Les Sétifiens ainsi que les citoyens des contrées limitrophes vont par devoir se déplacer en masse à Cuicul afin d’exprimer au peuple libanais l’indéfectible soutien du pays du million de martyrs. Les vedettes nationales telles que Houari Dauphin, Zahouania, Mohamed Lamine, Bekakchi El Khier, Mustapha Boutchiche, Mourad Djaâfri et bien d’autres ont donné leur accord pour participer à cette atypique rencontre. Les recettes seront versées au profit du Liban. Selon certaines indiscrétions, les grandes vedettes sollicitées adhèrent à l’action qui fera sans nul doute date. « Ces galas de solidarité sont une louable initiative et démontrent que l’Algérie demeure le cœur battant de la nation arabe, devant une fière chandelle à ces Libanais dépourvus pourtant d’armes chimiques... », tels sont les propos de Mme Dahbia, qui résument le sentiment général animant les citoyens des Hauts-Plateaux sétifiens, décidés à envahir l’ex-Cuicul, et ce, pour transformer la célèbre expression d’Albert Camus : « Djemila est une leçon d’amour et de patience » tout comme le Liban.


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