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Rues et trottoirs squattés à Sétif

lundi 14 août 2006, écrit par : El Watan, mis en ligne par : Fares Rouibah

A Sétif, les rues du centre-ville sont étroites et pour la plupart à sens unique, à part peut-être la rue de Constantine, l’avenue principale. Ces rues sont encombrées à longueur de journée : les piétons sont légion ; la circulation y est infernale du matin au soir.

Les trottoirs sont accaparés par la faune de vendeurs à la sauvette (il n’y en a pas la moindre trace). Chacun y va de son étal et les piétons n’ont que la chaussée pour marcher. Ces vendeurs, encouragés par le laisser-aller des autorités, occupent les lieux et comme les commerçants résidants empêchent par le dépôt d’objets (parasols, cartons, jantes de roues, chaises et j’en oublie) le stationnement qui pourrait gêner leur commerce. Ils sont là non seulement à encombrer la rue par leur bric-à-brac, mais aussi par leur insolence et l’assurance qu’ils sont en terrain conquis. L’après-midi, la rue qui longe la mosquée Ibn Badis est envahie par une horde de vendeurs de téléphones portables (ce commerce est très florissant). « Les appareils vendus ou échangés là sont à coup sûr volés à Sétif même ou ailleurs dans le pays », nous explique Abdelhamid, un habitué des lieux. La police est là, elle les repousse dans la rue et les empêche de déborder sur les fameuses « arcades », marché parallèle des devises. Brahim, vendeur d’euros, nous raconte comment les policiers relèguent les vendeurs de portables sans jeter un œil aux cambistes (commerce aussi illégal que celui de portables volés). La circulation automobile là aussi est impossible parce que quelques oisifs ont décidé d’en faire un lieu de commerce illégal. Cette permissivité porte atteinte à l’autorité de l’Etat. On le voit au souk Abacha, où la prolifération des vendeurs, qui ne se sauvent plus à la vue de la police et qui continuent à exercer leur commerce malgré l’illégalité de celui-ci, n’arrête pas ; ils sont de plus en plus nombreux et ils encombrent les lieux, investis d’on ne sait quels droits. « Les habitants de la cité des 132 ne savent plus où s’adresser, ni à qui se plaindre pour avoir la paix et le sommeil paisible, sans être réveillés aux aurores par les braillards en tous genres qui se plantent là tôt déjà. Les enfants et les personnes âgées sont dérangés à longueur de journée par le vacarme incessant de ce marché informel et personne n’intervient. Peut-être qu’avec l’ouverture de la nouvelle cour de justice, quelque chose va changer et le souk éradiqué. Les gens savent-ils que la place se négocie à plus de 150 000 DA entre ces jeunes oisifs ? On a commencé à labourer le terrain, mais la tenacité de ces vendeurs a eu le dernier mot, une fois de plus... » Ce sont là les paroles de citoyens désabusés et révoltés par la passivité de l’autorité.


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